L’Université du Québec en Outaouais blâmée

Une arbitre a servi un blâme à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) pour sa gestion du printemps érable, et la condamne à verser 26 000 $ à deux de ses professeurs.

Dans deux des quatre griefs présentés par le Syndicat des professeurs de l’UQO (SPUQO) en lien avec les bouleversements du printemps 2012, l’arbitre Francine Lamy se range derrière les enseignants.

En avril 2012, au plus fort de la crise étudiante, la Cour supérieure avait prononcé une injonction afin de forcer la reprise des cours, malgré la grève des étudiants. En réaction à cette injonction, l’UQO avait appelé en renforts la police de Gatineau dans le but de mettre en application l’ordonnance. Le professeur Thibault Martin a été arrêté par la police à l’UQO même. À l’époque, le SPUQO s’était montré solidaire des étudiants en grève, allant jusqu’à exiger la démission du recteur.

L’arbitre a accueilli en partie le grief du professeur Martin, jugeant l’UQO et son ancien recteur Jean Vaillancourt « responsable[s] des préjudices causés » au professeur. Il ordonne à l’établissement de verser 25 000 $ à l’enseignant, également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance autochtone du territoire, « pour compenser les préjudices non pécuniaires pour atteinte à sa réputation ».

Le recteur Vaillancourt avait commenté l’arrestation de M. Martin alors qu’il « ne savait rien de [sa] conduite et des circonstances de son arrestation ». Il a pourtant approuvé « sans réserve l’intervention de la police » à l’intérieur de l’UQO.

« Le recteur a ainsi fait preuve de négligence et d’imprudence, d’autant plus qu’il n’est pas sans connaître l’importance de la réputation pour un professeur d’université de renommée internationale dans son champ d’expertise. »

Pas d’excuses

L’arbitre a rejeté la plus importante revendication du syndicat, qui réclamait 109 000 $ pour des préjudices vécus par divers professeurs. La maison d’enseignement gatinoise n’aura pas non plus à formuler des excuses publiques pour ses actions du printemps 2012.

L’UQO soutient « prendre acte » de la décision. « Il faut rappeler que c’est une situation encore jamais vue dans l’histoire du Québec qui a été vécue à l’UQO en avril 2012, alors qu’une injonction demandée par des étudiants visait l’ensemble des activités de l’établissement et sommait les dirigeants de faire respecter les ordonnances du tribunal. »

Me Lamy ne déclare pas l’établissement responsable de tous les préjudices subis par les professeurs. « La présence des escouades anti-émeutes du Service de police de Gatineau et de la Sûreté du Québec n’est pas la conséquence directe de la demande d’assistance signée par le recteur, mais de l’intensification significative des manifestations, écrit Me Lamy. Je conclus que ces interventions auraient eu lieu, même si le recteur n’avait pas signé de demande d’assistance. »