Front commun des étudiants et de l’Université Laval

À l’Université Laval, les sommes provenant du gouvernement du Québec ne représentent plus que la moitié des fonds disponibles pour l’enseignement et la recherche.
Photo: Source Université Laval À l’Université Laval, les sommes provenant du gouvernement du Québec ne représentent plus que la moitié des fonds disponibles pour l’enseignement et la recherche.

C’est du jamais vu, ou presque : une université québécoise et ses étudiants se liguent afin de dénoncer d’une même voix les effets des compressions budgétaires imposées par le gouvernement Couillard au milieu de l’enseignement supérieur. L’Université Laval ne peut plus soutenir davantage de coupes, plaident le recteur et le président de la fédération étudiante de l’établissement, disant craindre pour l’accessibilité des études universitaires.

Alors que les compressions budgétaires imposées au milieu de l’enseignement supérieur se chiffreraient à 500 millions de dollars depuis 2002, le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, le président de la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), Thierry Bouchard-Vincent et le président de l'Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS), Stéphane Lebrun, estiment que cette ponction financière commence à avoir des répercussions sur les taux de diplomation dans plusieurs secteurs de formation.

« Ainsi, étant donné que le réseau universitaire ne peut réduire ses standards de qualité, car cela mettrait à risque la population et l’avenir de la société, c’est l’accessibilité à l’obtention d’un diplôme et, partant, à la formation universitaire qui commence à être fragilisée. Dans certains cas, c’est même la survie de programmes de formation qui est à risque. Dans pareil contexte, on peut même s’interroger sur le nombre d’étudiants qui pourront éventuellement être admis dans le réseau universitaire si la situation continue à se dégrader », a estimé le vice-recteur exécutif Éric Bauce, alors que l’Université comparaissait en commission parlementaire.

À l’Université Laval, les sommes provenant du gouvernement du Québec ne représentent plus que la moitié des fonds disponibles pour l’enseignement et la recherche, selon lui. « Il serait impensable qu’on nous donne d’autres compressions budgétaires, dans le système de l’éducation », a-t-il indiqué devant les parlementaires.

Pour contrebalancer ces effets, l’Université et la fédération étudiante proposent un réinvestissement en éducation — à coût nul pour l’État québécois, disent-ils — en créant un Fonds de santé et d’éducation postsecondaire. « La proposition vise à obtenir 1 milliard de dollars par une légère augmentation de la taxe sur la masse salariale des entreprises afin de financer adéquatement et de façon pérenne les cégeps et les universités. À cet égard, il convient de rappeler que les entreprises profitent grandement de la qualité de la recherche universitaire et de la formation de personnes compétentes », a expliqué le président de la CADEUL.

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