«Encore loin du compte» dans les négos en éducation

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ)
Photo: FSE-CSQ Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ)

Malgré des « progrès encourageants » dans les négociations entre Québec et ses milliers d’enseignants, ceux-ci sont encore très loin d’en arriver à une entente avec leur employeur, ont-ils insisté jeudi. La menace d’une grève pèse toujours pour la fin octobre dans de nombreuses écoles.

Le gouvernement Couillard a mis de côté plusieurs des revendications patronales qui avaient poussé les syndicats à quitter la table de négociation plus tôt ce mois-ci. Dans l’objectif d’en arriver à une entente négociée avec ses enseignants d’ici la publication d’une mise à jour économique par le ministre des Finances, Carlos Leitão, à la fin du mois de novembre, Québec accepte de ne pas faire passer de 32 à 35 heures la semaine de travail du personnel enseignant. Les libéraux plient également en ce qui a trait à l’augmentation proposée du ratio maître-élèves de la 4e à la 6e année, et maintiendront les « annexes » qui permettent de débloquer des effectifs additionnels pour le soutien aux élèves en difficulté, ont expliqué des sources syndicales au Devoir.

Ces progrès sont encourageants, ont reconnu les deux regroupements syndicaux de l’éducation, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE). « Après avoir reçu un dépôt patronal tout à fait inacceptable à la fin septembre, nos syndicats ont accepté de travailler à une relance des négociations la semaine dernière. Il nous reste énormément de chemin à faire. On est très loin du règlement, mais il y a des mouvements positifs à la table », estime Josée Scalabrini de la FSE-CSQ. La FAE estime quant à elle que la grève ayant rassemblé plus de 15 000 enseignants plus tôt ce mois-ci, au centre-ville de Montréal, a permis de « faire passer le message » au gouvernement. En dépit des concessions effectuées, on ne se rapproche pas d’une entente, mais plutôt du statu quo, nous dit-on. « C’est sûr que quand on enlève ce qui est le plus épouvantable, ça peut donner l’impression qu’on avance, mais on avance vers le statu quo. Et le statu quo n’est pas acceptable », a-t-on ajouté à la FAE.

Longue liste de revendications

De nombreux accrocs demeurent. Un irritant « majeur », celui de la précarité des professeurs en formation professionnelle et en formation générale des adultes, demeure, ajoute Mme Scalabrini. Ceux-ci, dans une proportion de 75 %, sont des employés non permanents, contrairement à leurs collègues du primaire et du secondaire.

La FAE se fait plus évasive. Une cinquantaine de points demeurent en suspens à l’heure actuelle. Ses 34 000 membres, dont une majorité dans la région de Montréal, projettent d’ailleurs toujours de tenir une journée de grève, en rotation, les 26, 27 et 28 octobre.

Soulignant que les négociations ont toujours cours, leslibéraux n’ont pas souhaité offrir de commentaires.

Grève des infirmières le 29 à Laval

Chose promise, chose due : les infirmières du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval tiendront une première journée de grève le 29 octobre pour dénoncer l’état des négociations dans le secteur public. C’est par de fortes majorités que les membres ont appuyé le déclenchement de six journées de grève tournante cet automne, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Malgré des progrès — les libéraux ont notamment renoncé à abolir les primes « majorées » des infirmières —, les demandes patronales, tant sur le plan financier que celui des conditions de travail, sont « absolument inacceptables », selon la CSQ. Lors des journées de grève, les services essentiels seront assurés à 90 % dans tous les centres d’activités.


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