Le Conseil supérieur de l’éducation pourrait disparaître

La ministre Hélène David ne veut pas s’avancer quant à l’abolition ou non du Conseil supérieur de l’éducation puisque rien n’est encore décidé.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre Hélène David ne veut pas s’avancer quant à l’abolition ou non du Conseil supérieur de l’éducation puisque rien n’est encore décidé.

Québec songe à abolir le Conseil supérieur de l’éducation, un organisme qui présente des avis indépendants depuis plus d’un demi-siècle. La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, confirme être « en questionnement » sur l’avenir de l’organisme et avoir mandaté des experts pour évaluer la question.

Lundi, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, annonçait son intention de créer trois nouvelles structures pour « assurer la réflexion et la collaboration entre les réseaux collégial et universitaire ». Quelques semaines plus tôt, son collègue ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, lançait l’idée d’un nouvel Institut d’excellence en éducation.

Dans la foulée de ces annonces, Québec veut s’assurer qu’il n’y a pas de dédoublements avec le Conseil supérieur de l’éducation, qui étudie toutes les questions en lien avec l’éducation, du primaire à l’université.

« Je ne veux pas qu’il y ait de redondances, je ne veux pas qu’on paye à deux endroits différents des choses qui seraient essentiellement les mêmes, mais on peut certainement travailler en complémentarité et on va voir avec eux comment on peut organiser les choses de la meilleure façon possible, affirme la ministre en entrevue. Tout ce monde-là est nommé par le gouvernement, alors il va falloir avoir une cohérence. Et cette cohérence, c’est d’avoir les meilleurs experts au meilleur endroit possible pour le bien de nos réseaux avant tout. »

Expertise

La ministre ne veut pas s’avancer quant à l’abolition ou non du Conseil supérieur de l’éducation puisque rien n’est encore décidé. Mais elle laisse clairement entendre que les ressources du Conseil pourraient être transférées dans les nouvelles structures créées par Québec.

« Je ne peux pas parler au nom de mon collègue [Sébastien Proulx], je ne veux rien présumer de ses conclusions et de ses réflexions à lui, mais je sais qu’il est en réflexion, mais il n’est pas question, au niveau collégial et universitaire, de perdre de l’expertise. C’est plutôt de mettre cette expertise au meilleur endroit, dans le lieu le plus pertinent », répète-t-elle.

Et le lieu le plus pertinent, ce sera aux experts de le déterminer, précise la ministre. Cette dernière a mandaté deux experts, Claude Corbo et Guy Demers, pour reprendre leurs travaux sur la création d’un Conseil des collèges, d’un Conseil des universités et d’une Commission mixte de l’enseignement collégial et universitaire. Ces derniers ont également la tâche d’arrimer les nouvelles structures à celles déjà existantes. « C’est une des questions qu’on a posées à messieurs Corbo et Demers, donc ils vont les rencontrer [les gens du Conseil supérieur de l’éducation], ils vont faire des recommandations et la ministre, avec son équipe, regardera à la fois les avis des experts et ce qui fait consensus », ajoute Mme David.

Réflexion au quotidien

La ministre de l’Enseignement supérieur dit apprécier le travail et la qualité des avis rédigés par le Conseil supérieur de l’éducation depuis 50 ans, mais elle souhaite créer des structures pour permettre une réflexion plus large de façon continue sur toutes les questions liées à la formation collégiale et universitaire. « Ce sont des avis extrêmement fouillés, c’est de la veille théorique je dirais. Et il en faut, de cela, c’est super important, mais il y a également des enjeux pour les collèges et les universités qui sont des enjeux quotidiens […] Les enjeux sont complexes et doivent être arrimés : la recherche, l’internationalisation, les besoins des étudiants, l’éducation tout au long de la vie, la formation à distance, la délocalisation, l’occupation du territoire. Ça prend des gens qui posent toutes ces questions-là en continu. »

Sommet sur l’éducation

La création d’un Conseil des collèges et d’un Conseil des universités n’est pas une idée nouvelle. Ces organismes existaient entre 1979 et 1993. Pendant cette période, le Conseil supérieur de l’éducation avait aboli sa commission d’enseignement collégial et universitaire pour éviter les dédoublements.

L’idée de remettre sur pied ces deux conseils a été proposée dans la foulée du Sommet sur l’éducation supérieure qui s’est tenu en 2013. Claude Corbo et Guy Demers avaient été mandatés par le Parti québécois pour étudier cette possibilité.

Leurs rapports étaient positifs, mais le changement de gouvernement et la succession de ministres à l’Éducation et à l’Enseignement supérieur n’ont pas permis de donner suite à leurs recommandations. L’actuelle ministre, Hélène David, entend « passer à l’action » et a demandé aux deux chercheurs de reprendre le dossier pour s’assurer que tout est toujours faisable. Elle attend leur rapport pour octobre.

À voir en vidéo