Entente sectorielle en éducation

La FSE regroupe près de 62 000 enseignants répartis aux quatre coins du Québec.
Photo: Annick MH De Carufel Le Devoir La FSE regroupe près de 62 000 enseignants répartis aux quatre coins du Québec.

Après le milieu de la santé et certains fonctionnaires, un premier regroupement syndical de l’enseignement est parvenu à une entente sectorielle avec le gouvernement du Québec, lundi.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) ont conclu une entente partielle avec Québec lundi matin, au terme d’une longue nuit de négociations. Le projet d’entente de principe devait être présenté aux délégués syndicaux en soirée. Les syndicats réagiront publiquement ce mardi au projet d’entente et n’ont rien laissé filtrer des éléments qu’il contient.

Les parents francophones de la région de Montréal ne devraient toutefois pas pousser un soupir de soulagement. Les enseignants de la métropole sont membres non pas de la FSE, mais de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), dont les négociations en sont à un point mort depuis de nombreuses semaines.

La Fédération autonome de l’enseignement, qui regroupe environ 36 000 membres, surtout dans la région de Montréal, demeure toujours à couteaux tirés avec le gouvernement, après une grève de trois jours la semaine dernière. La FAE avait quitté la table de négociations en novembre et les tentatives de rapprochement ont jusqu’à présent été vaines.

Divisions

 

La FSE, quant à elle, regroupe 65 000 enseignants, tandis que l’APEQ représente les 8000 enseignants des écoles anglophones.

Réagissant à l’entente entre la FSE et le gouvernement, le président de la FAE, Sylvain Mallette, s’est dit « prêt à négocier ». « Mais ça doit se faire par l’ajout de ressources », a-t-il ajouté, sur les ondes du 98,5FM. En entrevue avec Le Devoir la semaine dernière, le vice-président de la FAE, Alain Marois, avait estimé que le gouvernement tentait de « jouer une organisation syndicale contre l’autre » dans ses négociations avec la FSE et la FAE. « Est-ce qu’on tente d’en arriver à une entente avec cette organisation qui a moins de demandes, qui demande moins, pour ensuite imposer ces changements à nous autres ? Le gouvernement essaie toujours de nous diviser, de nous mettre en opposition », avait-il déploré.

La Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur a elle aussi achevé ses négociations sectorielles. La présidente de la FPSES-CSQ, Anne Dionne, soutient que la négociation a été ardue pour l’organisation, qui compte près de 5000 membres oeuvrant dans 16 établissements collégiaux et universitaires.

Avec ces ententes sectorielles — touchant les éléments non salariaux, tels que les horaires et la précarité d’emploi —, le nombre d’employés de l’État toujours à la table de négociations s’établit désormais à près de 145 000, sur 550 000. Selon toute vraisemblance, les négociations aux tables centrales, qui portent sur des éléments tels que les salaires et les régimes de retraite, devraient aller en s’accélérant.

Les camps d’été durement touchés par la grève des professeurs

L’annonce d’un accord sectoriel entre le gouvernement du Québec et certains de ses enseignants tombe à point pour les 58 camps qui offrent des classes nature et qui sont membres de l’Association des camps du Québec (ACQ). Ces camps, dont la majorité est à but non lucratif, désespéraient de voir Québec signer une entente avec les enseignants, car leur survie est mise en péril par le boycottage des activités scolaires telles que les classes nature, a expliqué lundi au Devoir le directeur général de l’ACQ, Éric Beauchemin. Plus du tiers de ces camps tirent de 30 % à 50 % de leurs revenus annuels de ces activités. Pas moins de 11 camps se disaient ainsi « mis en péril » par les moyens de pression, puisque les revenus des classes nature permettent d’assurer la pérennité des camps d’été.

À une époque où la question de la sédentarité des jeunes est sur toutes les lèvres, il est indispensable que ces activités reprennent le plus vite possible, selon M. Beauchemin.

En 2005, lors du précédent conflit de travail avec les enseignants, le gouvernement du Québec avait indemnisé les camps. C’est le souhait de M. Beauchemin qu’une telle indemnisation soit offerte à nouveau, pour compenser les pertes financières de nombreux camps.


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