Le ministre Blais dit avoir l’appui des parents

Le ministre de l’Éducation, François Blais, n’entend pas céder aux critiques et soutient qu’à l’exception des commissions scolaires elles-mêmes, la population et les parents l’appuient dans sa réforme.

« C’est sûr que les commissaires scolaires résistent à cette réforme. […] Il y a beaucoup de gens qui préféreraient le statu quo. On leur a dit que […] ce n’était plus possible », a-t-il déclaré mardi matin en marge d’une rencontre avec des réfugiés au cégep de Sainte-Foy.

« Quand je parle aux membres de la communauté, aux parents, qu’ils soient francophones ou anglophones, pour savoir s’ils sont d’accord pour avoir un rôle plus grand à jouer, il n’y a pas beaucoup de difficultés », a-t-il ajouté.

De la place pour les commissaires

M. Blais refuse en outre de faire une distinction entre anglophones et francophones quant aux impacts que la réforme aura sur ces deux groupes. La veille, le directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones, Marcus Tabachnick, disait dans Le Devoir que la réforme avait un impact particulièrement marqué sur les anglophones du Québec. Aux yeux du ministre, il s’agit d’abord d’une opposition de commissaires. Il a en outre laissé entendre que ces derniers pourraient se trouver de nouvelles fonctions au sein des nouvelles instances.

« Il y a une résistance de la part des commissaires scolaires anglophones ou francophones. Moi, je leur dis souvent une chose : il y a encore de la place pour des gens qui sont aujourd’hui commissaires, qui pourraient intégrer cette nouvelle gouvernance-là. C’est sûr que ça va être différent, mais la porte ne leur est pas fermée », dit le ministre Blais.

Quant à ceux qui souhaitent son départ lors du remaniement ministériel, il n’a pas voulu leur répondre. « Pas de commentaires, a-t-il dit en riant. Je ne ferai aucun commentaire sur des rumeurs. Au premier ministre de répondre à ces rumeurs-là. »

C’est sûr que les commissaires scolaires résistent à cette réforme. [...] Il y a beaucoup de gens qui préféreraient le statu quo.

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 13 janvier 2016 07 h 43

    Pensée magique

    Comment peut-on avoir l'appui de "la population et des parents" quand on ne les a jamais rencontrés et écoutés?

    • Benoit Toupin - Abonné 13 janvier 2016 10 h 11

      Dans l'ADN de ce gouvernement, toutes les composantes de la société sont en conflit d'intérèt donc en déficit d'objectivité. Du haut de son piedestal, le suave ministre Blais manipule l'opinion publique pour servir son pouvoir.

      Sa réforme, où la taxation n'est plus liée à la représentation, où l'éducation n'est plus l'affaire de tous, où les nominations partisanes et groupusculaires remplaceront une démocratie qui fonctionnait mal, est avant tout opportuniste.

      Alors pourquoi écouter ce qu'il ne veut pas entendre; cela lui permet d'auto-proclamer ses supporteurs virtuels... S'il y a une démocratie sérieusement malade, ce n'est pas celle des élections scolaires mais bien celle conçue par le PLQ dans sa propre gérance des affaires publiques.

      Quel serait le pourcentage de participation aux élections provinciales si les candidats disposaient de moyens semblables à ceux des élus scolaires? Comment supporter adéquatement la démocratie locale; jamais ce ministre ne se poserait cette question? La démocratie locale c'est la base de l'occupation du territoire.

      La courte vue de ce gouvernement sacrifie tout sans vision digne de ce nom et sans considération pour les collectivités. Les économies d'aujourd'hui seront la source des déficits et de la vulnérabilité à venir.

  • Patrick Daganaud - Abonné 13 janvier 2016 11 h 37

    Duper les parents

    Le modèle de Blais est le modèle de l'école privée.
    Les parents y sont-ils : oui!
    Mènent-ils quoi que ce soit? Non!

    Dans une école privée, c'est le ou la DG qui mène et les parents se laissent mener « d'en haut ». On croit qu'un bon leadership directorial sait où il s'en va et qu'il conduit le troupeau docile vers les verts pâturages.
    Le troupeau est d'autant plus docile au privé qu'il est sélectionné et accueille peu d'éléments en difficulté ou handicapés.

    Cette structure où la direction de l'école concentre les pouvoirs a-t-elle déjà existé au public? Oui, jusqu'en 1998! C'est-à-dire jusqu'à la création des conseils d'établissement où les pouvoirs des parents et des intervenants scolaires ont été élargis et ceux de la direction limités à la fonction exécutive.
    Avant, c'est la direction qui menait le bal.

    Le modèle de gestion intégrant le Conseil d'établissement (CÉ) est de loin le plus démocratique et le plus équilibré : le pouvoir « législatif » confié à un conseil où les intervenants scolaires (à l'exception de la direction) et les parents sont paritaires, avec une direction qui siège au CÉ sans droit de vote et dont les fonctions deviennent strictement exécutives.

    Le ministre Blais dit avoir l’appui des parents, mais son intention est de concentrer les pouvoirs au ministère et d'accroître ceux des directions d'écoles.
    Or ce dernier point est primordial : plus le pouvoir du ministère et de la direction s'accroît, moins la démocratie scolaire est respectée.

    Ceux de mes actuels collègues à la direction d'établissements scolaires qui pratiquent une gestion collégiale et dont le rôle est davantage de catalyser la dynamique propre au milieu et de l'aider à se coordonner le savent : c'est l'école, ni eux ni le ministre, qui doit avoir plus de pouvoirs.

    Les parents et les intervenants devraient dire à Blais : « Ne touche pas à Notre école! »

    En outre, il serait préférable que Blais ne touche pas à l'Éducation.