Au tour des CPE d’être entourés par une chaîne humaine

La députée et porte-parole parlementaire de Québec solidaire Françoise David a participé à la chaîne humaine qui a ceinturé le CPE Saint-Édouard, dans le quartier La Petite-Patrie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La députée et porte-parole parlementaire de Québec solidaire Françoise David a participé à la chaîne humaine qui a ceinturé le CPE Saint-Édouard, dans le quartier La Petite-Patrie.

L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) a repris lundi la stratégie des enseignants et a encouragé les parents à former des chaînes humaines autour des CPE que fréquentent leurs enfants.

Partout au Québec, des petits et des grands se sont tenu les mains autour de ces établissements, auxquels le gouvernement doit imposer des compressions de 120 millions de dollars pour l’année 2016-2017.

« Il y aura des chaînes humaines tous les lundis », a annoncé le président-directeur général de l’AQCPE, Louis Senécal, en soulignant le court laps de temps dont disposent ses membres d’ici la présentation des règles budgétaires, le 1er avril. « Le gouvernement a la responsabilité de regarder ce que la population dit à travers ce geste-là », a-t-il estimé.

Une stratégie inspirée des enseignants

Les CPE, qui ont subi des compressions de 476 millions depuis 2006, disent bénéficier de l’appui des 30 000 personnes qui ont signé une pétition réclamant un « réinvestissement dans les services de garde éducatifs de qualité ». Ils espèrent aussi attirer l’attention du public en reprenant la stratégie du mouvement citoyen « Je protège mon école publique », qui a entraîné des parents à former des chaînes autour de quelques centaines d’écoles à l’automne.

« Les CPE sont le premier jalon des services en éducation. Il est donc tout à fait normal qu’on s’inscrive dans le même genre de démarche [que les enseignants] », a commenté M. Senécal. Réjean Parent, chef de la Centrale des syndicats du Québec de 2003 à 2012, a trouvé la stratégie intéressante. « Si la recette a fonctionné pour les enseignants, pourquoi ne pas la reprendre ? », a-t-il réagi. « Ça peut avoir l’air copié, mais ce sont des parents qui copient d’autres parents : ils décident de ne pas rester assis dans le salon et de manifester leur inquiétude », a-t-il ajouté, en soulignant que les fameuses casseroles du Printemps érable avaient elles-mêmes été inspirées de manifestations chiliennes et argentines.

Des promesses brisées

Selon Louis Senécal, le gouvernement Couillard a brisé deux promesses : celle de ne pas hausser la tarification au-delà de l’indexation du coût de la vie et celle de cesser les compressions budgétaires une fois l’équilibre budgétaire atteint.

« Le gouvernement a fait campagne en disant que peu de personnes allaient être touchées par la modulation des tarifs et que la classe moyenne serait protégée. Mais dans les faits, plusieurs parents subiront une augmentation importante. Certains parents remettent même en question le fait d’avoir un troisième enfant », a-t-il observé.

Dans les CPE, les effets des compressions se font aussi ressentir, a-t-il plaidé. « Le ministère dit qu’il y aura un impact sur le nombre d’heures payées par éducatrice, sur les heures de travail des cuisiniers et sur les heures consacrées à l’entretien ménager », a-t-il illustré. Résultat : de la nourriture de qualité moindre et une diminution des contacts — primordiaux — entre les parents et les éducatrices, à son avis.

Absent des négociations

L’AQCPE refuse de négocier avec la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, depuis le 18 janvier. Elle n’y retournera pas tant que le gouvernement n’ira pas de l’avant avec « l’abolition pure et simple » de l’imposition de compressions de 120 millions de dollars, a assuré M. Senécal.

« L’AQCPE a fait le choix unilatéral de cesser de discuter avec le gouvernement et ce n’est pas quelque chose qu’on a souhaité, a réagi de son côté l’attaché de presse de la ministre, Salim Idrissi. Si elle veut faire partie du comité de négociation qui a récemment été mis en place, elle est la bienvenue. La ministre a toujours été ouverte au dialogue », a-t-il ajouté.

1 commentaire
  • Diane Gendron - Abonnée 19 janvier 2016 12 h 21

    Les parents n'ont pas été instrumentalisés!

    L'article affirme que l'AQCPE «a repris lundi la stratégie des enseignants et a encouragé les parents à former des chaînes humaines». Or, ce sont les parents qui se sont mobilisés pour former les chaînes humaines autour des écoles! Au mois de mai, avec quelques parents de l'école que fréquentent mes enfants, nous avons adhérer à cette belle idée lancée par le mouvement "Je protège mon école publique" et nous avons invité les autres parents à se joindre à nous. Nous n'avons pas été "entraînés" comme le dit l'article, ce sont les parents qui ont informé les enseignants de ce qui se préparait! La réponse s'est manifestée avec vigueur depuis tous les mois. Alors non, les enseignants n'ont pas instrumentalisé les parents, pas plus que ceux-ci n'ont instrumentalisé leurs enfants en manisfestant avec eux pour défendre l'éducation et l'école publique! Qu'on se le tienne pour dit!