Des étudiants «militants» au C. A. de l’UQAM

Le climat tendu des derniers mois a nui à l’UQAM, qui a subi une baisse de 2,2 % de ses inscriptions pour la session automne-hiver, selon des chiffres transmis jeudi au «Devoir». 
Photo: Hussein Abdallah / CC Le climat tendu des derniers mois a nui à l’UQAM, qui a subi une baisse de 2,2 % de ses inscriptions pour la session automne-hiver, selon des chiffres transmis jeudi au «Devoir». 

Les deux étudiants nouvellement élus au conseil d’administration de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) affirment qu’une brisure s’est installée entre l’administration du recteur Robert Proulx et le reste de la communauté universitaire.

Nadia Lafrenière et Samuel Cossette, élus au CA le 15 octobre, font partie des contestataires qui ont perturbé la session du printemps dernier en manifestant contre « l’austérité ». Ils comptent talonner la direction de l’UQAM sur les coupes budgétaires, les négociations en cours avec les syndicats de l’enseignement et la surveillance accrue des étudiants sur le campus, notamment par des caméras vidéo.

« L’administration est isolée. Elle n’a pas d’appuis dans la communauté étudiante », dit Samuel Cossette au Devoir. Il dit parler au nom des étudiants même si à peine 3,56 % des 43 847 étudiants ont voté, entre le 5 et le 15 octobre. Comme dans toutes les élections à l’UQAM, le vote s’est déroulé via le site Web Omnivox.

Samuel Cossette et Nadia Lafrenière remplacent les étudiants Justine Boulanger et René Delvaux, expulsés du CA dans la foulée des manifestations des derniers mois. Mme Boulanger a même été suspendue de l’UQAM pour un an après avoir organisé une levée de cours. Samuel Cossette, lui, a reçu un avertissement du comité de discipline de l’université pour sa participation aux protestations étudiantes.

L’étudiant en communication soutient que les compressions budgétaires se font sentir à l’UQAM. Lui-même auxiliaire de recherche, il indique qu’ils étaient 3 pour 40 étudiants dans son groupe, à la dernière session. Il est maintenant le seul auxiliaire pour 58 étudiants. Les professeurs et chargés de cours se plaignent aussi de la hausse du nombre d’étudiants par classe.

Le climat tendu des derniers mois a nui à l’UQAM, qui a subi une baisse de 2,2 % de ses inscriptions pour la session automne-hiver, selon des chiffres transmis jeudi au Devoir. La chute a été de 10,9 % pour les nouvelles inscriptions au baccalauréat, indique l’UQAM. Au troisième cycle, une hausse des inscriptions de 11,8 % a tout de même été enregistrée. Les inscriptions restent stables au deuxième cycle.

Climat plus calme

 

Le recteur Robert Proulx avait reconnu que les tensions nuisent aux efforts de l’université pour attirer de nouveaux étudiants, dans une note de service diffusée cet automne et dont Le Devoir a fait état le mois dernier. Le climat redevient plus calme, estime Jenny Desrochers, porte-parole de l’UQAM. L’université mise entre autres sur la journée portes ouvertes de ce samedi pour recruter des cégépiens. Entre 4000 et 5000 étudiants et leurs parents sont attendus pour la visite de l’université.

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