Les toilettes «neutres» prennent du galon

Selon le directeur général du collège Vanier, les nouvelles toilettes universelles permettront à plusieurs étudiants de cesser de souffrir en silence.
Photo: Twitter Selon le directeur général du collège Vanier, les nouvelles toilettes universelles permettront à plusieurs étudiants de cesser de souffrir en silence.

Derrière les portes du collège Vanier sur lesquelles le mot « bathroom » est écrit, on retrouve désormais le fruit d’une petite révolution : des toilettes universelles, accessibles aux personnes de tous les genres.

Mercredi, le cégep anglophone a dévoilé ses quinze nouvelles salles de bains « neutres », des endroits où, de l’avis de l’institution, tous les utilisateurs peuvent se sentir en sécurité, quelle que soit leur expression de genre ou leur identité sexuelle.

Après le cégep Dawson et les universités de Montréal, Concordia et McGill, le Collège Vanier a voulu répondre aux besoins de ses étudiants, qui ont été nombreux à réclamer des toilettes universelles, selon le directeur général du cégep, Normand W. Bernier. « Un étudiant qui est désormais un homme a raconté qu’il était mal à l’aise d’aller dans les toilettes des filles, parce qu’il n’est pas une fille. Mais il s’est fait bousculer dans les toilettes des gars, il s’est fait traiter de tapette, a-t-il illustré. Il y a des membres du personnel, dont une femme qui est devenue un homme avec les années, [qui pourront aussi utiliser ces toilettes]. »

Sur 15 toilettes, donc, les pictogrammes masculins et féminins ont été remplacés par le mot « bathroom ». Quatre toilettes ont été complètement transformées, et deux d’entre elles ont été modifiées afin d’être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Au total, l’opération a coûté 100 000 $ au collège. « Les bâtiments sont vieux, peu adaptés [pour les personnes à mobilité réduite], a commenté M. Bernier. Plusieurs nouvelles salles de toilettes ont désormais des tables à langer. Les pièces fermées permettent aussi aux étudiants diabétiques de faire leurs piqûres dans l’intimité », a-t-il illustré.

Selon le directeur général, il faut voir au-delà des coûts engendrés par ces changements. Les nouvelles toilettes universelles permettront à plusieurs étudiants de cesser de souffrir en silence, à son avis. « Personne ne devrait se sentir menacé et personne ne devrait avoir à passer une journée entière à l’école ou au travail sans pouvoir utiliser une toilette sécuritaire », a aussi fait savoir le cégep au moyen d’un communiqué.

Et que les sceptiques se le tiennent pour dit : le cégep n’a pas fini d’investir pour accommoder sa clientèle. « La prochaine étape, c’est un vestiaire familial dans le centre sportif pour les parents qui se demandent où changer leurs enfants », s’est réjoui M. Bernier.

1 commentaire
  • Normande Ginchereau - Abonnée 4 février 2016 10 h 19

    Cocasse

    Le mot «bathroom» est utilisé par les anglophones pour désigner les «toilettes». À l'occasion, les francophones traduisent trop fidèlement «bathroom» par «salles de bains», comme le fait Marie-Michèle Sioui ici. Et pourtant, en ces lieux, il y a-t-il vraiment un bain?
    Quand on a déjà entendu un serveur parisien répondre à une touriste québécoise qui demandait: «Où est la salle de bain?» ... «Madame désire que je lui apporte un drap de bain?», on se souvient longtemps que le mot TOILETTE est plus convenable.
    Il y aurait une petite enquête à faire pour l'utilisation de l'identification de ces lieux «très utilisés».