L’université francophone divise les élus

Le débat sur la création d’une première université de langue française en Ontario a donné lieu à de cinglants échanges entre l’opposition néodémocrate et le gouvernement libéral à Queen’s Park jeudi.

Alors que son gouvernement avait approuvé à l’automne le principe du projet de loi 104 du NPD visant à créer une université franco-ontarienne, la ministre des Affaires francophones, Madeleine Meilleur, a estimé jeudi que celui-ci était « vide de sens », ajoutant qu’un « processus est en place » pour augmenter l’offre de programmes universitaires en français. « On ne mettra pas [sur pied] une université francophone demain, parce qu’on devra [l’]établir sur des bases très solides pour assurer la pérennité de l’université francophone. »

Elle a réitéré que son gouvernement travaille depuis quelques années à accroître l’offre de programmes francophones dans les huit établissements bilingues offrant de telles formations. La région du Grand Toronto, qui connaît une hausse importante de sa population francophone, demeure un secteur prioritaire.

Les propos de la ministre Meilleur ont piqué au vif le député néodémocrate Gilles Bisson. « Tu ne connais rien » et « va-t’en chez vous », a-t-il lancé, en colère, à l’élue libérale.

Auteure du projet de loi, la députée France Gélinas est sortie elle aussi ébranlée de cette période de questions. « Le projet de loi est solide et s’il était adopté, il mènerait certainement à la création d’une université de l’Ontario français, a-t-elle fait valoir à la chaîne publique TFO. Ça devient de plus en plus clair qu’il y a de la zizanie [au] Parti libéral. Je crois que [Mme Meilleur] a encore le coeur à la bonne place. Elle veut faire avancer le dossier. Mais elle rencontre beaucoup de difficultés à l’intérieur de son parti. »

Malgré de nombreuses avancées sur le plan de l’éducation ces dernières décennies, une université unilingue échappe toujours à la minorité franco-ontarienne. L’enseignement primaire, secondaire et collégial est déjà offert dans des établissements gérés par et pour les francophones.

1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 4 mars 2016 03 h 59

    Keep going Canucks...

    Keep going Canucks...
    Et bientôt, l'époque des derniers dinosaures francophones de l'Ontario, eux qui jamais n'auront manqué de courage ni d'amour pour leur langue maternelle, s'éteindra de la disparition des plus agés et de la migration des plus jeunes énergiques, vers une République du Québec indépendante.
    Le Canada pourra ensuite se consacrer exclusivement à finir d'étouffer les Acadiens du Nouveau-Brunswick.
    Beau projet !