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La réforme pourrait être repoussée

La réforme tant attendue des commissions scolaires pourrait finalement être repoussée au-delà de la prochaine rentrée, a laissé entendre mercredi le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, alors que prenaient fin à Québec les audiences liées à l’étude du projet de loi 86.

Le successeur de François Blais ne tient pas absolument à respecter l’échéancier fixé par l’ex-ministre de l’Éducation, a-t-il admis mercredi. M. Blais avait présenté le projet à la toute dernière journée de la session d’automne, et avait cherché à limiter l’étendue des audiences parlementaires, avant de plier sous la pression de l’opposition et d’organismes du milieu de l’éducation. Ces audiences se sont finalement terminées mercredi.

J’ai senti l’écoute, l’appréciation de notre expertise terrain

 

M. Proulx veut maintenant prendre le temps de bien digérer les nombreux témoignages avant d’aller de l’avant. « Il y a un travail de réflexion à faire, a-t-il dit. On a entendu 60 groupes et 90 mémoires ont été déposés. Il va y avoir un certain délai [nécessaire] pour réfléchir. » Au sujet de l’échéancier, il ajoute : « je n’ai pas mis de délai à mon agenda.Je ne suis pas conditionné par le temps, [mais] par la qualité du travail qu’on veut faire et par la réussite des élèves ».

Une ouverture que salue la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), qui fut l’un des derniers groupes à s’exprimer à ce sujet devant les parlementaires. La présidente Josée Bouchard s’est en outre dite « agréablement surprise » du changement de ton depuis l’arrivée de M. Proulx à l’éducation. « J’ai senti l’écoute, l’appréciation de notre expertise terrain. Le ministre est de plus en plus ouvert. »

La Fédération suspend sa directrice générale

Le même jour, Mme Bouchard admettait avoir relevé de ses fonctions la directrice générale de la FCSQ, sans préciser pourquoi. « La décision a été rendue de la relever de ses fonctions pour une période indéterminée. C’est une question interne. » La directrice générale Pâquerette Gagnon lui reproche pour sa part de faire un « trip de pouvoir », et dit avoir été mise de côté en raison de querelles internes. « Elle veut carrément me tasser », a-t-elle soutenu à La Presse.

De son côté, la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui comparaissait également mercredi, se dit pour le projet de loi 86, estimant que le modèle actuel ne peut perdurer. Un sondage mené par la FCPQ révélerait que « plus de 80 % des comités de parents sont pour le projet de loi 86 », selon la présidente Corinne Payne.

Le projet de loi 86 vise notamment à mettre fin aux élections scolaires et à remplacer les conseils de commissaires élus au suffrage universel par des « conseils scolaires », qui seront notamment composés de parents et de membres de la direction d’école. Il accorde également des pouvoirs accrus au ministre de l’Éducation.

1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 8 avril 2016 09 h 09

    Plus de pouvoir aux directions et aux parents serait très nocif

    L'équilibre a été atteint avec les conseils d'établissement (CÉ) et serait amélioré moyennant quelques modifications

    Le rôle des directions doit être cantonné aux fonctions exécutives. Le contraire générerait un décollage de petits roitelets du style de leurs collègues du privé : la promotion aveugle d'une société élitiste et ségréguée. Elle est déjà suffisamment en cours!

    La composition des CÉ doit être révisée pour y rendre égal le nombre d'enseignants et de parents, donc majoritaires les intervenants scolaires qui sont LES spécialistes de leur domaine.
    L'affirmer ne devrait pas offusquer les parents, mais les rassurer.
    La présidence des CÉ doit être en alternance confiée à un parent et à un intervenant scolaire.

    La gestion des immeubles, des ressources matérielles et des finances doit être centralisée et neutralisée pour ne pas nous retrouver avec un parc immobilier rongé par la vermine et éviter la fuite improductive d'énergies et de capitaux qui ne servent pas toujours l'éducation.

    Les pouvoirs exécutifs régulateurs du ministre (toujours de passage comme on l'a vu...) doivent être assujettis aux décisions d'un Conseil expert indépendant du style...Conseil supérieur de l'éducation.

    Les syndicats doivent demeurer et leur action doit être protégée : ils ont été et sont les remparts aux dérives politiques et ont empêché plus de dégradation du système.

    Les conventions provinciales doivent demeurer comme garantie de protection, de parité et d’équité.

    Le projet de loi 86 est une duperie visant un modèle de privatisation de notre système scolaire.
    Le gouvernement achète et trompe les parents.

    Patrick JJ Daganaud
    Ancien directeur d'établissements scolaires
    45e année dans le système scolaire québécois