La CSDM veut réduire les iniquités dans les services de garde

Plus question pour les garderies de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) d’offrir des services à deux vitesses à leurs enfants. Une nouvelle politique doit uniformiser les pratiques dans tous les services de garde de la plus grande administration scolaire de la province, afin d’éviter que des jeunes soient laissés pour compte à l’avenir.

L’école primaire Saint-Marc ne pourra plus tenir de fêtes « de luxe », avec jeux gonflables, kiosques de barbe à papa et animateurs… à moins que celles-ci soient ouvertes à tous, sans discrimination. À l’automne dernier, l’établissement du quartier Rosemont avait fait la manchette après que des enfants dont les parents avaient refusé de payer le supplément de 27 $ requis pour la fête eurent dû rester à l’intérieur pendant que leurs amis s’amusaient dans la cour d’école. D’autres services de garde offrent quant à eux minizoos, projections cinématographiques et sorties en plein air lors de journées pédagogiques aux enfants dont les parents sont prêts à allonger quelques dizaines de dollars de plus pour des activités spéciales.

Ces iniquités ont été un élément parmi d’autres ayant poussé la CSDM à agir, a expliqué mercredi soir la présidente de la commission, Catherine Harel Bourdon.

« On veut encourager les services de garde à avoir une planification d’activités accessibles à tous. On veut essayer de limiter le coût des sorties éducatives pour nos élèves. »

De façon plus générale, la nouvelle politique doit permettre aux services de garde « d’aider » l’école à atteindre ses objectifs, dit-elle. La nouvelle politique affirme d’ailleurs que le service de garde « est un service éducatif ».

« Si une école, dans [ses orientations], met l’accent sur les sciences ou les sports, dans le service de garde, un accent sera mis là-dessus. »

La mesure a été approuvée mercredi soir par le conseil des commissaires de la CSDM. L’ébauche de politique doit faire l’objet d’une consultation au cours des prochaines semaines, auprès des parents et employés, notamment.

Comme c’est le cas depuis de nombreux mois déjà, la réunion du conseil des commissaires a été interrompue pendant près d’une heure par des enseignants syndiqués de la CSDM. « Joignez-vous à nous pour défendre l’école publique », ont lancé plusieurs d’entre eux aux élus, les invitant à « protéger » leur école publique plutôt que leurs « intérêts politiques ». Vers 19 h 30, les commissaires se sont finalement levés, après une quinzaine de minutes de cacophonie, pour ne revenir qu’une heure plus tard.

Réussite scolaire

La commission scolaire dressait également le bilan des résultats scolaires de ses élèves, cinq ans après la mise sur pied de son plan Réussir, qui comportait des cibles chiffrées à atteindre d’ici 2015 en ce qui a trait à la lecture, l’écriture et le décrochage scolaire, notamment. Bien que le bilan ait été diffusé mercredi, la plupart des données qu’il contenait ont été rendues publiques en décembre. Ces objectifs représentent toujours leur lot de défi pour la CSDM, qui a raté bon nombre d’entre eux.

Malgré des progrès importants, l’ensemble des cibles en matière de lecture et d’écriture a été raté au primaire. Au secondaire, un seul objectif fixé en lecture et en écriture a été atteint, selon les documents transmis par la CSDM.

La plus grande commission scolaire du Québec fait toutefois valoir que les résultats se sont globalement améliorés depuis 2010.

« Les taux de diplomation sont les plus élevés enregistrés. Après 5 ans, le taux de 50,7 % dépasse la cible de 0,7 point. Après six ans, le taux de 62,2 % dépasse la cible fixée à 60. Après sept ans, même si le taux de 66,6 % n’atteint pas la cible établie à 70, on note une constante amélioration depuis 2003-2004 », a résumé Mme Harel Bourdon.

Projet de loi 86: les commissions scolaires régionales demandent d'être entendues

Les commissions scolaires régionales demandent à leur tour au ministre de l’Éducation, François Blais, d’être entendues à l'occasion des consultations sur le projet de loi modifiant la gouvernance des commissions scolaires à l'Assemblée nationale. «On a notre mot à dire sur le projet de loi 86», a répété la présidente de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, Roxane Thibault, à l’occasion d’un point de presse organisé en marge du caucus du Parti québécois à Saguenay mercredi. Celle-ci s’indigne qu’«aucune région n’[ait] été invitée» à participer à la commission parlementaire, contrairement aux commissions scolaires de Montréal et English-Montréal. «Nos réalités en région sont bien différentes de celles des grandes villes», a-t-elle martelé. «La English Montreal a une réalité bien différente des gens des Iles de la Madeleine, des gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, etc.», a soutenu le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, à une semaine du coup d'envoi des consultations. «Le ministre de l’Éducation fait toute, tout croche depuis qu’il a été nommé.»