Blais accuse l’opposition de désinformer la population

Le ministre de l’Éducation, François Blais, reproche aux partis d’opposition de tromper la population en dénonçant des coupes dans les mesures d’aide aux élèves en difficulté au moyen de témoignages tirés du passé.

« Les témoignages qu’on entend, c’est des témoignages qui remontent à un certain nombre d’années, qui ne sont pas récents, qui ne sont pas liés, disons, aux efforts actuels [de redressement des finances publiques] », a-t-il déclaré lors d’une brève mêlée de presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale vendredi.

L’élu péquiste Alexandre Cloutier s’était présenté quelques minutes plus tôt dans le foyer Louis-Hippolyte-La Fontaine au côté de la fondatrice du regroupement Plus de services pour nos enfants différents, Geneviève Lapointe, ainsi que de la porte-parole de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers, Brigitte Dubé. Celles-ci ont relayé le « cri du coeur » de « milliers de familles » touchées par les coupes dans les services aux enfants handicapés, ainsi que ceux en difficulté d’adaptation ou en difficulté d’apprentissage. « Ce sont les premières victimes de l’austérité », a martelé le député de Lac-Saint-Jean. « Les témoignages de parents à bout de souffle, épuisés, affluent par centaines », a-t-il fait remarquer au terme d’une semaine marquée notamment par une nouvelle démonstration de force du mouvement Je protège mon école publique.

« Nous constatons malheureusement un immense fossé entre la réalité sur le terrain, à l’école et dans le quotidien des familles, et ce qu’en dit le ministre de l’Éducation sur la place publique », a déclaré Mme Dubé. Puis, elle a lu deux des témoignages recueillis « récemment » parmi les 1200 membres de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers. « Nous aurions pu en lire plusieurs, tous plus pertinents les uns que les autres. Nous avons dû faire un choix », a-t-elle fait remarquer.

« Votre poursuite de l’équilibre budgétaire peut passer par des décisions qui ne tiendront pas en otage toute une génération », a ajouté Mme Lapointe.

Inflexible

De son côté, le ministre François Blais a dit avoir « maintenu », voire « augmenté » les ressources consenties à cette « clientèle fragile », dont les besoins sont à « mi-chemin entre l’éducation et la santé ». Malgré cela, l’État « aura besoin probablement d’injecter encore des sommes [d’argent] », mais pas tout de suite, a-t-il souligné. M. Blais se refuse à délier les cordons de la bourse avant de voir les finances publiques « revenir à un certain équilibre budgétaire ».

Pourtant, le gouvernement libéral a comprimé du 1er avril au 30 juin dernier ses dépensesen éducation et en culture de 1,5 %, dépassant ainsi largement la cible fixée dans le dernier budget Leitão (0,2 %).

« Mépris total »

Le député caquiste Jean-François Roberge s’est dit « choqué par l’attitude irrespectueuse et inconsciente » de M. Blais, qui minimise l’importance des « témoignages poignants de différentes intervenantes en éducation touchées de plein fouet par les mauvaises décisions libérales ». « Ça ne peut pas être plus “up-to-date” que ça, excusez-moi l’anglicisme », a-t-il lancé.

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