Étude de la FEUQ - Québec aurait les moyens de réinvestir dans les universités

«Le Québec peut et doit réinvestir dans les universités», soutient le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Nicolas Brisson. Armé d'une étude sur les finances du gouvernement québécois, M. Brisson a déclaré hier en conférence de presse que le Québec pourrait accumuler des surplus de l'ordre de 663 millions en 2008 et combler le manque à gagner des universités qui se chiffre annuellement à 375 millions.

«Cette étude nous prouve que le gouvernement du Québec a les moyens financiers de réinvestir les millions coupés dans les universités au milieu des années 1990 et les 53 millions de compressions du budget Séguin. La FEUQ en fera son cheval de bataille», a affirmé M. Brisson.

L'étude, réalisée par Frédéric Lapointe, un doctorant en sciences de l'éducation, tient compte des prévisions économiques, des différentes annonces faites depuis le 14 avril, des engagements électoraux et des baisses d'impôts prévues. M. Lapointe est arrivé à la conclusion que le gouvernement du Québec aurait toujours une marge de manoeuvre de 663 millions en 2008.

«Qu'essaie-t-on de faire ? Négliger l'essentiel au cours de la première année du mandat, sous prétexte que les fonds ne sont pas disponibles, et faire des annonces "bonbons" les autres années?», questionne M. Brisson.

Sous-financement

La FEUQ a dévoilé les résultats de cette étude à l'occasion du Symposium des jeunes sur le financement des universités et la recherche dans une société de savoir qui se déroulait hier à l'Université de Montréal. Lors de ce Symposium, le président de la Conférence des recteurs et des principaux du Québec (CREPUQ), Robert Lacroix, a prononcé une conférence où il faisait état du sous-financement des universités et des difficultés que cela engendre pour le renouvellement du corps professoral.

Selon une récente étude de l'Association canadienne des professeurs et professeures d'université (ACPPU), 10 000 nouveaux professeurs devront être embauchés dans les universités du Québec d'ici à 2010.

La FEUQ estime que le plan financier du Parti libéral, qui propose un maximum de 60 millions récurrents pour les universités d'ici à 2008, est insuffisant. Une étude réalisée conjointement par le ministère de l'Éducation (MEQ) et la CREPUQ évaluait plutôt les besoins des universités à 375 millions par année.

«Si le gouvernement Charest considère toujours l'éducation comme une priorité dans une société axée sur le savoir, l'argent devra être au rendez-vous. Notre étude démontre que le Québec dispose d'une marge de manoeuvre suffisante pour réinvestir dans les universités et celle-ci pourrait être plus importante si le gouvernement renonçait à une partie des baisses d'impôt», a soutenu M. Brisson.