Les compressions nuisent aux cégeps en région

La FECQ demande à la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, de mettre sur pied un programme de mobilité étudiante à travers le Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La FECQ demande à la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, de mettre sur pied un programme de mobilité étudiante à travers le Québec.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) appréhende l’apparition de cégeps de seconde zone en région à défaut d’un « réinvestissement important » de l’État.

Un rapport de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) confirme ses craintes : les « compressions nuisent particulièrement aux cégeps situés dans des régions qui peinent à maintenir leur nombre d’habitants depuis une dizaine d’années ». « Cet état de fait laisse présager le développement d’un réseau d’enseignement collégial à deux vitesses dans lequel ceux qui étudient dans des régions en décroissance démographique risquent de recevoir une formation de moins bonne qualité en raison des compressions budgétaires », souligne l’auteur du document de 55 pages, David Dupont.

À moins d’une semaine du dépôt du troisième budget Leitão, le président de la FECQ, Antoine Côté, revient à la charge avec l’idée de mettre sur pied un programme de mobilité étudiante, qui permettrait à des étudiants des grands centres d’étudier dans des régions aux prises avec des difficultés démographiques. « On souhaite envoyer des cohortes de 25 étudiants par année dans les cégeps. Ça ferait vraiment une très, très grande différence, et c’est un coût très minime pour le gouvernement », affirme-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « Ils permettraient [ainsi] aux cégeps en région, qui sont vraiment dans des situations difficiles pour la plupart, de se revitaliser. On pourrait dire par exemple que pour les cinq prochaines années, on se concentre sur le Cégep de Baie-Comeau parce que c’est là que ça va le plus mal, que c’est là qu’on a besoin d’étudiants », ajoute-t-il.

M. Côté appelle la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, à s’inspirer d’un projet pilote mis en branle par le Cégep de la Gaspésie et des Îles ainsi que cinq cégeps de l’île de Montréal. « Un simple appel entre l’aide pédagogique des cégeps de Montréal et le Cégep de la Gaspésie et des Îles, c’est réglé ! » Il faut maintenant un « programme national », insiste-t-il, tout en ajoutant que l’État n’aurait pas à y injecter plus de 200 000 $ à 300 000 $ par année.

Appel à la vigilance

Le gouvernement libéral a atteint l’équilibre budgétaire au prix d’un coup de frein sans précédent, notamment dans les dépenses en éducation. À lui seul, le budget de fonctionnement des cégeps a été amputé de 19,2 millions de dollars durant l’année financière 2015-2016. « Le réseau public d’enseignement collégial n’avait pas connu une telle diminution de son financement depuis plus de 15 ans », note l’IREC. Les coupes budgétaires à répétitions ont eu des répercussions sur la « mission cardinale » des cégeps, soit l’enseignement de niveau collégial : diminution des heures d’ouverture des bibliothèques, recours aux conférenciers moins fréquent ou aboli, réduction du soutien technique en informatique pour les cours, etc. Elles ont aussi drôlement ralenti la vie étudiante par le resserrement de l’offre des activités — sportives et socioculturelles, par exemple — offertes. « Non seulement les services aux étudiants sont touchés depuis un bon moment déjà, mais ça va jusqu’à affecter la qualité de l’enseignement », souligne M. Côté.

Le président de la FECQ attend avec impatience le discours sur le budget 2016-2017 qui sera prononcé par le ministre des Finances, Carlos Leitão, ce jeudi. « Les membres [de la FECQ] seront vigilants », avertit-il.

2 commentaires
  • Line Marcheterre - Abonnée 12 mars 2016 09 h 43

    Assez c'est assez

    Les libéraux provinciaux sont nos conservateurs à nous au Québec, champions des coupes toutes catégories confondues....oui soyons vigilants mais soyons prêts à les évincer du pouvoir le moment venu.

  • Denis Paquette - Abonné 12 mars 2016 16 h 43

    Vivement une révolution tranquille

    Sommes nous en train d'échaper des changement sociaux importants parce que les gens qui administrent les institutions du savoir sont d'une autre génération faites seulement imaginer ce que serait le Canada si Harper était resté au pouvoir, Justin n'est il pas en train de faire la preuve que les génération et la mentalité s'y référant est importants, n'avez vous pas l'impression que les institutions ne suivent pas, que les gens qui ont la responsabilité d'administrer nos institution sont deux générations en arriere qu'une revolution tranquille s'impose