Les parents recevront une aide mensuelle

Après des mois d’atermoiements, le gouvernement libéral a décidé d’octroyer une allocation « exceptionnelle » de 947 $ par mois aux parents d’enfants lourdement handicapés.

« Ça va changer leur vie de famille », a lancé la porte-parole du collectif Parents jusqu’au bout, Geneviève Dion, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. Cette « mesure d’exception » — expression utilisée par le ministre de la Famille, Sébastien Proulx — contribuera notamment à « amortir » le « stress » des familles aux prises avec des dépenses importantes comme l’achat de médicaments et de services d’ergothérapie ou de physiothérapie, a expliqué la mère d’une fillette souffrant d’un syndrome génétique rare. « Ça nous donne un bon coup de pouce. Nous sommes très satisfaits. Il n’y a pas d’autres mots ! »

Pensions alimentaires

Par précaution, elle demande à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de garantir que la nouvelle allocation gouvernementale ne sera pas prise en compte dans le calcul des pensions alimentaires versées aux mères célibataires. « Il ne faudrait pas qu’elles gagnent d’un bord et qu’elles perdent de l’autre. »

L’État a mis de côté 10 millions de dollars pour l’année 2016-2017 puisque, selon lui, les parents de « plus ou moins » 900 enfants se qualifieront pour cette aide financière annuelle de 11 364 $. Le collectif Parents jusqu’au bout s’attend à ce que le nombre de bénéficiaires du nouveau programme se situe plutôt entre 1500 et 2000, soit le double de celui anticipé par le gouvernement.

La nouvelle mesure entrera en vigueur le 1er septembre prochain. Les parents obtiendront alors un paiement rétroactif au 1er avril dernier. « Ce que les mamans ont dit, c’est qu’il était plus avantageux d’avoir son enfant en famille d’accueil que chez soi. Nous, ce qu’on souhaite, c’est de préserver le lien familial. […] On vient corriger cette iniquité-là par un crédit d’impôt [de 947 $ par mois] », a déclaré M. Proulx à la sortie du Conseil des ministres mercredi.

« Oui, ça aurait dû être fait il y a 10 ans, peut-être », a laissé tomber la ministre déléguée à la Réadaptation, Lucie Charlebois. L’élue libérale s’est également dite prête à « revoir l’offre de services » dispensés aux familles dont un des membres est un enfant lourdement handicapé. « D’une région à l’autre, il y a une grosse différence », a souligné Geneviève Dion à l’autre bout du fil.

À l’âge adulte, les personnes lourdement handicapées toucheront l’aide financière maximale prévue pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi et incapables de subvenir à leurs besoins de base dans le Programme de solidarité sociale, a rappelé M. Proulx. « Il y a des journées comme ça où on se dit : c’est pour ça qu’on fait de la politique », a-t-il affirmé mercredi.