L’UQAM demande un conciliateur

Les quelque 3000 membres du Syndicat des étudiants employés de l’UQAM ont mis leurs menaces à exécution lundi matin.
Photo: Facebook SÉTUE Les quelque 3000 membres du Syndicat des étudiants employés de l’UQAM ont mis leurs menaces à exécution lundi matin.

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a demandé lundi soir au ministère du Travail de nommer un conciliateur dans le conflit de travail qui l’oppose à ses quelque 3000 étudiants employés, au terme d’une journée marquée par le blocage de nombreux pavillons au moyen de piquets de grève.

La grève illimitée étant déclenchée, plusieurs centaines d’étudiants employés de l’UQAM ont manifesté lundi, bloquant l’accès à des pavillons et perturbant par le fait même la fin de session de milliers d’étudiants, les syndicats des professeurs et des chargés de cours ayant invité leurs membres à respecter la grève des travailleurs étudiants. Ceux-ci assurent diverses fonctions essentielles : auxiliaire, moniteurs, démonstrateurs, etc.

« Tant que l’UQAM ne bougera pas sur des clauses importantes telles que les salaires, nous resterons en grève. Du piquetage est prévu mardi, et nous tiendrons également un conseil de grève à 10 h pour décider la suite des moyens de pression », a expliqué la responsable des communications du syndicat, Annabelle Sirois. Il s’agirait toutefois de piquetage « symbolique », ce qui signifie que les cours pourront avoir lieu.

« Mépris »

Les membres du Syndicat des étudiants employés de l’UQAM (SETUE) sont sans convention collective depuis le 31 décembre 2013. Mme Sirois déplore le fait que l’établissement fasse « stagner » les discussions depuis de nombreux mois, selon elle. « Un étudiant au baccalauréat va gagner 13 $ l’heure, tandis qu’un étudiant à la maîtrise gagnera 21 $, et un étudiant au doctorat, 23 $, et ce, pour le même travail. Ça n’a tout simplement pas de bon sens », dit-elle, parlant de « mépris ».

En novembre, les employés étudiants avaient voté dans une proportion de 85 % en faveur de la grève de fin d’année, une tactique considérée comme « stratégique » par le SETUE puisque la fin de session permet de mettre une pression « considérable » sur l’administration.

Devant ces tactiques et dans le but de « favoriser un règlement de la négociation », l’UQAM demande maintenant à Québec de nommer un conciliateur. La conciliation — à ne pas confondre avec l’arbitrage — est menée par un tiers neutre en vue d’aider les parties à conclure entre elles une entente négociée. « À cette étape-ci de la négociation, la conciliation apparaît en effet comme le moyen le plus approprié en vue d’un règlement satisfaisant », soutenait le vice-recteur André Dorion dans une note envoyée à la communauté universitaire en soirée.

Ce n’est que le 23 septembre que le syndicat a déposé ses demandes financières, selon l’UQAM. « Le 25 novembre, l’UQAM a procédé au dépôt de ses offres financières. Lors de la séance de négociations suivante, le 3 décembre, la partie syndicale a déposé une contre-offre, mais un mandat de grève illimitée a été voté ce jour-là, sans même que l’UQAM ait [eu] la possibilité de déposer de nouvelles offres », a affirmé la porte-parole Jenny Desrochers.

5 commentaires
  • Sylvain Dionne - Inscrit 7 décembre 2015 18 h 34

    L'UQAM a la gachette facile pour augmenter les salaires des cadres

    Encore des mensonges de la part de la direction de l'UQAM qui a laissé traîné pendant deux ans le dossier et qui voudrait nous faire croire qu'elle aurait fait un cadeau de Noël surprise à ses "ingrats" d'étudiants-employés? Quelle mauvaise foi!!!

    Il ne faut pas oublier que les étudiants-employés aident grandement à synthétiser la matière et que certains professeurs se fient à eux pour transmettre également de la matière à leur place. En fait, ils font vraiment une différence dans la réussite d'un cours. Je trouve scandaleux un salaire (à temps très partiel en plus) de 13$ pour des tâches aussi complexes (préparation d'ateliers avec révision de la matière, correction des travaux pour des classes comptant souvent plus de 80 étudiants, cette dernière étant considérée comme une vraie torture par les professeurs eux-mêmes, etc.).

    En effet, c'est du mépris de la plus basse catégorie! Pendant ce temps, les gestionnaires ont déjà probablement dépensé leur bonus et leur augmentation de salaire (laquelle n'a pas traînée à se concrétiser) dans l'achat de biens de luxe... Encore plus méprisant si on tient compte du fait que le maigre 13$ de l'heure permet d'arrondir les fins de mois des étudiants en comparaison, ceux-ci devant sacrifier un temps précieux qu'ils pourraient destiner à leurs études! Ce n'est pas loin de l'esclavage considérant la plus-value qu'ils apportent.

    On voit où se trouve les priorités de la gestion! Sûrement pas d'assurer la qualité de la formation! Et en passant, je suis directement concerné en ayant à subir les conséquences de cette grève (en tant qu'étudiant et surtout client, strictement) dont j'attribue la cause à la gestion de l'UQAM à 100%! Après cela, le recteur se permet de crier au scandale concernant la baisse du nombre d'inscriptions... Bien vous connaissez la vraie raison maintenant.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 8 décembre 2015 08 h 55

    Youpi, une journée de congé full payée...

    Non mais quel courage que cette appui aux grévistes ! ...

    • Sylvain Dionne - Inscrit 8 décembre 2015 09 h 18

      Journée payée par les étudiants en grève... Les professeurs et chargés de cours doivent se présenter au travail quand-même malgré l'appui aux employés étudiants! En fin de session, il y a fort à parier qu'ils sont en train de préparer les examens. Donc, pas de congé. Non mais quel courage d'émettre une opinion sans réfléchir...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 décembre 2015 18 h 18

      Il faudrait que nous donner plus de détails m. Dionne sur ce que veux dire
      «les syndicats ... ayant invité leurs membres à respecter la grève»

      C'est quoi le respect de grève ? Travailler a distance ?

  • Pascal Cauden - Inscrit 9 décembre 2015 11 h 27

    Comme toujours, taper sur les profs et les étudiants est populaire au Québec. Tout le monde le sait, ces gens sont des fainéants avec trop de vacances... Cependant, M. Arès, il représente l'avenir de notre société et de notre économie. Enfin peut-être pas, parce qu'à force de se faire taper dessus ils vont finir par partir voir ailleur en nous laissant mourrir à petit feu dans notre stupidité inculte collective.