Des enfants «sans statut» privés de rentrée scolaire encore cette année

Alors que plusieurs milliers d’enfants se préparaient dimanche pour une nouvelle rentrée scolaire, quelques centaines d’entre eux, ayant un statut d’immigration précaire, ne pourront pas se présenter à l’école lundi matin, faute de moyens.

Bon an mal an, de nombreux enfants « sans statut » se butent à des exigences administratives qui les empêchent d’intégrer le système scolaire gratuitement, au même titre que leurs camarades, une situation vivement dénoncée par le Collectif éducation sans frontières.

Incapables de fournir une preuve de la résidence permanente de leurs enfants, des parents se voient, chaque année, dans l’obligation de débourser d’importants frais de scolarité, variant entre 5500 $ et 7100 $ par enfant, selon le niveau scolaire. Faute de quoi, ils ne peuvent tout simplement pas envoyer leurs enfants sur les bancs d’école. « J’ai connu des jeunes qui avaient manqué plusieurs années de scolarité », précise Steve Baird, l’un des membres du collectif actif depuis l’automne 2011.

À l’heure actuelle, entre 300 et 400 jeunes n’ont pas accès à une éducation primaire et secondaire gratuite, selon une estimation du ministère de l’Éducation datant de 2013. Selon le Collectif, les chiffres seraient toutefois sous-évalués. « À notre avis, ils pourraient être plusieurs milliers dans cette situation », précise Steve Baird. Difficile toutefois d’avoir des statistiques à jour dans ce dossier, ni le ministère ni les commissions scolaires ne faisant le suivi auprès des familles dont les enfants sont exclus. Surtout dans la mesure où l’éducation est obligatoire au Québec jusqu’à l’âge de 16 ans. « Ces enfants sont bien souvent obligés de se cacher, déplore le porte-parole. Ils sont prisonniers d’un système incohérent qui, d’une part, les met à l’écart, mais qui, d’un autre côté, exige qu’ils soient présents. »

Depuis novembre 2014, le Protecteur du citoyen recommande que des modifications réglementaires soient apportées afin que « tout enfant âgé de 6 à 16 ans domicilié sur le territoire du Québec ait accès à l’éducation publique gratuite [...], peu importe son statut d’immigration ou celui de ces parents ». Aucune modification ni mesure temporaire n’a toutefois été adoptée jusqu’à présent par le ministère de l’Éducation.


 

3 commentaires

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  • Jean Lepage - Inscrit 29 août 2016 06 h 37

    inhumain

    Je suis proprement estomaqué d'apprendre qu'autant d'enfants n'ont pas droit à l'école alors qu'AUCUN enfant ne devrait en être privé. Au lieu de débattre sur le burkini, mettons-nous plutôt en colère contre cette barbarie faite aux enfants.
    Jean Lepage, enseignant.

    • Johanne Fontaine - Abonnée 29 août 2016 09 h 44

      Une famille d'origine mexicaine composée
      du mari 43 ans, de la femme 37 ans
      et de leurs trois enfants d'âge scolaire
      brillants, éveillés et très en phase avec les préoccupations de leur âge;
      arrivés au Québec, début 2015,
      ils sont en attente du certificat de sélection du Québec
      leur donnant droit d'inscrire leurs enfants
      à la CSDM.

      Une vingtaine de mois donc d'attentes plus tard,,
      sauf erreur,
      la situation est toujour bloquée;
      tout pendant,
      les enfants, dont deux sont franchement ados, maintenant
      sont confinés dans l'appartement familial
      boul. St-Michel à Montréal
      occupant leur temps, du mieux qu'ils le peuvent.

  • Jean-Guy Poupart - Abonné 29 août 2016 12 h 40

    Je connais 3 cubains qui sont ici depuis plus de 5 ans .Ils ont suivi les voies normales et ont obtenu leur citoyenneté. Ces 3 cubains travaillent et pour deux d'entre elles, elles ont payé leur retour aux études. Pourquoi favoriser des gens qui viennent ici "en visite" et décident de rester ici dans l'espoir qu'on va leur donner la résidence permanente et ensuite la citoyenneté?
    Je connais 2 femmes d'origine mexicaine, arrivées avec un visa de touriste, qui ont décidé de rester ici.L'une d'entre elles a un problème cardiaque et ne peut être retournée au Mexique. Elle ne peut pas travailler non plus. Elle a bénéficié de cours de français gratuits, d'aide sociale (elle a environ 30 ans). Bravo!
    Le gros du problème, c'est de retourner dans leur pays d'origine ceux et celles qui n'ont pas suivi les procédures normales d'immigration Canada!