La CSQ veut de vraies hausses en éducation

La présidente de la CSQ, Louise Chabot
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la CSQ, Louise Chabot

À quelques jours du dépôt du budget à Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande au gouvernement de Philippe Couillard de réinvestir de façon massive dans les services publics afin de « mettre fin à la saignée » qui sévit notamment dans les secteurs de l’éducation et de la petite enfance.

Le gouvernement doit prendre en compte que les compressions successives des dernières années ont mené les programmes publics au bord du gouffre, clame la présidente de la CSQ, Louise Chabot, en conférence de presse lundi matin. « On ne peut pas se contenter d’une croissance des dépenses qui ne ferait que maintenir les coûts des systèmes ; nos services publics ont vécu de larges compressions, on doit s’assurer de réinvestir dès maintenant. »

Elle se réjouit du message du premier ministre, qui promet d’envoyer « un signal fort » en éducation, mais elle craint un simple « saupoudrage », ce qui n’est pas à la hauteur des attentes de la CSQ.

Fonds des générations

En effet, dans sa dernière mise à jour, le ministre des Finances, Carlos Leitão, prévoyait une croissance des dépenses de 2,3 % pour la prochaine année. Or, il faut un minimum de 3 % simplement pour « maintenir le panier de services ». Pour la CSQ, ce montant serait « largement insuffisant ». La centrale syndicale réclame une augmentation du budget de 4,7 %, ce qui permettrait de « stopper la détérioration des services publics et d’amorcer le réinvestissement requis ».

« Nous sommes convaincus que le gouvernement a les marges de manoeuvre nécessaires pour le faire, c’est une question de volonté politique », affirme Louise Chabot.

Non seulement le gouvernement aura un surplus pouvant atteindre entre 500 millions et 1 milliard, mais il dispose d’autres moyens pour dégager les sommes nécessaires, estime la CSQ. La centrale syndicale propose notamment de réduire les versements au Fonds des générations d’un milliard par année. « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de versement au Fonds des générations, il y aurait tout de même un versement de plus de 1 milliard de dollars, mais on irait tout simplement un peu moins vite. Et tout ça ne remet pas en question les objectifs de réduction du poids de la dette », affirme l’économiste Éric Bouchard Boulianne.

Erreur

Selon la présidente de la CSQ, le gouvernement Couillard commence enfin à entendre raison. « On espère qu’il va reconnaître son erreur. Et déjà, le fait de nous dire qu’il y aura un signal fort en éducation, je pense que c’est une manière de nous dire qu’il s’est mis un peu à l’écoute de la grogne populaire. Une telle mobilisation des parents, c’est du jamais vu. Je pense que le gouvernement a peut-être entendu le signal. Mais est-ce qu’il l’aura entendu suffisamment, c’est ce qui reste à voir. »