Des universités québécoises unies pour attaquer la question de front

La campagne «Sans oui, c’est non!» a été conçue en 2014 par l’Université de Montréal, son Bureau d’intervention en matière de harcèlement et la Fédération des associations étudiantes du campus.
Photo: François Pesant Le Devoir La campagne «Sans oui, c’est non!» a été conçue en 2014 par l’Université de Montréal, son Bureau d’intervention en matière de harcèlement et la Fédération des associations étudiantes du campus.

« Lorsqu’une personne est obligée de faire ce que l’agresseur exige d’elle, elle ne consent pas librement à l’acte sexuel. » La phrase semble citer une évidence et, pourtant, elle est au coeur d’une campagne de sensibilisation au consentement à laquelle participeront 16 établissements universitaires du Québec à compter de ce lundi.

Les établissements, parmi lesquels se trouvent entre autres l’École polytechnique de Montréal, l’Institut national de recherche scientifique et les universités du Québec à Montréal, Concordia et McGill, annonceront en matinée qu’ils s’engagent dans la campagne « Sans oui, c’est non ! », conçue en 2014 par l’Université de Montréal, son Bureau d’intervention en matière de harcèlement et la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal.

Les questions de harcèlement et de violences sexuelles ont pris « beaucoup de place » dans les universités, nous dit-on en coulisses. En effet, les associations étudiantes et les universités ont choisi d’attaquer la question de front.

Consentement et ressources

La campagne vise dans un premier temps à définir les notions de harcèlement sexuel, de consentement et d’agression sexuelle, en plus d’en exposer les formes. « Le harcèlement sexuel peut se manifester notamment par des questions intimes intrusives ; des regards concupiscents, notamment dirigés vers les parties sexuelles de la personne », lit-on par exemple sur le site Web sansouicestnon.ca, qui sera aussi lancé en matinée.

La campagne « Sans oui, c’est non ! » sert également à répertorier les ressources d’aide, par université et par région, tant pour les victimes que pour les agresseurs. En se joignant à la campagne, les établissements universitaires espèrent parvenir à mettre en commun leurs expertises, leurs outils et leurs ressources.

Divers cas d’agression ou de harcèlement sexuel dans les universités québécoises et canadiennes ont fait les manchettes au cours des dernières années. Le plus récent s’est produit à l’Université Brock, en Ontario, où l’administration a tenté de museler une victime qui avait porté plainte contre un professeur en raison d’attouchements sexuels. En janvier, l’Université du Québec à Montréal a été critiquée pour sa gestion d’une plainte pour harcèlement sexuel, après que certains étudiants ont eu l’impression que l’établissement tentait de minimiser l’affaire. Quelques mois plus tôt, la même université essuyait des critiques pour avoir refusé d’imposer des sanctions à un professeur bien que son Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement eût démontré qu’il y avait bel et bien eu harcèlement sexuel.