La Commission des relations du travail est sollicitée

Les professeurs et chargés de cours devraient-ils corriger les examens de fin de sessions de leurs étudiants comme leur demande l’UQAM ou, ce faisant, deviendront-ils briseurs de grève?
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les professeurs et chargés de cours devraient-ils corriger les examens de fin de sessions de leurs étudiants comme leur demande l’UQAM ou, ce faisant, deviendront-ils briseurs de grève?

Pris entre l’arbre et l’écorce, les enseignants de l’UQAM demandent l’intervention immédiate de la Commission des relations du travail (CRT) dans le dossier de la grève des étudiants-employés, qui dure depuis près de deux semaines, en pleine fin de session.

Les professeurs et chargés de cours devraient-ils corriger les examens de fin de sessions de leurs étudiants comme leur demande l’UQAM ou, ce faisant, deviendront-ils briseurs de grève ? Depuis le début du conflit de travail opposant l’établissement aux 3000 membres du Syndicat des étudiants employés (SETUE), plusieurs hésitent devant les renseignements contradictoires qui émanent de toutes parts.

La supervision des examens est quelquefois effectuée par des étudiants-employés, en plus des enseignants. Et des correcteurs effectuent souvent l’évaluation des travaux et examens de fin de session avant de les soumettre au professeur donnant le cours. La grève des membres du SETUE survient donc à une période névralgique.

Dans plusieurs communications avec ses employés, la direction de l’UQAM soutient que « l’enseignant est responsable de remettre les notes », et donc que c’est à lui d’effectuer la correction. Dans le cas où la supervision d’examen ne peut être assurée uniquement par l’enseignant, par exemple lorsqu’il s’agit de classes composées de plusieurs dizaines d’étudiants, la direction sera appelée en renfort. « Ce sont les cadres qui vont faire ce travail-là », explique la porte-parole Jenny Desrochers.

Lectures divergentes

Le SETUE a reconnu pour sa part, il y a cinq jours, que cela « fait partie de leur description de tâches et ils et elles sont en droit de faire la correction des travaux et examens de leur cours, et ce, même si un auxiliaire avait été embauché pour l’exécution de ces tâches », mais les professeurs et chargés de cours n’ont pas la même lecture de la situation.

« Aujourd’hui [mercredi], à la CRT, on demande d’avoir un éclairage. Nos membres sont coincés, sur les plans éthiques et pratiques. On espère avoir une réponse le plus tôt possible », explique Marie Blais, présidente du Syndicat des chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ). Les syndicats des professeurs et des chargés de cours ont présenté ensemble cette demande.

Les syndicats désirent obtenir de la CRT une ordonnance à l’égard de l’UQAM en vertu de l’article 109.1 du Code du travail, qui encadre l’utilisation des services d’un salarié qu’il emploie pour remplir les fonctions d’un salarié faisant partie de l’unité de négociation en grève.

Le Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue du Devoir.