Les millions annoncés par le ministre Proulx sont déjà engloutis par les besoins

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a discuté avec la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, lundi à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a discuté avec la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, lundi à Montréal.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) et la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) recevront respectivement 51,2 et 28,8 millions de dollars pour agrandir leurs écoles.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, est sur la route ces jours-ci pour annoncer les projets de construction et d’agrandissement qui ont obtenu leur part de l’enveloppe totale de 553 millions de dollars. Les besoins sont immenses sur le terrain.

Par exemple, la petite école primaire montréalaise Saint-Isaac Jogue, dans Ahuntsic, se faisait belle lundi pour la rentrée, mais aussi pour le rare passage de non pas un, mais deux ministres entre ses murs pour annoncer son projet d’agrandissement.

Devant la députée de sa circonscription, Marie Montpetit, et les ministres Sébastien Proulx et Martin Coiteux, la directrice de l’école Saint-Isaac-Jogues, Nancy Riendeau, ne s’est tout de même pas gênée pour décrire les problèmes que rencontre son école.

Avec un taux d’occupation de 125 %, l’école est « surpeuplée ». « Selon les prévisions, nous devrons inévitablement augmenter le nombre de groupes l’an prochain », a-t-elle fait remarquer.

L’école sait qu’elle a besoin de plus d’espace depuis trois ans, et trois autres années pourraient s’écouler avant que le projet d’agrandissement ne soit achevé. Entre-temps, les classes servent aussi de cafétéria et d’espace pour le service de garde. Des classes d’accueil et d’adaptation ont été déménagées vers d’autres écoles. La bibliothèque, qui fut fermée l’an dernier, retrouvera ainsi ses locaux cette année. Mais son « démantèlement » redeviendra-t-il d’actualité d’ici l’inauguration des six nouvelles classes ? La question inquiète la directrice.

Plusieurs projets à Montréal

Elle a aussi déploré publiquement les règles budgétaires qui désavantagent une école comme la sienne, considérée comme plus favorisée. « Nous desservons en fait une clientèle mixte provenant tant de maisons unifamiliales que d’habitations à loyer modique. Le niveau de financement que nous recevons ne représente pas toujours les besoins de nos élèves. »

La remerciant d’avoir abordé les « défis » d’une école comme la sienne, Sébastien Proulx a pris la parole, dans le gymnase qui accueillera bientôt des centaines d’enfants.
« La démographie est en mouvement, et c’est notre travail d’y réagir », a-t-il affirmé.

La CSDM pourra réaliser cinq projets grâce à une enveloppe de 51 millions de dollars. Les écoles Louisbourg et Saint-Albert-le-Grand seront agrandies, et deux immeubles appartenant à la CSDM, respectivement dans Saint-Michel et dans Rosemont, seront reconvertis en écoles. En tenant compte de la réfection d’écoles, qui va aussi bon train, il y a plus de 100 projets en cours, a précisé la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon. « C’est un travail colossal » totalisant 189 millions de dollars, a-t-elle précisé.

« Plusieurs » écoles dépassent le taux d’occupation maximal, et d’autres projets d’agrandissement d’abord déboutés seront à nouveau présentés à Québec, a-t-elle ajouté.

Ce sont 553 millions de dollars que le plus récent Plan québécois des infrastructures consacre à la construction, à l’agrandissement et au réaménagement d’écoles primaires et secondaires.

Le budget alloué à « l’ajout d’espace » était de 400 millions de dollars l’an dernier. Sur cette somme, la CSDM avait obtenu 55 millions.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 23 août 2016 07 h 40

    Toujours l'argent, rien que l'argent

    Tous les gouvernements ramènent toujours la problématique de l'école québécoise à une question de gros sous. Mais ce qui manque cruellement, c'est une vision pédagogique qui assurerait un enseignement de qualité. Notre système scolaire est un navire sans gouvernail; il va finir par s'échouer un jour sur le récif de l'ignorance, dans la Mer de la Médiocrité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 août 2016 09 h 03

      Et quand les gouvernements s'attèlent à la tâche de développer une vision pédagogique, on les accuse de mettre l'argent au service des lubies de fonctionnaires grassement payés alors que les écoles mouésissent. Damned if you do, damned if you do. Joie des gérants d'estrade.