Du renouveau à la maîtrise en cinéma

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Une option en études du jeu vidéo va être offerte aux étudiants à la maîtrise en cinéma à l’UdeM.
Photo: Francois Mori Associated Press Une option en études du jeu vidéo va être offerte aux étudiants à la maîtrise en cinéma à l’UdeM.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Entre trente et quarante étudiants s’inscrivent chaque année à la maîtrise en cinéma offerte au département d’histoire de l’art et des études cinématographiques de l’Université de Montréal. En plus de l’option générale, qui comprend la rédaction d’un mémoire, habituellement sur une notion théorique du cinéma, trois nouvelles options s’offrent maintenant à eux : l’option en études du jeu vidéo, l’option en cheminement international et l’option en recherche-création.

« Nous offrons déjà une mineure en études du jeu vidéo au baccalauréat et il était logique de poursuivre, explique Marion Froger, professeure agréée au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques et responsable des études supérieures en Cinéma et jeu vidéo. C’est que nous considérons, à l’Université de Montréal, le cinéma et le jeu vidéo comme des disciplines connexes. Le jeu vidéo, tout comme le cinéma, se construit sur du son et des images en mouvement, les images du jeu vidéo s’apparentent à celles du cinéma d’animation. De plus, le jeu vidéo est scénarisé et s’appuie aussi sur la notion de récit, chaque niveau du jeu constituant un petit récit en soi. »

L’option en cheminement international ne présente pas, sur le plan des sujets approchés, beaucoup de différences avec l’option générale, mais elle est plus exigeante. « Cette option est réservée aux étudiants les plus performants au niveau du baccalauréat, poursuit Marion Froger. Seuls ceux qui ont une moyenne de points de 3,6 y ont accès tandis que, pour s’inscrire aux autres options, une moyenne de 3,2 points suffit. » Cette option permet toutefois à l’étudiant de se confronter à d’autres cultures et traditions, ce qui peut évidemment mener à de nouveaux sujets de recherche. « Les étudiants doivent passer deux sessions de cours à l’étranger. Nous avons présentement des ententes avec 14 universités européennes, en France évidemment, mais aussi en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Hollande et en Espagne. Récemment, une université brésilienne nous a indiqué son intérêt à se joindre à notre réseau et nous avons entrepris des démarches auprès d’universités américaines. »

 

L’option recherche-création

L’option recherche-création cherche à tisser un lien entre l’étude théorique du cinéma et la pratique créative. « L’étudiant doit proposer un projet de recherche qui mènera à la rédaction d’un mémoire de cinquante pages et il doit aussi proposer un projet de création », explique Isabelle Raynauld, professeure titulaire et responsable de la section Cinéma et jeu vidéo sous laquelle tombe l’option recherche-création.

Le choix du style de projet créatif est plutôt vaste. « Il peut s’agir de la réalisation d’un court métrage de fiction ou d’un documentaire, ou de la rédaction d’un scénario, poursuit Isabelle Raynauld. Mais cela peut aussi être une websérie ou un webfilm. Nous sommes ouverts à toutes les plateformes des nouveaux médias. Ça pourrait même être une installation sonore ou visuelle, peu importe. La seule exigence, c’est que le projet de création doit être arrimé au sujet du projet de recherche. »

Cela donne quoi dans la réalité ? « J’ai une étudiante qui a fait son mémoire sur le rôle et le travail du premier assistant-réalisateur au cinéma. Son projet de création est la réalisation d’un documentaire où elle a interviewé plusieurs premiers assistants-réalisateurs québécois qui parlent de la manière dont ils perçoivent leur travail et leur métier. J’ai une autre étudiante dont le projet de création était la rédaction d’un scénario de long métrage dont l’histoire se déroule dans la Petite-Italie des années 1930 et 1940. Son mémoire était une étude sociologique de ce milieu à cette époque. »

Une approche particulière

Le département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal a développé une approche particulière en matière d’enseignement du cinéma. « Nous ne faisons pas de distinction entre l’étude théorique du cinéma, comme l’histoire du cinéma, par exemple, et la pratique cinématographique, précise Marion Froger. Les deux parcours sont obligatoires. »

Et Isabelle Raynauld de renchérir : « C’est faux de croire que nous ne faisons pas de films à l’Université de Montréal. C’est tout le contraire. Nos étudiants sont plongés dans la pratique cinématographique dès la première session du baccalauréat. Ils doivent suivre des ateliers de scénarisation, de direction photo, de montage et de prise sonore et de mixage. Tous les aspects pratiques du métier sont abordés. De plus, les étudiants ont des projets de réalisation de films et ce sont les autres étudiants qui occupent les différents postes, selon leurs goûts et leurs expériences. »

À cette fin, le département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques est très bien équipé. « Nous disposons de caméras 16 mm et Super 16 ainsi que de caméras numériques HD, poursuit Isabelle Raynauld. Nous avons plusieurs salles de montage numérique, de l’équipement d’éclairage et d’appoint, des microphones et enregistreuses et un studio de mixage. Nous disposons de tout l’équipement nécessaire pour réaliser un film. »

Cette double approche a le mérite de préparer l’étudiant à de multiples débouchés. Pour certains, les études cinématographiques, puisque c’est cela qui les intéresse, permettront d’accéder au milieu professionnel de la production cinématographique. Pour d’autres, les études cinématographiques mèneront plutôt à travailler en périphérie de la production cinématographique, dans le domaine de la recherche, de l’enseignement, de la programmation et même de la critique cinématographique. « Notre approche où le théorique et le pratique se côtoient tout au long de la formation permet de donner à nos étudiants une connaissance très complète du cinéma », résume Isabelle Raynauld.