La CSDM fait fondre son déficit

Des analyses pointues menées au cours des derniers mois ont permis à la CSDM de mieux comprendre d’où proviennent ses revenus et ses dépenses pour chaque catégorie de formation.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Des analyses pointues menées au cours des derniers mois ont permis à la CSDM de mieux comprendre d’où proviennent ses revenus et ses dépenses pour chaque catégorie de formation.

L’hémorragie se poursuit à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), mais elle sera moins sévère qu’escomptée. La plus grande organisation scolaire au Québec a révélé mercredi qu’elle limitera son déficit budgétaire pour l’année 2014-2015 à 11 millions de dollars, bien en deçà des 29,4 millions prévus en début d’année.

Depuis le dépôt d’un rapport dévastateur de la firme Raymond Chabot Grant Thornton, en avril dernier, la CSDM a redoublé d’efforts afin de revoir ses pratiques, ses dépenses et sa structure en vue de devenir plus efficace, a réitéré mercredi la présidente, Catherine Harel Bourdon. La commission a également pu compter sur certains éléments circonstanciels — températures plus clémentes l’hiver dernier, inscriptions plus hautes que prévu dans la formation générale des adultes ou en formation professionnelle, etc. — pour l’aider dans sa quête de l’équilibre budgétaire. « Globalement on est satisfaits des résultats, mais on est conscients qu’ils comprennent peu d’éléments récurrents. Les défis sont aussi grands pour 2015-2016 et 2016-2017 », a confié Mme Harel-Bourdon.

Des analyses pointues menées au cours des derniers mois ont permis à la CSDM de mieux comprendre d’où proviennent ses revenus et ses dépenses pour chaque catégorie de formation — préscolaire, primaire, secondaire, élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), etc. Sans surprise, les programmes particuliers, comme ceux venant en aide aux EHDAA, figurent parmi les services les plus coûteux, les plus en croissance et les plus difficiles à prévoir. « Quand les difficultés se manifestent, il faut y voir le plus tôt possible, on ne peut attendre, même si ce n’était pas prévu dans les budgets », illustre la présidente. La diversité socio-économique et démographique de la clientèle des écoles montréalaises n’est pas suffisamment prise en compte par le gouvernement du Québec au moment d’octroyer les ressources aux commissions scolaires, ajoute-t-elle.

Le ministre de l’Éducation, François Blais, a accueilli ces informations avec prudence. « C’est certainement une bonne nouvelle que la situation financière s’améliore. Cependant, il faut rappeler que dans le passé, la CSDM avait accumulé des déficits importants. Elle doit donc poursuivre son travail en ce sens », a indiqué la porte-parole Julie White.

Réinvestir dès 2018

La CSDM prévoit quoi qu’il en soit d’émerger du déficit budgétaire à partir de 2017-2018. Et déjà, Mme Harel Bourdon parle de « réinvestir » en éducation. « Notre but est simple : dégager des sommes lorsque nous aurons retrouvé l’équilibre budgétaire, pour les réinvestir dans les services aux élèves. […] On peut bien aligner les colonnes de chiffres, mais il ne faut pas oublier notre mission première. »

D’ici là, la CSDM soutient poursuivre le travail de modernisation qui s’impose. Le rapport Raymond Chabot Grant Thornton proposait un calendrier précis afin de procéder au redressement de l’organisme public, échelonné sur 120 jours. La CSDM a soumis un premier plan de 30 jours au ministère de l’Éducation et devrait entreprendre sa mise en oeuvre sous peu.

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