Vers une plus grande collaboration des universités francophones

Jean-Paul de Gaudemar a occupé plusieurs hautes fonctions administratives en France avant d’être nommé à la tête de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean-Paul de Gaudemar a occupé plusieurs hautes fonctions administratives en France avant d’être nommé à la tête de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Le nouveau recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), Jean-Paul de Gaudemar, a plaidé jeudi pour un nouvel élan dans la collaboration entre les universités de langue française de la planète, encourageant celles-ci à échanger davantage entre elles.

Docteur en sciences économiques, agrégé en sciences économiques et de gestion et professeur à l’université d’Aix-Marseille 2, M. de Gaudemar a également occupé plusieurs hautes fonctions administratives en France avant d’être nommé à la tête de l’AUF, en décembre dernier. Cette association internationale regroupe près de 820 établissements dans 106 pays, des établissements de langue française, bilingues ou disposant de départements de français.

Dans son allocution livrée à l’invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), il a appelé les établissements universitaires à collaborer davantage, notamment grâce à la mise sur pied au cours des prochains mois d’un « méta-portail » qui permettra d’accéder à un vaste éventail de formations en ligne. Il s’agira pour l’instant de présenter à un même endroit tous les cours offerts gratuitement ou à peu de frais en ligne, mais à terme, M. de Gaudemar souhaite étendre cette offre à des formations qui pourraient, en complément de cours en personne, mener à des diplômes.

« Le numérique, ce n’est pas le numérique que pour le numérique, dit-il. L’avenir se situe dans le côté hybride des formations. »

« Pour inventer véritablement l’université du XXIe siècle — parce que, soyons lucides, nous fonctionnons avec un modèle pédagogique qui date du XIIIe — dans tous les pays du monde, il faut une université qui ouvre ses portes à une proportion de plus en plus significative de la jeune génération [plutôt] que lui fermer les portes », a-t-il dit.

Au micro juste avant M. de Gaudemar, la toute nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Hélène David, s’est adressée à la foule où se trouvaient de nombreux représentants des milieux collégiaux et universitaires.

« On a un problème : on n’en parle pas assez [des universités] », a-t-elle déclaré.

« On ne se vante pas assez. Et on n’est sur la place publique pour les mauvaises raisons. Moi, mon mandat, c’est qu’on soit sur la place publique pour les bonnes raisons », a estimé l’ex-vice rectrice de l’Université de Montréal. « Il faut parler de l’enseignement supérieur pour les bonnes raisons, pas seulement pour les raisons que vous lisez dans les journaux », a-t-elle dit, devant le recteur et la présidente du conseil de l’Université du Québec à Montréal et d’autres cadres du réseau universitaire.

Elle a appelé le milieu de l’enseignement supérieur à faire preuve de solidarité. « Je parlerai de vous, mais s’il vous plaît, soyez derrière moi quand je parle de vous. On va trouver des façons. »