Trois autres jours de grève envisagés

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, a rencontré la presse, lundi à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de la FAE, Sylvain Mallette, a rencontré la presse, lundi à Montréal.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) brandit la menace d’une nouvelle grève de trois jours les 9, 10 et 11 décembre, si le gouvernement ne renonce pas à sa volonté de « signer une entente à coût nul ».


Ce nouveau débrayage doit cependant être accepté par les huit syndicats de la FAE lors d’assemblées générales cette semaine, a indiqué son président Sylvain Mallette. En marge d’un rassemblement de plus de 600 délégués, il a insisté sur la capacité du gouvernement à élargir son cadre financier : « S’il y a de l’argent pour Bombardier, il y en a pour l’école publique. »


M. Mallette avait en mains la proposition que la FAE souhaite déposer auprès du gouvernement pour relancer les négociations. Sans vouloir la chiffrer ou la détailler, il a assuré qu’elle permettait « à la partie patronale autant que celle syndicale de faire des gains ». Elle ne sera cependant pas présentée tant que le gouvernement ne lèvera pas la condition de renégocier les contrats de travail sans coût supplémentaire, a-t-il répété.


Plus tôt en matinée lundi, quelques centaines de délégués syndicaux de la FAE se sont rassemblés devant les bureaux du Parti libéral du Québec à Montréal. Se disant « en colère devant l’entêtement du gouvernement », le président de la FAE l’a exhorté à trouver les fonds nécessaires pour bonifier les contrats de travail des enseignants. « Il est le seul à croire qu’il n’y a pas d’argent », a-t-il dénoncé, en citant « le surplus de 1,2 million de dollars dégagé par Québec, les 421 millions de dollars de plus pour rémunérer les médecins spécialistes » ainsi que les hausses des salaires des députés.


« La pire des solutions »


« Le gouvernement se prive d’un règlement » en ne dérogeant pas aux propositions déjà sur la table, a soutenu M. Mallette, allant jusqu’à y déceler une volonté d’imposer les contrats de travail par décret. En réponse aux questions des journalistes lors d’une visite à Saguenay, le premier ministre Philippe Couillard a exclu l’adoption d’une loi spéciale, « la pire des solutions ». Il a aussi affirmé qu’il était optimiste quant à l’avancement des négociations du secteur public, rapporte Radio-Canada.


Selon M. Mallette, l’appui de la population se serait encore raffermi depuis le 3 novembre, date à laquelle la FAE s’est retirée de la table de négociation sectorielle. Elle y négocie les conditions de travail et d’apprentissage, autres que le salaire et la retraite, de 34 000 enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire, dont ceux de la Commission scolaire de Montréal. Les propositions initiales de Québec à cette table comprenaient l’augmentation du nombre d’élèves par classe pour certains cycles d’études ainsi qu’une semaine de travail prolongée de 32 à 35 heures pour les enseignants. Le comité patronal a maintenant retiré ces demandes.


Environ le tiers des enseignants est affilié à la FAE, les deux autres tiers étant plutôt regroupés sous l’égide de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), rattachée au Front commun.


Mercredi dernier, ce front intersyndical a présenté une contre-proposition au président du Conseil du trésor, en suspendant sa dernière série de jours de grève afin de démontrer sa bonne foi. Martin Coiteux l’avait immédiatement qualifiée « d’inacceptable » et avait déclaré être « à des années-lumière » de s’entendre. Le débrayage du Front commun, prévu les 1er, 2 et 3 décembre, reste cependant en suspens.

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