L’ESG suspend ses démarches de séparation

L’UQAM envisage une certaine décentralisation de ses facultés.
Photo: Hussein Abdallah / CC L’UQAM envisage une certaine décentralisation de ses facultés.

La menace d’éclatement de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) connaît un répit : l’École des sciences de la gestion (ESG) a suspendu les démarches en vue de se séparer après la mise sur pied d’un « vaste chantier » visant à accélérer la décentralisation des pouvoirs et des revenus au sein de l’établissement.

L’administration du recteur Robert Proulx a mandaté jeudi deux expertes pour étudier les modèles de décentralisation ayant réussi dans d’autres universités. Louise Dandurand et Hélène P. Tremblay, qui ont de longues feuilles de route dans le milieu universitaire, ont jusqu’au mois de juin pour proposer un modèle viable pour l’UQAM.

L’annonce de cette stratégie a réduit les tensions au sein de l’université. L’ESG, qui regroupe le tiers des étudiants et génère le quart des revenus de l’UQAM, a indiqué en fin de journée qu’elle suspend les démarches en vue de se séparer de l’université. Le Comité de régie de l’ESG renonce à tenir le référendum sur l’indépendance de l’École, qui était prévu du 20 au 26 avril.

« L’ESG entend participer pleinement au chantier sur la décentralisation de l’UQAM. Elle espère sincèrement que le résultat de ce processus réponde aux besoins et aux aspirations de toute la communauté de l’École et permette d’accélérer le développement d’une École des sciences de la gestion forte, dynamique, au service de la prospérité des Québécois », a indiqué l’École dans un communiqué.

Des sources à l’ESG interprètent ce changement de ton comme une « dernière chance » visant à obtenir davantage d’autonomie au sein de l’UQAM. La formule « autonomie ou indépendance » résume plus que jamais l’état d’esprit dans la communauté de l’École de gestion.

Signe de la volonté d’autonomie, l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion (AEESG) a entrepris mercredi de consulter ses 14 000 membres sur l’avenir de l’École. Plus de 1000 personnes ont répondu en 24 heures, selon nos sources.

L’Association demande entre autres si les étudiants préfèrent davantage d’autonomie au sein de l’UQAM, l’indépendance ou encore le statu quo pour l’École de gestion. Une autre question évalue la possibilité de « déménager les locaux de l’ESG dans un pavillon indépendant du reste de l’UQAM ». Tard jeudi soir, il restait à déterminer si l’AEESG continuerait sa consultation ou y mettrait fin.

Coup d’accélérateur

La direction de l’UQAM explique que le comité d’expertes doit recommander un modèle de gestion compatible avec le Plan stratégique 2015-2019, adopté en janvier, qui prévoit déjà une décentralisation du pouvoir décisionnel au sein de l’établissement.

« Avec les autres membres de la Direction, je juge que le temps est venu d’intensifier cette démarche d’analyse. Cela m’apparaît d’autant plus approprié que c’est dans ce cadre que les demandes de l’École des sciences de la gestion en vue d’accroître son autonomie au sein de l’UQAM seront examinées. La mise sur pied d’un vaste chantier permettra de fournir une réponse concertée et cohérente aux besoins de l’ensemble de l’Université et de sa communauté », indique le recteur Robert Proulx dans un message transmis jeudi après-midi à la communauté de l’UQAM. L’ESG a accueilli favorablement la nomination des deux expertes.