Le réseau collégial présent dans les trois grands secteurs de recherche

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Le cégep de la Gaspésie et des Îles invitera à la découverte de son Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD).
Photo: Charles Bilodeau Le cégep de la Gaspésie et des Îles invitera à la découverte de son Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD).

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2016

Le congrès de l’Acfas fournit chaque année l’occasion à des étudiants du collégial de se frotter au milieu de la recherche. Qu’en est-il de celle-ci, qui demeure plutôt méconnue dans ce secteur des études supérieures ? Un colloque porte spécifiquement sur « La relève scientifique et la recherche collégiale ».

Il y sera question des « pratiques inspirantes au regard des chercheurs et des enjeux spécifiques à la formation des étudiants ». Avant même le déroulement de cet événement, la directrice générale de l’Association pour la recherche au collégial (ARC), Lynn Lapostolle, tenait ces propos sur le sujet de la recherche au collégial : « Il n’y a pas de profil simple à tracer de celle-ci et la raison en est que c’est une activité volontaire. »

L’ARC publiait tout de même une monographie sur le sujet en 2011. Paru aux Presses de l’Université Laval, cet ouvrage retrace l’histoire de la recherche et la directrice en dégage ces éléments d’information : « Il se fait de la recherche dans les trois grands secteurs d’activités : en sciences naturelles et en génie, en sciences humaines, arts et lettres, et en santé . Le volume de travail est effectué dans une proportion de 45 % dans les deux premiers cas et, dans le troisième, il apparaît à la hauteur de 10 %. »

Ces chercheurs se penchent sur des problématiques appartenant à divers domaines et ils le font en solitaire ou en collaboration avec des collègues des collèges et des universités : « Certains programmes leur servent à faire partie de regroupements stratégiques d’équipes de recherche, ce qui traduit une autre de leur réalité. »

Il existe 48 cégeps, 25 collèges privés et 11 écoles gouvernementales dans le réseau collégial. En marge de ces établissements d’enseignement, plusieurs dizaines de centres de recherche ou de transfert ont pris racine. Ils regroupent évidemment un bon nombre de chercheurs.

Les étudiants et la recherche

Lynn Lapostolle aborde la question de la relève étudiante de cette manière : « Le colloque lui-même abordera en avant-midi la situation de l’initiation à la recherche auprès de ces jeunes. Il y en a parmi eux qui font des stages dans des centres ou laboratoires. Pour sa part, le Fonds Nature et technologies a lancé cette année un programme de bourses à l’intention de ceux qui désirent participer à un stage d’été en laboratoire. »

En milieu collégial, il arrive de plus en plus que des étudiants deviennent des auxiliaires de recherche : « Pour certains, la démarche relève davantage de leurs activités de formation et ils vont, par exemple, collaborer à des projets de leurs professeurs. » Cet intérêt pour la recherche est-il en émergence ? « Je dirais que oui parce que la fonction d’initiation à la recherche scientifique est de plus en plus présente et nommée dans le réseau. »

L’ARC et l’Acfas

Lynn Lapostolle évoque les avantages qui découlent d’une participation au congrès de l’Acfas : « On veut que les milliers de congressistes présents aient un accès à la recherche collégiale. Cet événement est une vitrine pour nous. De plus, les chercheurs de collèges qui participent à notre colloque ont accès à toutes les autres activités scientifiques qui se déroulent . Ils ont ainsi l’occasion de tisser des liens et d’assister à des colloques ou à des communications. »

Il y a une quinzaine d’années que l’ARC présente un colloque dans le cadre de ce rendez-vous annuel de mai. Mme Lapostolle énonce le but poursuivi en 2016 : « On va notamment discuter des conditions de pratique dont jouissent les chercheurs en émergence . Quelles sont ces conditions pour les jeunes qui viennent faire carrière dans le réseau et qui sont intéressés par la recherche sur une base volontaire dans leur travail ? »

Pour répondre à un tel questionnement, trois témoignages émanant d’expériences vécues feront l’objet d’une présentation en après-midi : « Ils porteront sur trois initiatives favorisant le développement de la carrière scientifique pour de jeunes enseignantes. »

La directrice de l’ARC indique quelle facette de la question sera abordée en avant-midi : « On souhaite à ce moment contribuer au développement de l’esprit scientifique et à l’initiation à la recherche chez les jeunes. À cette occasion, il y aura une présentation sur un programme qui est utilisé dans un des centres de recherche et de transfert affilié à un établissement collégial. » Le cégep de la Gaspésie et des Îles invitera à la découverte de son Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD).

Il y aura aussi deux des gagnants des prix étudiants de l’ARC qui décriront leurs parcours de recherche : l’une est maintenant étudiante à l’Université de Montréal et assistante de recherche à l’Institut Robert-Sauvé en santé et en sécurité au travail ; l’autre est devenu professeur sous octroi à la même institution universitaire. « Ils viendront parler des motifs qui les ont amenés à participer au concours des prix de l’ARC et des retombées que leur a values cette démarche dans leur cheminement de carrière. » Il s’agira pour eux de faire voir comment le fait de se consacrer à la recherche au collège et de remporter un tel honneur leur a servi de levier dans leur vie professionnelle.

Pour clore le programme de cette journée toute collégiale, les projets afficheront leurs couleurs, comme l’indique Lynn Lapostolle : « Il y aura 33 communications scientifiques autour du même nombre de projets différents de recherche, en provenance d’une trentaine d’établissements du réseau collégial. […] 115 des auteurs de ces réalisations se chargeront d’exposer le fruit de leur travail. » Il y aura aussi six universités présentes à ce rendez-vous afin de faire connaître des travaux exécutés en collaboration avec des chercheurs du collégial.

Selon elle, ce menu chargé reflète bien l’importance que l’ARC attribue à cette manifestation scientifique internationale qu’est le congrès de l’Acfas : « C’est important pour nous d’être là pour faire valoir ce qui se fait dans le réseau et pour provoquer des rencontres entre les chercheurs de collège et les autres personnes présentes. »