La FAE a obtenu des conditions plus avantageuses que le front commun

Plusieurs enfants ont participé à une manifestation organisée par la Fédération autonome de l’enseignement à la fin du mois de janvier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs enfants ont participé à une manifestation organisée par la Fédération autonome de l’enseignement à la fin du mois de janvier.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a réussi à négocier une diminution du nombre d’enfants dans les groupes de maternelle 4 ans. On repousse également dans le temps un des irritants majeurs des syndiqués qui refusaient de se faire imposer des contraintes dans la façon de gérer leur horaire. En effet, un comité national sera mis sur pied pour évaluer la question et proposer des pistes de solution, révèle l’entente de principe dont Le Devoir a obtenu copie.

Trois mois après la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), qui a réussi à boucler les négociations pour le renouvellement de la convention collective à quelques jours de Noël, c’est au tour de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) d’être parvenue à une entente de principe avec le gouvernement du Québec mercredi soir. Très peu de détails ont filtré à la suite de l’annonce officielle qui en a été faite jeudi matin, le syndicat affirmant qu’il devait tout d’abord présenter les détails de l’entente de principe à ses membres, qui seront appelés à voter sur son contenu d’ici le 23 mars.

Aux journalistes, qui le questionnaient pour savoir si la FAE avait réussi à obtenir davantage que la FSE, le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a répondu jeudi que « les paramètres salariaux sont les mêmes » pour les deux groupes. Il confirme toutefois que les ententes diffèrent sur certains points. On parle ici du « normatif », soit tout ce qui concerne les conditions de travail des professeurs — heures de travail, tâche des enseignants, nombre d’étudiants par classe, etc. — qui ont été négociées à la table sectorielle.

« Dans le normatif, il peut y avoir un peu de différences [entre les ententes de principe de la FAE et de la FSE] qui correspondent à la réalité de leur métier, particulièrement à Montréal. Mais c’est donnant-donnant. Donc pour nous, il n’y a pas d’impacts, mais ça répond au besoin d’un groupe. Et c’est ça, la négociation », affirmait M. Hamad, qui n’a pas voulu s’avancer davantage.

La FAE espérait obtenir davantage que la FSE, dont elle s’est désaffiliée en 2006. Bien que cette interprétation ne fasse pas l’unanimité, la FAE s’est targuée à maintes reprises d’avoir réussi à obtenir des gains supplémentaires lors des dernières négociations en 2010. Elle a donc répété le même stratagème, en signant après ses collègues de la FSE.

Préscolaire

 

Lorsqu’elle a signé, en décembre dernier, la FSE se réjouissait d’avoir fait des « gains considérables », notamment sur la baisse du nombre d’élèves par classe au préscolaire 5 ans. La FAE a réussi à élargir cette baisse du nombre d’élèves aux maternelles 4 ans, que l’on retrouve notamment dans les milieux défavorisés de Montréal. En effet, on peut lire dans l’entente que l’on souhaite « diminuer de 1 le nombre d’élèves par groupe au préscolaire 4 ans et 5 ans (moyenne et maximum) à compter de l’année scolaire 2016-2017 ». Le nombre maximal d’enfants par classe de 4 ans passera donc de 18 à 17, pour une moyenne qui descendra à 14 enfants par classe.

Bien que cela ne fasse pas partie de l’entente signée par la FSE, cette diminution du nombre d’élèves par classe de maternelle 4 ans profitera également au syndicat du front commun, précise-t-on dans un document de travail obtenu par Le Devoir.

Tâche complémentaire

 

L’entente de principe négociée par la FAE fait également mention d’un nouveau « comité national sur la tâche » qui aura comme mandat de faire des recommandations et de « mettre en oeuvre un projet pilote permettant d’expérimenter de nouvelles modalités relatives à la détermination des moments de réalisation de la “tâche complémentaire” et du lieu de réalisation du travail de nature personnelle déterminé par l’enseignant ». Rappelons que le syndicat a dénoncé à maintes reprises cette demande patronale qui visait à « contrôler encore plus leur horaire de travail » et qui était perçue comme « une entrave directe à leur autonomie professionnelle ».

Ni la FAE ni la FSE n’ont souhaité commenter cette nouvelle entente jeudi.

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