L’UQAM perd des étudiants… et des millions

Robert Proulx
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Robert Proulx

Le scénario catastrophe redouté par le recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Robert Proulx se concrétise : le nombre d’entrants a chuté de 11 % cette année au niveau du baccalauréat, une situation qui plonge l’établissement du Quartier latin dans une situation financière plus précaire qu’escomptée.

Résultat possible des manifestations du printemps 2015, l’UQAM enregistre cet automne une diminution d’au moins 2,8 % des inscriptions au premier cycle. La baisse est nettement plus marquée chez les nouveaux inscrits, en particulier dans les programmes de baccalauréat, où elle atteint 10,9 %, et de certificat, où elle s’élève à 6 %.

« Toutes les facultés sont touchées par ce phénomène », a révélé le recteur, dans un courriel acheminé à la communauté universitaire.

Au deuxième cycle, les inscriptions sont relativement stables tandis qu’au troisième cycle, l’UQAM enregistre une hausse (+11,8 %). Malgré tout, la diminution du nombre des inscriptions est de 2,2 %, tous cycles confondus.

Déjà, à la rentrée, M. Proulx avait noté une baisse de 5 % des demandes d’admission. Il évoquait alors comme explication potentielle le mouvement de grève étudiante du printemps précédent. Quoi qu’il en soit, cette réduction du nombre d’inscrits a des conséquences importantes pour l’établissement. « Cette diminution entraîne inévitablement une perte financière, évaluée à 3,1 millions pour les sessions d’automne et d’hiver, qui, ajoutée au 1,9 million pour la session d’été, totalise 5 millions. Indubitablement, ce manque à gagner vient alourdir une situation financière déjà très difficile pour l’UQAM », dit-il.

Seul à pâtir

La nouvelle a de quoi inquiéter Robert Proulx puisque son établissement est le seul, dans tout le réseau de l’Université du Québec, à faire face à une telle baisse dans les inscriptions. Les autres universités de la métropole enregistrent elles aussi une croissance.

Robert Proulx se défend d’être alarmiste. Reste que ces 5 millions en moins forment un trou béant dans le budget de l’université, forcée, depuis un certain nombre d’années déjà, de se serrer la ceinture.

Le manque à gagner pour l’année en cours atteint aujourd’hui plus de 20 millions dans le budget 2015-2016, une somme à laquelle s’ajoutera une compression additionnelle exigée par Québec aux universités. À l’échelle du réseau universitaire, ce sont des compressions de 72 millions que prévoyait le dernier budget provincial. Celle-ci s’élèverait à 7,2 millions pour l’UQAM.

« Quand on considère les compressions effectuées ces derniers mois (18,3 millions) et celles à venir (14,5 millions), on constate que pour équilibrer le budget de l’UQAM en 2015-2016, on aura été contraint de procéder à des coupes totalisant quelque 32,8 millions », reconnaît le recteur. Cela représente près de 8 % des revenus de l’UQAM.

Bien qu’il se soit avéré moins « chaud » que prévu, le printemps 2015 a mobilisé près de 130 000 étudiants, opposés aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard, ainsi qu’aux hydrocarbures. De nombreuses associations étudiantes avaient promis de rappliquer l’automne venu, mais celui-ci semble plutôt calme, pour l’instant. Alors que les enseignants du primaire, du secondaire et du collégial ont adopté des mandats de grève à l’échelle du Québec pour dénoncer la lenteur de leurs négociations, la grève étudiante se retrouve pour l’heure surtout limitée à l’UQAM.

Une manifestation a d’ailleurs été tenue jeudi par le syndicat représentant les étudiants-employés de l’UQAM afin de « dénoncer les coupes, la privatisation de l’université et la dérive autoritaire de son administration ».

5 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 2 octobre 2015 06 h 58

    Le choix est simple

    Inutile de débrayer et de manifester contre le choix légitime des nouveaux étudiants qui se détournent de l'intitution pour aller ailleurs. Et la raison est fort simple et évidente pour tous. Pour tous, sauf apparemment pour le syndicat des étudiants-employés de l'UQAM. À ne pas voir le problème, on risque de ne jamais le régler.

  • François Dugal - Inscrit 2 octobre 2015 07 h 59

    Le matamore

    Jouer au matamore a des conséquences.

  • Hélène Parenteau - Abonnée 2 octobre 2015 11 h 38

    La faute aux étudiants ou au recteur?

    En septembre 2012, après les grandes manifestations du printemps érable, les inscriptions avaient enregistré "une légère baisse" à l'UQAM, selon le rapport de la direction. Si l'UQAM souffre actuellement d'une telle hécatombe, le recteur devrait se blâmer lui-même pour ses décisions insensées du printemps dernier.

  • Guy Lafortune - Inscrit 2 octobre 2015 12 h 22

    M. Proulx! Aveugle et pas de colonne!

    Vous êtes vraiment le dindon de la farce, tant pi pour vous, vous l'avez bien mérité.
    L'UQUAM, c'est la prolongation de Cégep du Vieux Montréal...
    Quand on fait le faible et qu'on se fait piétiner, on ne se relève pas pour dire que ça a fait mal!

  • Michel Lebel - Abonné 2 octobre 2015 12 h 27

    Non le premier choix!

    Les futurs étudiants ne sont pas des imbéciles! Ils n'ont pas de temps à perdre et ils veulent que leur diplôme soit reconnu. Alors l'UQAM, pour plusieurs, n'est pas leur premier choix. C'est aussi simple que cela!


    M.L.