Liza Frulla veut réécrire l’ITHQ

Liza Frulla compte se battre pour que l’ITHQ puisse offrir des diplômes universitaires. Elle dit souhaiter un vote unanime.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Liza Frulla compte se battre pour que l’ITHQ puisse offrir des diplômes universitaires. Elle dit souhaiter un vote unanime.

À la tête de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) depuis six mois à peine, Liza Frulla refuse de s’asseoir sur ses lauriers. À deux années de son cinquantenaire, l’école qu’elle dirige doit être et sera modernisée, affirme-t-elle.

Après Frulla la politicienne colorée et Frulla la commentatrice frondeuse, voici Frulla, la tête dirigeante. Nommée en août par le gouvernement Couillard pour administrer le principal établissement d’enseignement professionnel, technique et universitaire de tourisme, hôtellerie et restauration du Québec, elle promet d’en faire l’une des plus grandes écoles du genre.

Elle n’a pas l’habitude de passer par quatre chemins. Cette fois n’est pas différente des autres. « Je suis rentrée ici pour deux raisons. Je dois absolument — et c’est fait, c’est déposé au ministère — faire adopter un projet de loi qui va moderniser l’ITHQ. Et c’est moi — nous l’avons écrit à l’interne en raison de mon expérience et de deux avocates qui savent ce que c’est, moderniser une loi — qui l’ai écrit. C’est une première [pour un organisme d’écrire son propre projet de loi] », affirme l’ex-législatrice.

Diplômes universitaires

Ce projet de loi doit permettre à l’ITHQ de sortir du joug de la Loi sur la fonction publique — qui fait en sorte qu’il est essentiellement géré comme un ministère — pour devenir une école plus libre, comme l’École de technologie supérieure ou l’Institut de police. L’autre raison ? Mme Frulla tient à offrir des diplômes universitaires en « bidiplômation ». En d’autres mots, que son école puisse offrir des baccalauréats ou des maîtrises où le nom de l’ITHQ figure, à titre égal, aux côtés de celui de l’Université du Québec à Montréal. « En ce moment, quand l’UQAM donne un diplôme à nos diplômés, c’est “en collaboration avec l’ITHQ”. C’est fini, ça. Ce que je veux, c’est une loi qui reflète qui on est en 2016. Je veux avoir réglé ça avant notre 50e en 2018. »

Elle n’était jamais parvenue à s’entretenir en tête-à-tête avec l’ex-ministre de l’Éducation, François Blais. C’est donc avec soulagement qu’elle accueille la nomination de Pierre Moreau à ce portefeuille. « On a enfin le bon ministre. Ça nous prenait un législateur d’expérience, un politicien d’expérience, quelqu’un qui avait du poids au niveau du Conseil des ministres, qui est capable… Pour Moreau, mon projet de loi, c’est des pinottes », lance-t-elle.

« Son » projet de loi, elle tient en plus à le faire adopter à l’unanimité par l’Assemblée nationale, ce qui serait un exploit rarissime. « Ce serait un symbole important. »

Pour le reste, elle demande « de petits ajustements » dans les subventions reçues par l’ITHQ, qui ont connu une baisse modeste de 3 % au cours des dernières années, alors que le coût du panier d’épicerie a crû de 31 % en 3 ans, ce qui a un impact direct sur les finances de l’organisme à mission gastronomique.

Rona, ou l’erreur des libéraux

Liza Frulla a un « grand inconfort » par rapport à la gestion de la vente de Rona à l’américaine Lowe’s par le gouvernement Couillard. Celui-ci aurait pu « bloquer » la vente, selon elle. « Le gouvernement dit qu’on ne peut bloquer parce que les conseils d’administration ont accepté, que ça aurait envoyé le message aux marchés qu’on est fermés [aux investissements]. Pourtant, les États-Unis en ont des moyens qui ne disent pas “je bloque”, mais qui bloquent pareil », dit-elle. D’éventuelles rationalisations de Lowe’s pourraient mener à la fermeture de magasins moins performants au Québec, ce que Rona ne faisait pas par conscience sociale, soutient l’ex-ministre provinciale et fédérale. « Eux, en Caroline du Nord, quand ils regardent le grand portrait, qui va y goûter ? Les petits villages. Ça va se vider. Il y a des conséquences ». Le gouvernement doit faire quelque chose « avec les quelques fleurons qu’il nous reste ». « On peut-tu penser aux autres entreprises québécoises et voir comment on est capables, nous, d’acquérir au lieu d’être acquis ? […] Le gouvernement doit trouver des leviers, regarder l’ensemble des compagnies qu’il nous reste, pour s’assurer pour l’avenir qu’on ne laisse pas le libre marché » l’emporter. Québec doit s’assurer d’encourager les investissements étrangers sans toutefois leur permettre de devenir actionnaires majoritaires, conclut-elle.
1 commentaire
  • Gilles Delisle - Inscrit 8 février 2016 09 h 14

    Liza qu'elle s'appelle!

    Quand on a été "bonne libérale" pendant tant d'années, au fédéral et au provincial, on retrouve facilement ce genre de personnages dans toutes les sphères de la société. Que ce soient à la radio, à la télé, avec compétence ou pas, les portes vous sont ouvertes à tous les postes, et même à l'Institut d'Hotellerie! Ce sont souvent ces nominations partisanes qui alimentent les postes de direction de la plupart de nos institutions, et qui font que la société québécoise avance à pas de tortue. Il y a tout de même une différence entre des nominations partisanes et des nominations par compétence.