Corrigera, corrigera pas?

Le SETUE doit rencontrer la direction de l’UQAM le 18 janvier.
Photo: Facebook SETUE Le SETUE doit rencontrer la direction de l’UQAM le 18 janvier.

Les étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) qui espéraient amorcer la session d’hiver en connaissant leurs notes du trimestre précédent devront prendre leur mal en patience : la reconduction vendredi de la grève des membres du Syndicat des étudiants employés de l’UQAM (SETUE) crée un flou sur la correction des examens.

C’est que les professeurs et chargés de cours qui avaient embauché des étudiants pour faire de la correction reçoivent des indications contradictoires de la part de l’UQAM, de leurs départements et de leurs syndicats. Et certains d’entre eux craignent de devenir des briseurs de grève en effectuant les tâches qui devaient revenir à des membres du SETUE.

« Le SCCUQ est outré par la position de l’UQAM qui prend en otages les enseignants et change leurs conditions de travail, a ainsi fait savoir le Syndicat des chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ). En agissant ainsi, l’UQAM adopte clairement une attitude antisyndicale que nous dénonçons. »

Après avoir recommandé à ses membres de ne pas effectuer les tâches confiées par contrat à des auxiliaires d’enseignement, le syndicat a changé son fusil d’épaule. Un passage devant la Commission des relations du travail (CRT), qui a refusé de rendre non obligatoire, dans l’immédiat, la correction des examens, l’a refroidi.

Dans l’attente d’une décision du CRT sur le fond de l’affaire, le SCCUQ a demandé à ses membres de suivre les recommandations de leurs départements respectifs. Or, « il y a un flou », a reconnu le vice-président à l’information du SCCUQ, Richard Bousquet. « Certains départements ont demandé de corriger. D’autres, non », a-t-il rapporté.

Le syndicat a aussi demandé aux chargés de cours de rapporter « tout supplément de tâche de surveillance ou de correction » et interpellé l’UQAM afin que la date de remise des notes, prévue le 7 janvier, soit repoussée.

Au service des communications de l’université, la porte-parole Caroline Tessier a déclaré au Devoir que l’UQAM allait « faire preuve de souplesse et de compréhension » quant au dépôt des notes. « On comprend que dans certains cas, ça va se prolonger », a affirmé Mme Tessier. Quant à la rémunération supplémentaire, l’administration en est à étudier la question, a-t-elle ajouté.

De son côté, le syndicat des professeurs (SPUQ) recommande toujours à ses membres de refuser d’accomplir les fonctions des salariés du SETUE. L’UQAM estime quant à elle que « les professeurs, les maîtres de langue et les chargés de cours sont responsables de la correction des travaux et examens », a rappelé Mme Tessier.

Le SETUE doit encore rencontrer la direction de l’UQAM le 18 janvier. Une assemblée générale devrait donc être convoquée dans les jours suivants.