Le programme d’éducation sexuelle est salué, mais sa mise en oeuvre soulève des questions

En 1re année, on abordera pour la première fois les agressions sexuelles, tandis qu’en 4e on traitera de la puberté.
Photo: Olivier Morin Agence France-Presse En 1re année, on abordera pour la première fois les agressions sexuelles, tandis qu’en 4e on traitera de la puberté.

Généralement bien accueilli, le nouveau programme d’éducation sexuelle qui doit être implanté dans 15 écoles cobayes québécoises cette année soulève néanmoins des questions, des intervenants craignant de voir cette matière importante négligée en raison des horaires déjà chargés en salle de classe.

Pour la première fois depuis le début des années 2000, le Québec disposera sous peu d’un programme formel d’éducation sexuelle. Même si plusieurs enfants reçoivent déjà de l’éducation à la sexualité, ce qu’ils apprennent varie d’une école à l’autre. Le projet pilote en cours d’implantation dans 15 écoles de la province prendra la forme d’ateliers ou de capsules d’information totalisant de 5 à 15 heures par année, révèlent des documents rendus publics par Québec au cours des derniers jours. Trop peu pour certains.

« Il ne s’agit pas d’un cours, ce sera à tous les enseignants d’implanter cette “ liste d’apprentissages ” dans les cours qu’ils donnent déjà, dit Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Il nous faut un programme d’éducation sexuelle en bonne et due forme. Là, on l’ajoute à un régime pédagogique bien rempli. » Idem pour la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, Nathalie Legault. « Nous avons encore des questionnements. On ne sait pas comment ce sera planifié et intégré », dit-elle.

Pour le reste, la matière enseignée semble être accueillie assez positivement. Ce programme est complet et aborde la sexualité d’une manière multidimensionnelle, progressive de la 1re année à la 5e secondaire et avec des thèmes qui apparaissent appropriés, de l’avis de Mme Legault.

Par exemple, dès la maternelle, les enfants seront sensibilisés à l’homoparentalité, et pourront nommer les différentes parties de leur corps. En 1re année, on abordera pour la première fois les agressions sexuelles, tandis qu’en 4e on traitera des changements liés à la puberté. Le sexisme et l’homophobie seront évoqués dès la 6e année, mais ce n’est qu’en 2e secondaire qu’on touchera aux infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Un peu trop tard au goût de Mme Morel, qui souligne qu’autrefois, cette notion était enseignée dès la 6e année.

Ce projet pilote est implanté dans 15 écoles du Québec dès cet automne, dans les classes de niveau 1, 3 et 5 du primaire et du secondaire. Les niveaux 2 et 4 seront visés l’an prochain. Il « pourrait être étendu » à l’ensemble des écoles en 2017, selon Québec.

À l’instar du programme ontarien mis sur place dans la controverse l’année dernière, le programme québécois semble bien adapté à son époque, ajoute Alain Gariépy, membre du conseil d’administration de l’Association des sexologues du Québec (ASQ). « Les années 2000 ont apporté une facilité d’obtenir des informations via Internet, des informations dont la qualité varie. On a vuapparaître de nouveaux phénomènes d’intimidation, parfois avec des répercussions vraiment tragiques. Les programmes d’éducation sexuelle comme celui-ci ont un rôle important à jouer », dit-il.

Un élément fait par ailleurs l’unanimité : malgré les thèmes semblables à ceux abordés dans le programme d’éducation sexuelle ontarien, il est peu probable que l’éducation à la sexualité proposée au Québec mène à l’agitation suscitée dans la province voisine. À la suite de l’implantation du programme, les parents de centaines d’élèves avaient retiré, pendant une journée ou plus, leurs enfants de leur école. De plus, des manifestations rassemblant plusieurs dizaines de manifestants, provenant notamment de groupes religieux, ont été tenues à l’Assemblée législative à Toronto. Vu l’absence totale ou presque d’éducation sexuelle dans les écoles depuis une quinzaine d’années, il existe un certain consensus quant à la nécessité d’implanter une telle formation dans les écoles depuis de nombreuses années déjà.

Une quinzaine d’écoles mèneront un projet pilote durant les années scolaires 2015-2016 et 2016-2017. Ces apprentissages pourraient être étendus à l’ensemble des écoles à partir de l’année scolaire 2017-2018.

Établissements d’enseignement publics

Commission scolaire de la Côte-du-Sud
École secondaire de Saint-Paul
École secondaire de Saint-Charles

Commission scolaire de la Beauce-Etchemin
École Barabé-Drouin

Commission scolaire des Hauts-Cantons
Polyvalente Montignac

Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île
École Jules-Verne

Commission scolaire Lester-B.-Pearson
École Riverview

Commission scolaire Eastern Shores
École Métis-Beach

Commission scolaire New Frontiers
École Howard S. Billings

Commission scolaire des Samares
École secondaire de l’Érablière

Commission scolaire du Fleuve-et-des-Lacs
École Gérard-Collin
École Georges-Gauvin
École des Moussaillons
École des Parchemins

Commission scolaire des Chic-Chocs
École Saint-Rosaire 
École de la Découverte

Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup
École Des-Vieux-Moulins
École Notre-Dame-du-Sourire 
École Riou
École secondaire de Rivière-du-Loup

Établissements d’enseignement privés

Séminaire Sainte-Marie
Collège de Lévis
École Montessori des 4 Vallées