2,5 millions en primes de marché à l’Université Laval

L’Université Laval compte actuellement 1454 professeurs, ce qui signifie que 13,5% d’entre eux reçoivent ces primes.
Photo: Clément Allard Le Devoir L’Université Laval compte actuellement 1454 professeurs, ce qui signifie que 13,5% d’entre eux reçoivent ces primes.

Les grandes universités montréalaises ne sont pas les seules à avoir recours à de généreuses primes de marché afin d’attirer ou de retenir certains professeurs sollicités par d’autres établissements. L’Université Laval y consacre bon an mal an plus de 2 millions de dollars, en dépit des compressions budgétaires imposées par Québec, a appris Le Devoir.

À l’instar de plusieurs universités réputées à l’échelle de la planète, l’Université Laval, comme l’Université du Québec à Montréal, McGill ou l’Université de Montréal, continue d’accorder plusieurs millions de dollars en primes de marché à ses employés, en sus de leur salaire, sous prétexte qu’ils sont des sommités dans leur domaine et afin d’éviter qu’ils n’aillent chez le concurrent.

Ces « primes de marché » peuvent prendre la forme de primes annuelles, ou encore d’un montant unique obtenu à la signature d’un contrat lors de l’embauche de nouveaux professeurs.

Pour l’année 2014-2015, près de 200 professeurs de l’Université Laval ont reçu des primes individuelles, pour un montant global de 2,508 millions, ce qui correspond à un montant moyen de 12 795 $ par professeur, a confirmé la maison d’enseignement.

Celle-ci n’a pas voulu accorder d’entrevue pour commenter la chose.

L’Université Laval compte actuellement 1454 professeurs, ce qui signifie que 13,5 % d’entre eux reçoivent ces primes.

Ce phénomène touche un nombre croissant d’universités. Par exemple, l’Université Concordia consacre pas moins de 3,5 millions en primes de marché, selon les données de l’année scolaire 2014-2015. Trois cents professeurs réputés auraient obtenu 10 000 $ en moyenne en sus de leur salaire.

Il en va de même pour l’UQAM, McGill, l’UdeM, l’École polytechnique et HEC Montréal. À l’UdeM, 385 professeurs se sont partagé 3,1 millions. À l’UQAM, 86 personnes touchent des gratifications totalisant 1,04 million. McGill a pour sa part accordé 275 000 $ en « primes de fidélisation » à 35 professeurs. L’Université du Québec à Chicoutimi offrirait pour sa part les primes les plus généreuses. Quatre professeurs ont reçu 27 000 $ en moyenne sous la forme de primes l’an dernier.

Dans tous les cas, ces sommes s’ajoutent au salaire prévu à la convention collective des professeurs, variant d’une maison d’enseignement universitaire à l’autre, ou encore négocié au cas par cas.

3 commentaires
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 14 janvier 2016 03 h 52

    Un exemple de bonne gouvernance universitaire, syndicale et gouvernementale?

    Je ne comprends pas qu'une association de salariés regroupant exclusivement des professeurs universitaires accepte ainsi qu'on ajoute au salaire de ses membres, précarisant encore davantage sa convention collective et nuisant à ses revendications sociales. Essentiellement dévouée au bien de l'ensemble de ses membres, elle devrait minimalement forcer l'employeur à soumettre l'octroi de ces montants à un processus rigoureux d'attribution, question d'éliminer le plus possible les risques associés à une apparence d'arbitraire patronal se faisant à même les fonds publics. Je ne comprends pas davantage que l'État québécois ne balise pas étroitement une pratique faisant entrer en compétition des organisations hautement subventionnées. Encore une fois, il se montre inerte et complaisant à l'égard de certains, s'affaiblissant lui-même et affaiblissant tout ceux qui s'en rapprochent.

  • François Dugal - Inscrit 14 janvier 2016 07 h 46

    Le bon exemple

    Le bon exemple des médecins commence à faire des petits.

  • Bernard Terreault - Abonné 14 janvier 2016 08 h 51

    Angélisme

    Il est normal que l'on veuille retenir certains professeurs éminents en leur offrant un peu ou même beaucoup plus que le salaire de base, qui est assez modeste (rien à voir avec ce qu'on peut faire dans le privé). Laissera-t-on partir à l'étranger un candidat au Nobel sous prétexte qu'il ne devrait pas gagner plus qu'un policier de la SQ?