Un baccalauréat international en sciences humaines voit le jour

Martine Letarte Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le programme de baccalauréat international (BI) en sciences humaines démarrera l’automne prochain au Cégep André-Laurendeau. En ce moment, à Montréal, ce programme est seulement offert par Brébeuf, un établissement privé.

Davantage de cours en environnement, en politique et en histoire mondiales, une implication dans la communauté à l’extérieur des heures de cours selon les intérêts des étudiants, un voyage de coopération internationale : voici les activités et le contenu distinctifs du BI en sciences humaines au collégial. Pour plusieurs, c’est la suite logique du programme d’éducation intermédiaire (PEI) du BI offert dans plusieurs établissements d’enseignement secondaires au Québec. Le BI en sciences humaines est-il seulement destiné aux premiers de classe ? « C’est un programme rigoureux dans lequel on ne peut pas couper les coins ronds, mais c’est surtout un programme où se trouvent à travailler ensemble des étudiants forts et motivés qui s’alimentent mutuellement », explique Daniel Stewart, coordonnateur du BI au Cégep André-Laurendeau.

Quant aux notes, une moyenne de 75 % est exigée et pour les étudiants du BI au secondaire, les conditions d’admission sont plus souples.

Le programme BI a sa structure, mais chaque établissement lui donne sa couleur. « Nous sommes en train de finaliser notre cheminement sciences humaines », indique Marie-Pierre Blanchard, membre du comité d’élaboration et professeure de géographie au Cégep André-Laurendeau qui enseignera dans le programme l’an prochain.

Le contenu

Dans le cadre de leurs cours, les étudiants seront amenés sur le terrain. « Le Cégep André-Laurendeau est à proximité du fleuve Saint-Laurent et du parc Angrignon, alors les étudiants pourraient par exemple y faire des observations, prendre des données et les analyser pour les cours dans le domaine de l’environnement », illustre Mme Blanchard.

En politique mondiale, les étudiants devront travailler sur des études de cas de leur choix liées à l’actualité et le tout sera inséré dans le contexte international.

Les étudiants ont aussi un mémoire à rédiger lors de leur deuxième année d’études, sous la supervision d’un enseignant. « Ce travail d’envergure les prépare aux études universitaires », affirme Daniel Stewart.

Quant au taux de succès des étudiants, le Cégep André-Laurendeau a connu trois cas d’échec seulement avec son BI en sciences de la nature, qui existe depuis 1993. « Les étudiants sont bien préparés aux examens et l’enseignement est très solide, notamment grâce à la formation que reçoit le corps enseignant du BI à différents endroits dans le monde », explique M. Stewart, lui-même un formateur accrédité BI.

Les étudiants du BI au Cégep André-Laurendeau évoluent en cohorte fermée : ils suivent leurs cours ensemble pour toute la durée du programme afin de favoriser la création de liens forts entre eux.

Voyage de coopération internationale

Dans leur deuxième année d’études collégiales, les étudiants réalisent un voyage de coopération internationale lié au programme d’études. Depuis deux ans, les élèves du BI en sciences de la nature du Cégep André-Laurendeau se rendent au Nicaragua pour travailler avec une association de femmes active principalement dans le domaine de l’agriculture. « Elles ciblent des enjeux et nous essayons de trouver des solutions avec elles, explique Daniel Stewart. Cette année, il sera question de cuisson des aliments. Elles cuisinent dans la maison, à feu ouvert, et cela rend la qualité de l’air très mauvaise. On veut concevoir des fours extérieurs efficaces qui brûlent moins de bois. C’est lié au contenu des cours de chimie et de biologie du programme de sciences de la nature. Si les étudiants du BI en sciences humaines décident de se joindre à eux, ils développeront un volet lié aux sciences humaines. »

Pendant treize ans, les étudiants du BI en sciences de la nature sont allés dans une communauté en Équateur. « Notre projet a pris fin parce que la communauté n’avait plus besoin de nous, alors c’est mission accomplie », se réjouit le coordonnateur.

Chaque groupe d’étudiants doit préparer son voyage et réaliser des activités de financement pour payer une part des frais associés à ce projet à l’international.

Reconnu dans les universités

Les étudiants du nouveau BI en sciences humaines obtiendront deux diplômes : un en sciences humaines du Cégep André-Laurendeau et le BI afin d’ouvrir des portes à l’international. La formation est reconnue dans 141 pays, et certains diplômés du BI du Cégep André-Laurendeau avec d’excellentes notes ont déjà reçu des bourses pour poursuivre leurs études dans de prestigieuses universités américaines.

Les étudiants peuvent d’ailleurs opter pour un profil d’anglais enrichi et obtenir un diplôme avec la mention bilingue.

Les universités québécoises bonifient pour leur part la cote R des diplômés du BI pour tenir compte des forces du programme. « L’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université Laval et l’Université Concordia font un calcul particulier appelé cote de rendement collégial BI, indique Daniel Stewart. À travers le Québec, cette méthode de calcul ajoute en moyenne 1,3 à la cote R de chaque étudiant. McGill bonifie pour sa part automatiquement de 0,5 la cote R de chaque diplômé du BI. »

Les frais

Puisque le Cégep André-Laurendeau est un établissement public, les étudiants payent les mêmes frais d’inscription que pour les autres programmes, en plus de frais annuels de 700 $ pour l’accréditation BI.

Puis, pour la deuxième année d’études, des frais de 1200 $ sont exigés pour les examens. Les étudiants réalisent leurs examens à leur cégep, mais pour assurer une uniformité, ils sont corrigés dans d’autres établissements du réseau. « Le programme a donc vraiment le même guide pédagogique, indique M. Stewart, et les mêmes critères de correction d’un établissement à un autre, d’un pays à un autre. »