Le syndicat des professeurs de l’ETS n’est «pas surpris»

La direction de l’ETS a envoyé un message à l’ensemble des étudiants et du personnel vendredi matin.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La direction de l’ETS a envoyé un message à l’ensemble des étudiants et du personnel vendredi matin.

Le syndicat des professeurs de l’École de technologie supérieure (ETS) affirme que le sexisme et le harcèlement à l’école sont connus de tous sur le campus et demande à l’administration d’agir avec « plus de diligence » dans ce dossier.

« On n’est pas toujours témoin, mais on entend des choses, ce n’est donc pas une surprise. Entre mauvais goût et agression, on s’entend qu’il y a une marge, mais on sait très bien que ça existe », affirme Louis Dufresne, secrétaire de l’association des professeurs de l’ETS, en entrevue au Devoir.

« C’est avec tristesse, mais sans grande surprise que l’exécutif de l’Association des professeurs de l’ETS a pris connaissance de l’article publié dans Le Devoir », écrivait-il quelques heures plus tôt à ses membres, en réaction à la dénonciation de Kimberley Marin, qui a déposé une plainte officielle pour harcèlement sexuel au début du mois.

« Clairement, il manque un peu de sensibilisation, je le reconnais bien humblement, ajoute le professeur. Les gens ne sont pas toujours de mauvaise foi, mais on est rendu en 2016, on n’est plus dans les années 1950, il y a peut-être une éducation à faire. »

Association étudiante

En entrevue plus tôt cette semaine, le président de l’Association étudiante, Mathieu Drolet, affirmait lui aussi qu’il faudrait davantage de sensibilisation. « On peut toujours faire mieux, il faut continuer à faire de la conscientisation. C’est hors de question qu’on devienne une école source de harcèlement sexuel. »

Il affirme qu’il y a une certaine amélioration depuis quelques années, de même qu’une « volonté assez ferme de l’école de faire changer la situation et de ne pas encourager ces comportements ».

« On voit quand même une progression. C’est sûr que c’est lent, on ne peut pas changer l’être humain du jour au lendemain. »

Selon lui, les cas de sexisme et de harcèlement sexuel qui surviennent sur le campus sont peu nombreux. « C’est très anecdotique. Il faudrait même trouver un mot dans le vocabulaire français pour expliquer combien ça n’arrive pas souvent. Mais on garde toujours les yeux ouverts. »

Pourquoi alors l’association a-t-elle fermé les yeux sur le cas rapporté par Kimberley Marin, qui agissait pourtant à titre de représentante des cycles supérieurs au sein de l’organisation ? « Elle n’était pas claire dans ce qu’elle voulait, c’était très vague, ça ressemblait plus à des expressions d’émotions, du feeling plutôt que [des éléments concrets]. Donc, quand on a écouté quels étaient ses besoins, on avait de la misère à [les] définir. Et quelques semaines après, elle démissionnait, donc on n’a pas eu plus de suivi là-dessus. »

Tolérance zéro

La direction de l’ETS a également réagi à l’article du Devoir en envoyant un message à l’ensemble des étudiants et du personnel vendredi matin. « Je rappelle à toute la communauté, étudiants, personnel enseignant et membres du personnel, que l’ETS applique le principe de la tolérance zéro à l’égard des comportements non désirés, et cela, qu’ils soient de nature psychologique ou sexuelle, incluant la violence physique ou verbale », écrit le directeur général, Pierre Dumouchel.

Questionnée sur Twitter, la ministre de l’Éducation supérieure, Hélène David, a affirmé vendredi que son cabinet avait parlé avec la direction de l’ETS.

4 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 7 mai 2016 16 h 03

    Manque de sérieux sur toute la ligne

    Le timide syndicat des professeurs de l’École de technologie supérieure (ETS)
    1-affirme que le sexisme et le harcèlement à l’école sont connus de tous sur le campus
    2-et demande à l’administration d’agir avec « plus de diligence ».

    Qu'a-t-il attendu?
    Que veut dire « plus de diligence »?

    Je ne vois rien, je ne vois rien : « On n’est pas toujours témoin, mais on entend des choses, ce n’est donc pas une surprise. »

    Mais nuances ... : « Entre mauvais goût et agression, on s’entend qu’il y a une marge, mais on sait très bien que ça existe », selon le secrétaire de l’association des professeurs.

    Ben non, Louis Dufresne, ce ne sont pas des nuances. Ce sont des degrés de violence et d'agression sexuelle.

    « C’est avec tristesse, mais sans grande surprise que l’exécutif de l’Association des professeurs de l’ETS.
    Qu'avez-vous fait quand vous avez été surpris? Fermé les yeux?

    « Clairement, il manque un peu de sensibilisation, je le reconnais bien humblement, ajoute le professeur. Les gens ne sont pas toujours de mauvaise foi, mais on est rendu en 2016, on n’est plus dans les années 1950, il y a peut-être une éducation à faire. »

    Un peu de sensibilisation...Pas toujours de mauvaise foi... Peut-être une éducation à faire...

    Plus mou, tu te répands en flaque sur la chaussée!

    Une situation de cette nature doit son existence à une culture institutionnelle : vous avez un sacré ménage à faire dans vos rangs!

  • Patrick Daganaud - Abonné 7 mai 2016 16 h 22

    Association étudiante flasque

    Le président de l’Association étudiante de l'ÉTS affirme qu’il faudrait davantage de sensibilisation « On peut toujours faire mieux, il faut continuer à faire de la conscientisation. »

    Si elle est faite avec la vigueur de son discours, on comprend son peu de portée!

    Il ajoute :
    C’est hors de question qu’on devienne une école source de harcèlement sexuel. »
    Trop tard! C'est déjà fait!
    Écoutez vos membres étudiantes qui subissenrt le harcèlement!

    Il affirme qu’il y a une certaine amélioration depuis quelques années, de même qu’une « volonté assez ferme de l’école de faire changer la situation et de ne pas encourager ces comportements ».
    Mais
    1- à ne rien faire l'école les a encouragés.
    2-Une volonté assez ferme, ça n'existe pas : la volonté est ou n'est pas.
    3-C'est comme une progression «un peu lente », autrement dit du sur-place!

    Et, apothéose `« On ne peut pas changer l’être humain du jour au lendemain. »
    Autrement dit, laissez aux agresseurs le temps de quelques agressions pour qu'ils aientle loisir d'apprendre qu'il ne faut pas!

    Avec une conscientisation qui annonce d'avance que le harcèlement« « est très anecdotique. », les agresseurs ont le champ libre.

    « Il faudrait même trouver un mot dans le vocabulaire français pour expliquer combien ça n’arrive pas souvent. » oui, il existe : l'aveuglement!

    « Mais on garde toujours les yeux ouverts. » Pourquoi donc les garder ouverts si c'est plus que rarissime?

    Mathieu Drolet devrait poser sa candidature à la direction générale. Il se confond bien au décor.

  • Patrick Daganaud - Abonné 7 mai 2016 16 h 30

    Pourquoi l’association étudiante a-t-elle fermé les yeux sur le cas de Kimberley?

    Kimberley Marin agissait à titre de représentante des cycles supérieurs au sein de l’organisation. Elle a porté la situation aux oreilles de l'Association.

    Réaction d'ignorance intentionnelle de l'association :
    « 1-Elle n’était pas claire dans ce qu’elle voulait,
    2-c’était très vague,
    3-ça ressemblait plus à des expressions d’émotions,
    4-du feeling plutôt que [des éléments concrets. »

    « Donc, quand on a écouté quels étaient ses besoins, on avait de la misère à [les] définir. Et quelques semaines après, elle démissionnait, donc on n’a pas eu plus de suivi là-dessus. »

    Vous l'avez laissé tomber, seule avec « ses troubles ».

    Vous cautionnez les indécences étudiantes lors des initiations.

    Honte à vous!

  • Patrick Daganaud - Abonné 7 mai 2016 16 h 36

    L'art de ne rien dire...

    La ministre de l’Éducation supérieure, Hélène David, a affirmé vendredi que son cabinet avait parlé avec la direction de l’ETS.

    Ouf : elle a affirmé qu'elle avait parlé.
    Vous m'en direz tant!

    Annoncez ce que vous allez faire!