L’insalubrité d’une école inquiète sa communauté

Parents et enseignants de l’école Félix-Leclerc ont protesté devant l’établissement mercredi soir.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Parents et enseignants de l’école Félix-Leclerc ont protesté devant l’établissement mercredi soir.

La qualité de l’air et la salubrité des salles de classe inquiètent les parents et les enseignants de l’école primaire Félix-Leclerc, dans le quartier Côte-des-Neiges, à un point tel qu’ils refusent d’y remettre les pieds tant que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’aura pas rendu public de rapport sur la qualité de l’air dans le bâtiment.

Mercredi soir, ils ont protesté devant l’établissement multiculturel, trois jours après sa fermeture inattendue en raison de la présence d’une couche de poussière de silice dans plusieurs locaux de l’édifice, qui fait actuellement l’objet de travaux de rénovation et d’agrandissement.

L’école Félix-Leclerc devait être fermée lundi et mardi « afin que les enseignants puissent réinstaller leur classe à la suite du grand ménage qui a eu lieu », selon le site de l’école. Mais mercredi matin, les travaux de nettoyage n’étaient toujours pas terminés. Les élèves qui s’étaient déplacés ont dû être reconduits chez eux.

Maintenant, la CSDM refuse de rendre public le rapport sur la qualité de l’air commandé à la suite du nettoyage, allèguent ceux qui ont protesté mercredi soir.

« Il y a eu un incident majeur. Ils paient une compagnie de nettoyage depuis trois jours, et là, ils refusent de nous montrer les résultats. Pour nous, parents, c’est qu’on nous cache quelque chose. Et nous ne remettrons pas nos enfants à l’école, parce qu’on veut avoir la certitude que l’air y est propre », souligne Nadège Édouard, qui siège au conseil d’établissement et qui représente les parents à la CSDM. Plusieurs parents n’auront toutefois pas ce « luxe », reconnaît-elle. Cette école compte une majorité d’élèves issus de l’immigration, et de nombreux parents en sont à leur premier emploi au Canada. L’école n’ayant offert aucun service de garde en raison de la fermeture inattendue de l’école, plusieurs d’entre eux ont déjà dû s’absenter à trois reprises cette semaine. « On a à choisir entre mettre nos enfants à risque et risquer de perdre nos emplois », expose Mme Édouard.

Elle souligne que le gymnase de l’école, adjacent au chantier de construction, a fait l’objet de désamiantage à l’automne. « On a demandé de voir les tests depuis mardi soir et ils ne veulent pas nous les montrer. […] Le lien de confiance, il est brisé », dit-elle.

La CSDM désirait rouvrir l’école mercredi, mais il restait trois locaux à nettoyer, selon un porte-parole. Alain Perron soutient qu’après le nettoyage, un test de qualité de l’air a été effectué. Les résultats indiquent que la qualité de l’air est saine. Un deuxième test devait quand même avoir lieu au terme du nettoyage final, mercredi soir, pour rassurer davantage l’équipe-école et les parents.

Il a toutefois refusé d’expliquer pourquoi les résultats des tests n’avaient pas été partagés avec les parents.

Risques de maladie grave

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (anciennement la CSST), la silice cristalline se trouve notamment dans les matières premières constituant le béton pour la réalisation d’ouvrages ou pour la fabrication de blocs ou de dalles, la brique ou le mortier et les composés à joints pour le gypse. Une exposition prolongée (pendant une dizaine d’années) à des poussières contenant de la silice cristalline peut mener à la silicose, une maladie pulmonaire irréversible entraînant des troubles respiratoires progressifs. Une exposition à des concentrations très élevées provoquerait l’apparition de la maladie beaucoup plus rapidement.

L’école Félix Leclerc accueille actuellement près de 400 élèves répartis dans 18 classes. Les travaux d’agrandissement en cours ont pour objectif d’ajouter 14 classes et de doubler la taille du gymnase.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 17 mars 2016 10 h 16

    Un Québec "fou" de ses enfants!

    Moi ce que je comprends, c'est que Couillard se fout de nos enfants!

    Il faudrait mettre à terre ces écoles, et en reconstruire de nouvelles!

    Ce serait ça, être fou de ses enfants!