La CSQ exige un changement de cap

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la CSQ, Louise Chabot

En cette période de rentrée scolaire, le gouvernement provincial doit sérieusement commencer à faire ses devoirs, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Interviewée par La Presse canadienne avant la tenue d’un point de presse de son organisation à Montréal,la présidente de la CSQ, Louise Chabot, a déclaré dimanche qu’il faut qu’un véritable « tournant » s’opère au sein du réseau de l’éducation pour que les élèves y deviennent réellement la priorité incontestée.

Poursuivant sur sa lancée, Mme Chabot a ajouté que « le système a été assez malmené » par des compressions à répétition et qu’il est grand temps de redresser la barre.

Investissements insuffisants

Elle a reconnu que le gouvernement québécois semble désireux d’améliorer les espaces à l’intérieur desquels les élèves évoluent sur une base quotidienne en annonçant des injections de fonds visant à rénover les infrastructures scolaires.

Or, selon elle, ces investissements ne représentent certainement pas une panacée pour remédier à l’ensemble des maux qui gangrènent le monde de l’éducation.

Louise Chabot a indiqué que le nombre d’élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage et d’adaptation croît et que ces derniers peinent à réussir, car ils ne jouissent tout simplement pas d’un encadrement adéquat.

Elle a précisé que le succès de ces enfants et de ces adolescents dépend de l’ajout de ressources capables de les soutenir et, par le fait même, d’alléger la tâche de leurs enseignants.

Écouter les acteurs du milieu

À son avis, pour définir clairement les besoins de ces élèves et ceux de leurs camarades de classe ne rencontrant pas d’embûches particulières, le gouvernement provincial devra se résoudre à écouter les acteurs du milieu de l’éducation.

« Il a une approche top-down. Il décide de quoi l’école a besoin en fonction de sa vision des choses. Il faudrait [plutôt] qu’il prenne un temps d’arrêt pour regarder la situation en misant sur l’expertise du personnel [du réseau] », a-t-elle expliqué.

En optant pour cette approche plus collaborative, le gouvernement du Québec pourrait, selon Mme Chabot, « se doter d’une vision globale et non pas à courte vue des problèmes » du système.

Nouveau ministre

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec a souligné que, pour en arriver à un tel résultat, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, devra sortir des ornières creusées par ses prédécesseurs.

« Il semble être à l’écoute, désireux de corriger les choses, [mais] il faut qu’il évite de se précipiter dans toutes sortes de mesures qui ne mèneront nulle part. Il devra prendre le temps de vraiment consulter [le personnel de l’éducation] », a-t-elle conclu.

Le retour des chaînes humaines

Pour une deuxième rentrée consécutive, le mouvement « Je protège mon école publique » formera ses chaînes humaines devant les écoles dès le 1er septembre. L’objectif, toujours le même, est de dénoncer les compressions et d’exiger, de la part du gouvernement, un « réinvestissement dans le réseau public ». Depuis sa création en mai 2015, le mouvement a réussi à mobiliser, tous les premiers du mois, des centaines de personnes dans tout le Québec.
3 commentaires

Consultez la suite du dossier

  • André Mainguy - Inscrit 28 août 2016 16 h 29

    Pour une Éducation qui sert la Jeunesse

    Les gens les mieux pacés pour connaître les besoins de notre Jeunesse, ce ne sont pas les fonctionnaires, mais les professeurs.

    En Finlande, le ministère de l'Éducation compte ± 250 fonctionnaires. L'argent va pour les besoins des enfants qui sont dans chaque classe. Les normes empêchent trop souvent de répondre aux besoins.

    Ma fille est enseignante et je sais qu'elle fait tout pour que ses élèves reçoivent le meilleur pour chacun d'eux, en fonction de leurs besoins propres.

  • François Dugal - Inscrit 28 août 2016 16 h 39

    L'air du temps

    Le MELS coupe 100 millions, puis redonne 10 millions : n'est-il pas «generous».

  • Patrick Daganaud - Abonné 29 août 2016 13 h 28

    La très molle CSQ PARTIE 1

    Même discours désespérément mou de la CSQ…

    Ce n'est pas « En cette période de rentrée scolaire que le gouvernement doit sérieusement commencer à faire ses devoirs » comme le clame la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

    Depuis la création du MEQ, cela fait plus de 50 ans que cela dure et cela s'est passé sous tous les gouvernements.
    Le problème est structural, ancré, boulonné dans notre système scolaire. Tous les ingrédients pour corrompre la santé de notre système éducatif sont réunis depuis un demi-siècle, hégémonie contemporaine de la recherche universitaire comprise, qui rien ne sait ou presque du quotidien du terrain et de la nécessaire saisie systémique de la subtilité et de la complexité des problèmes qu'elle contribue plus à accroître qu'à résoudre.

    Louise Chabot n'a pas grand punch en déclarant « qu’il faut qu’un véritable “tournant” s’opère au sein du réseau de l’éducation pour que les élèves y deviennent réellement la priorité incontestée. »
    Pourquoi?
    Parce qu'au vu du nombre de « Virages du succès » que l'on a pris, en ajouter d'autres, même un seul, c'est courir dans le décor et à la catastrophe!

    Depuis 1970, le système a été malmené par des compressions incessantes depuis longtemps intégrées au processus de budgétisation. Ce ne sont pas les investissements impromptus qui y sont insuffisants : ce sont les allocations régulières de fonctionnement, enveloppes salariales comprises (et pas de celles que la CSQ a acceptées bien docilement à la dernière négo…)


    En outre, avec les immobilisations annoncées, le gouvernement néolibéral actuel n'est pas réellement désireux d’améliorer les espaces scolaires : ces montants ne représentent pas 10 % des besoins. Ce qu'il fait est purement cosmétique.