La CSDM annule la plupart des abolitions de postes prévues

Des syndiqués de la CSDM manifestaient leur inquiétude quelques heures avant le début du conseil des commissaires.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des syndiqués de la CSDM manifestaient leur inquiétude quelques heures avant le début du conseil des commissaires.

Une — rare — bonne nouvelle attendait les parents et les employés de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) à l’ouverture du conseil des commissaires, mercredi soir. Près de 15 millions de dollars pourront finalement être « réinvestis pour assurer le maintien des services offerts aux élèves », a annoncé la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

À la suite d’une entente de dernière minute avec le gouvernement Couillard, « la très grande majorité des postes que l’on prévoyait supprimer pourront donc être maintenus », s’est félicitée la présidente. Ces fonds proviendraient des 109 millions de dollars promis en éducation lors du dernier budget provincial.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Catherine Harel-Bourdon

Des compressions devront néanmoins être effectuées, puisque la CSDM doit se conformer à son plan de retour à l’équilibre budgétaire. Ces éliminations de postes surviendront principalement dans les domaines de l’entretien, la gestion du parc informatique, l’embauche, la paie, etc., a indiqué Mme Harel Bourdon, devant une salle comble. Près d’une centaine d’employés syndiqués de la commission scolaire et de parents étaient présents à l’occasion d’un conseil des commissaires qui s’annonçait chaud.

Inquiets des pertes d’emploi qui auraient pu découler d’une nouvelle ronde de compressions budgétaires à la Commission scolaire de Montréal CSDM, quelques centaines d’enseignants et de professionnels de l’éducation avaient manifesté plus tôt dans l’après-midi, devant le siège social de l’organisme.

Les cinq syndicats de la CSDM s’attendaient à l’origine à des pertes d’emplois considérables dès l’an prochain. Se basant sur une ébauche du plan des effectifs 2016-2017, ils prévoyaient que la CSDM ait à procéder à l’abolition de pas moins de 78 postes de professionnels, 30 emplois d’orthopédagogues et 25 postes du côté des travailleurs de l’entretien. Ces employés ont pu souffler un soupir de soulagement, mercredi soir.

Toutefois, les employés des services centraux pourraient écoper du plan de retour à l’équilibre budgétaire. On ignore comment pour l’instant.

Sursis

Présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud soutient que ses membres demeurent sur le qui-vive. « Les 15 millions annoncés, c’est une mesure ponctuelle. On remet les coupes à plus tard. On ignore pendant combien de temps les postes seront conservés, alors ça empêche une certaine saignée, mais ça continue de couler. Il n’y a aucun réinvestissement. »

Rappelons que le ministre Sébastien Proulx estime qu’il y a « encore de la place » pour l’optimisation dans le réseau de l’éducation et réclame un nouveau montant de 38 millions de dollars aux commissions scolaires de même qu’à son ministère pour financer le réinvestissement de 109 millions annoncé dans le budget pour les mesures d’aide à la réussite.

« Les mesures d’optimisation administratives ne toucheront pas les services aux élèves », répète-t-il toutefois, à l’instar de son prédécesseur François Blais. Ces services ont cependant bel et bien été affectés par les compressions, sous le règne de M. Blais.

Comme le soulignait Le Devoir mercredi, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx croit que le réinvestissement gouvernemental prévu en éducation devrait mener à la création de postes de spécialistes pour l’enfance en difficulté.

2 commentaires
  • Yvon Robert - Abonné 21 avril 2016 08 h 53

    Un problème de gérance

    Quattend le ministre de l'Éducation pour mettre la CSDM en tutelle
    Le taux de taxe scolaire pour l'année 2015-2016 est de 0,18839 pour les commissions scolaires de l'île de Montréal ....
    Pour les autres contribuables du Québec l'effort demandé est pratiquement le double,par exemple à St-Jérôme c'est 0.32$
    Cette commission scolaire vit au dépend de l'ensemble des contribuables du Québec et continue à se plaindre de sous- financement.De plus un rapport commandé par le PQ a démontré sa mauvaise gestion,le délabrement de ses écoles en est un autre exemple.
    L'administration actuelle de connivence avec la FAE mènent une campagne contre votre gouvernement,arrêtez de tergiverser mettez cette commission scolaire en tutelle.
    L'offre des maires Coderre et Labaume de se voir confier la gestion des écoles devrait être envisagée,d'autres villes pourrait manifester leur intérêt,quitte à laisser le réseau des commission scolaire anglophones intact Yvon robert.

  • François Dugal - Inscrit 21 avril 2016 09 h 16

    Enrichissons notre vocabulaire

    Décrépitude :
    Déchéance des forces morales.

    Décrépitude de l'éducation au Québec :
    Pour une majorité de québécois, l'éducation n'est pas importante. Les gouvernements se font élire en promettant de ne rien changer à cet ordre des choses.