Le monde est pluriel, les troubles d’apprentissage aussi

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
La chercheuse déplore que le dépistage des élèves à risque ne soit pas encore généralisé au Québec.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La chercheuse déplore que le dépistage des élèves à risque ne soit pas encore généralisé au Québec.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Alors qu’on en est encore à mettre la dernière main aux préparatifs du 41e congrès annuel de l’Institut des troubles d’apprentissage, Brigitte Stanké se prépare déjà à assurer la présidence d’honneur de la 42e rencontre, prévue du 22 au 25 mars 2017, dont le thème sera « Les troubles d’apprentissage et leurs défis à l’ère d’aujourd’hui ».

Brigitte Stanké est orthophoniste Ph. D., M.O.A. et professeure à l’Université de Montréal. Elle a obtenu un doctorat et une maîtrise en orthophonie et audiologie à l’Université de Montréal. Elle travaille avec des jeunes qui présentent des troubles d’apprentissage du langage écrit. Elle anime des ateliers de formation qui portent sur le dépistage des troubles d’apprentissage, la dyslexie-dysorthographie et la dyscalculie. Ces ateliers s’adressent aux professionnels ainsi qu’aux parents. « C’est tout un honneur pour moi de présider le congrès de l’an prochain », lance Brigitte Stanké.

Alors qu’on s’active encore actuellement autour du congrès de cette année, on procédera dès le 4 avril prochain aux appels de communications pour le congrès de 2017. Ce processus s’étendra jusqu’en juin, jusqu’au 13 plus précisément, date à laquelle on connaîtra le nom des auteurs retenus. L’appel est lancé aux personnes intéressées par la problématique des enfants, adolescents et adultes ayant des troubles d’apprentissage. On cherche des auteurs prêts à proposer des ateliers de formation, des conférences ou des présentations de recherche. C’est le comité scientifique du congrès qui étudiera les propositions, et la décision finale de retenir ou non une communication reviendra au comité organisateur du congrès.

Plusieurs points devraient être abordés lors de ce congrès. On n’a qu’à penser à la prévention des difficultés d’apprentissage et à l’importance du dépistage, de l’intervention préventive, aux populations à risque élevé et aux procédures d’évaluation et d’instrumentation. On pourra aussi se pencher sur l’intervention rééducative, sur la gestion des différences, sur les indicateurs neurologiques des troubles d’apprentissage ainsi que des autres troubles associés aux troubles d’apprentissage. Et le sujet le plus important, selon la présidente, celui qui tient à coeur à Brigitte Stanké, les troubles d’apprentissage dans un contexte de multilinguisme et de multiculturalisme.

L’importance du dépistage précoce

Dans le domaine des troubles d’apprentissage, les défis sont énormes et ce n’est pas anecdotique si le thème du congrès de 2017 est « Les troubles d’apprentissage et leurs défis à l’ère d’aujourd’hui ». Aujourd’hui, ce sont plus de 800 000 enfants et adultes au Québec qui présentent un trouble d’apprentissage. Il est important de bien traiter ces troubles, mais il est aussi essentiel de les dépister efficacement. Le contexte de multilinguisme et de multiculturalisme que nous vivons au Québec rend ce dépistage complexe. Souvent, les intervenants ne sont formés que pour traiter des cas provenant de milieux unilingues, qu’ils soient francophones ou anglophones. Mais ce que ces intervenants pourront apprendre au congrès, c’est que peut importe la langue, les tests seront toujours les mêmes. On peut les adapter à tous les milieux.

Pour Brigitte Stanké, l’importance du dépistage précoce n’est plus à démontrer : « Les études le prouvent, il est possible aujourd’hui d’arriver à dépister efficacement de façon précoce les élèves à risque de présenter des difficultés d’apprentissage du langage écrit, grâce à un dépistage effectué dès la maternelle, dans tous les milieux et avec des tests que nous possédons déjà. » Ce que la chercheuse déplore toutefois, c’est qu’au Québec un tel dépistage n’est pas encore généralisé alors qu’un pays comme la France a depuis longtemps entrepris de tels dépistages faits par des médecins ou des intervenants scolaires.

Brigitte Stanké revient avec l’exemple de la conscience phonologique, qui est présente quelle que soit la langue maternelle de l’enfant. Des tests de dépistage d’un problème de cette conscience phonologique seront donc toujours les mêmes. La conscience phonologique, c’est cette habileté que nous possédons à identifier des unités sonores qui composent les mots et à les manipuler.

Les troubles d’apprentissage sont complexes et nombreux, mais grâce à l’avancement de la recherche, les intervenants possèdent de plus en plus d’outils pour répondre adéquatement aux défis que pose le monde d’aujourd’hui.

Quels défis représentent les troubles d’apprentissage aujourd’hui ?