Négociations avec les étudiants employés: l’UQAM essuie un revers

Alors que les négociations entre l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et ses 3000 employés étudiants s’éternisent, la maison d’enseignement essuie un nouveau revers. Le ministère du Travail a rejeté mardi la demande d’arbitrage présentée par l’UQAM, ce qui forcera l’institution à reprendre les pourparlers avec le Syndicat des étudiants employés de l’UQAM (SETUE).

Dans sa demande d’arbitrage présentée il y a deux semaines en vue de mettre fin au conflit de travail, l’UQAM arguait devant le ministère du Travail que le SETUE négocie actuellement une première convention collective. Une reconnaissance de ce fait aurait permis la nomination d’un arbitre par Québec. L’arbitre aurait alors pu imposer cette première convention collective.

Or, le ministère du Travail n’a visiblement pas cru à la théorie avancée par l’UQAM. « Après vérification et analyse, votre demande ne satisfait pas le critère d’une première convention collective. […] Votre demande s’avère irrecevable », soutient le sous-ministre Bernard Matte dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie.

Le ministère donne ainsi raison au SETUE, autrefois constitué de deux accréditations syndicales (SETUE1 et SETUE2) ayant depuis fusionné. Les 3000 membres du SETUE sont sans convention collective depuis le 31 décembre 2013. Ils sont en grève depuis la fin novembre dernier.

Ces étudiants qui agissent notamment à titre de correcteurs et de superviseurs d’examen souhaitent négocier un accord plutôt que de se faire imposer une convention collective.

Porte-parole du SETUE, Chloé Fortin-Côté se montre satisfaite de la décision. « L’administration tentait par cette tactique de couper court à nos négociations, de couper court à notre revendication principale, qui est le plancher d’heures de travail. Nous, on tient à négocier avec l’université dans ce dossier. Notre téléphone est ouvert, on veut négocier. »

Cette décision survient alors que les associations étudiantes d’éducation, d’arts, de sciences politiques, des cycles supérieurs en droit et des baccalauréats interdisciplinaires en politique ont tenu une grève mardi en soutien au SETUE.

Dans un courriel, l’UQAM a dit « prendre acte de cette décision ». « Comme elle est toujours demeurée disponible pour continuer les négociations, elle est prête à les reprendre dès que possible », a indiqué Jenny Desrochers, porte-parole.

Rappelons qu’une entente de principe était intervenue entre l’UQAM et le syndicat le 15 décembre 2015, mais celle-ci a été rejetée par la majorité des membres du SETUE le 21 décembre.