Une manifestation éclair pour garder l’automne chaud

La porte-parole intérimaire de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante, Hind Fazazi
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La porte-parole intérimaire de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante, Hind Fazazi

Un peu plus d’une quarantaine de personnes se sont massées au square Phillips, au centre-ville de Montréal, avant de marcher une trentaine de minutes mercredi. La manifestation, organisée par l’Association syndicale pour une solidarité étudiante (ASSE), fut rapide et de petite envergure, « pour rappeler que nous ne lâcherons pas », a indiqué sa porte-parole, Hind Fazazi.

Après avoir franchi à peine un pâté de maisons, les manifestants ont été entourés par les policiers, même s’ils n’occupaient que le trottoir en scandant des slogans. Suivirent plusieurs minutes d’échanges tendus, au terme desquels le Service de police de la Ville de Montréal a finalement laissé le groupe poursuivre sa route sur la rue Sainte-Catherine. Une bifurcation sur l’avenue McGill College a permis à un petit groupe de s’introduire dans l’édifice qui abrite les bureaux du premier ministre, pour en ressortir quelques minutes plus tard.

« Le vent de droite ne passera pas », ont scandé les manifestants en bordure des rues, pendant que l’ASSE publiait des « alternatives fiscales » en ligne, des manières pour le gouvernement de remettre de l’argent dans ses coffres.

Ce genre de perturbations promet de se répéter puisque l’ASSE fait actuellement circuler un document parmi ses membres proposant une grève générale illimitée, si au moins 10 000 travailleurs et 25 000 étudiants obtiennent un mandat similaire. En entrevue au Devoir, la porte-parole a insisté sur le fait que le cahier envoyé en vue de la rencontre des 24 et 25 octobre « n’est pas complet » et que les associations locales doivent encore faire parvenir leurs propres propositions. Il est néanmoins « bien possible que la proposition de grève générale illimitée ressorte » du lot, reconnaît-elle.

Les associations étudiantes entretiennent une proximité grandissante avec les sections locales des syndicats enseignants, et ils en seront « solidaires ». La grève sociale est donc toujours d’actualité pour les étudiants, qui tenteront d’être partie intégrante d’un front uni sur des enjeux communs, dont l’austérité.

Après un printemps difficile, l’ASSE demande également à ses membres de hausser la cotisation annuelle de 3 $ à 4,50 $ par membre. Hind Fazazi présente cette augmentation comme une manière de faire face à un élargissement des adhérents, au nombre de 80 000 aujourd’hui. « Nous devons aussi faire face à la judiciarisation complètement arbitraire à cause du profilage politique dans les manifestations », ajoute-t-elle. Le comité légal de l’ASSE souhaite appuyer juridiquement ses membres, sans devoir faire des collectes de fonds « à la pièce ».

Le paysage associatif étudiant risque de changer dans les prochaines semaines. À la suite d’une vague de désaffiliations de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) au printemps dernier, deux nouvelles fédérations se préparent à voir le jour : l’Association pour la voix étudiante au Québec et l’Union étudiante du Québec.

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