L’ Institut des troubles d’apprentissage voit le jour

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
L’équipe de l’Institut des troubles d’apprentissage aux côtés du président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc (centre droit).
Photo: Nadia Zheng L’équipe de l’Institut des troubles d’apprentissage aux côtés du président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc (centre droit).

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’organisation change de nom afin de se positionner en tant que leader en matière de sensibilisation, de formation et de soutien pour la cause des troubles d’apprentissage.

Il y a 50 ans naissait l’AQETA, l’Association québécoise des troubles d’apprentissage. Cette année, l’AQETA est rebaptisée l’Institut des troubles d’apprentissage (Institut TA). Un changement de nom qui s’imposait en raison de l’évolution de la mission de l’organisme. « Au début, nous étions davantage un regroupement pour les parents d’enfants aux prises avec des défis d’apprentissage », rappelle Roger Casgrain, président du conseil d’administration de l’Institut des troubles d’apprentissage et vice-président directeur chez la firme de courtage Casgrain Compagnie Ltée.

Incontournable

Aujourd’hui, l’Institut TA est devenu un acteur incontournable dans le domaine des troubles d’apprentissage, une condition qui affecte 800 000 personnes au Québec, soit 10 % de la population. Chaque année, l’association organise un congrès sur le sujet réunissant plus de 1600 professionnels de l’enseignement, en plus d’un colloque pour les parents qui attire quelque 300 participants. « Nous oeuvrons à assurer l’égalité des chances pour les personnes qui vivent avec un trouble d’apprentissage », souligne M. Casgrain. L’Institut TA agit sur plusieurs fronts : sensibilisation, soutien à l’intégration, formation, consultation en entreprise et aide à la défense des droits. Une mission portée à bout de bras par les employés et les bénévoles, tant à Montréal que dans les antennes régionales.

Aux côtés de sa conjointe Colette Charest — qui a aussi siégé au conseil d’administration de l’Institut TA —, Roger Casgrain s’implique bénévolement depuis plusieurs années. « J’ai des proches qui doivent composer au quotidien avec des troubles d’apprentissage et je vois à quel point il faut être combatif pour relever les défis et les tabous que leur impose la société, que ce soit à l’école ou sur le marché de l’emploi », explique celui qui achève son mandat de président du conseil consultatif de Centennial Academy, une école secondaire spécialisée dans l’aide aux élèves aux prises avec des difficultés d’apprentissage.

Roger Casgrain s’émerveille devant la persévérance des individus vivant avec un trouble d’apprentissage. « Ils ne l’ont pas facile, fait-il remarquer. Très jeunes, ils apprennent à faire face à l’échec. » Il déplore qu’on les sous-estime encore et toujours. « Comme un non-voyant s’entraîne à aiguiser son ouïe, les gens qui ont un défi d’apprentissage développent d’autres aptitudes. » Débrouillards et créatifs, ils peuvent atteindre les plus hautes sphères. Roger Casgrain donne en exemple le fondateur de Virgin, Richard Branson, le président de Goldman Sachs, Gary Cohn, l’inventeur de l’ampoule électrique, Thomas Edison, le cofondateur de Hewlett-Packard William Hewlett, l’animateur David Letterman, les comédiens Tom Cruise et Cher, le nageur Michael Phelps, le créateur Walt Disney… Tous souffraient d’une forme ou d’une autre de trouble d’apprentissage.

« Comme on peut le constater, les défis d’apprentissage sont loin d’être un fléau ! » s’exclame M. Casgrain.

Lutter contre les préjugés

Roger Casgrain rêve d’un monde où les troubles d’apprentissage ne seront plus perçus comme un handicap, mais comme une différence parmi tant d’autres. « Qui peut se prétendre normal ? Nous avons tous nos particularités, et chez certains, ce sont des troubles d’apprentissage »,observe-t-il avec philosophie.

Encore trop souvent, des gens associent les défis d’apprentissage à un faible quotient intellectuel, se désole-t-il. « En raison de ces préjugés, des enfants et des adolescents sont victimes de moqueries, voire de harcèlement ou de taxage. Évidemment, tout cela affecte profondément la confiance en soi. Dans un tel contexte, il devient difficile pour ces jeunes d’atteindre leur plein potentiel, ce qui est une immense perte, d’abord pour eux-mêmes et leur famille, mais aussi pour la société en général. »

Roger Casgrain souhaite ardemment que l’Institut puisse avoir les moyens, un jour, de lancer une grande campagne médiatique pour sensibiliser le public à la cause des troubles d’apprentissage — un peu à l’image du programme « On cause pour la cause » lancé par Bell afin de mettre fin à la stigmatisation des maladies mentales. « Il est encore très difficile de s’afficher avec un trouble d’apprentissage, entre autres auprès de son employeur, affirme-t-il. Ce n’est pas parce que les gens sont méchants. C’est plutôt parce qu’ils ignorent ce que sont les défis d’apprentissage. » L’Institut TA a déjà amorcé des efforts de sensibilisation en publiant chaque mois dans les pages du Devoir le portrait d’un individu ayant un trouble d’apprentissage.

Donateurs recherchés

Roger Casgrain annonce que l’Institut TA a plusieurs projets dans sa besace. Le site Web sera éventuellement revampé pour en faire « un guichet unique » en matière de renseignements sur les troubles d’apprentissage, tant pour les professionnels que pour les parents, les employeurs et, bien sûr, les personnes aux prises avec un défi d’apprentissage. À travers son site actuel, l’Institut TA se fait déjà un devoir de faire circuler les plus récentes recherches sur les troubles d’apprentissage. « En ce moment, on a environ 2000 visiteurs. L’idée est de faire passer ce nombre à 50 000 et, qui sait, peut-être même à 100 000 », dit le président.

Pour mener à bien ses projets, l’Institut TA a besoin d’argent. À titre d’organisme sans but lucratif, une partie de ses finances repose sur des subventions et des dons. Idéalement, Roger Casgrain vise à amasser 400 000 $ de plus par année en dons, en subventions et en commandites. Déjà, de grands donateurs comme Jean-Pierre Léger, président du conseil d’administration du Groupe St-Hubert, et Alain Simard, président-directeur général d’Équipe Spectra, de même que Roger Casgrain et son épouse ont offert leur soutien financier pour la cause. « Tout donateur contribue à notre succès, qu’il soit petit ou grand », précise M. Casgrain.

1 commentaire
  • Loyola Leroux - Abonné 12 octobre 2015 19 h 30

    TDAH : ‘’Mais ou sont les études ?’’. Gérard ‘’Elvis’’ Bouchard,

    ‘’Mais ou sont les études ?’’. Gérard ‘’Elvis’’ Bouchard, intellectuel de l’UQC.

    Quelqu’un connait- il un étude scientifique démontrant que l’aide des spécialistes de toutes les sortes dans les écoles primaires, secondaires, cegeps et universités, contribuent a augmenter les taux de réussite des étudiants victimes de troubles d’apprentissage ?

    Il me semble qu’au moins quelques maitrises ou doctorats en ‘’sciences’’ de l’éducation, psychopedagogie, travail social, etc. doivent bien démontrer, hors de tout doute, l’utilité de ces nombreux spécialistes !!!

    Du temps de mon école primaire dans les années 50, les maitresses d’école, du haut du leur Brevet C, une 12e année ‘’forte’’, enseignaient a lire, écrire et compter. De nos jours, les bachelieres d’université avec 4 années études n’ont jamais eu autant de problemes. Étrange. Paradoxalement, plus les enseignantes, devenues professeures, sont munies de gros diplomes et plus les enfants ont des problemes.