Les commissions scolaires, c’est bel et bien terminé

Face à l’opposition du milieu scolaire et d’une bonne partie de la communauté anglophone, Philippe Couillard ne fléchit pas. Les commissions scolaires seront bel et bien abolies, ou du moins transformées en profondeur au cours des prochains mois, a confirmé le premier ministre mardi à l’occasion de la rentrée parlementaire.

Alors qu’un comité présidé par l’ex-députée libérale Marlene Jennings doit présenter ce mercredi un important rapport recommandant au gouvernement du Québec de maintenir le régime scolaire actuel pour la communauté anglophone, le premier ministre a complètement écarté cette possibilité mardi. « On a vu le rapport. […]
Le projet éducatif devrait être centré sur l’école, et l’institution régionale, quelle qu’elle soit, sera là pour appuyer l’école, pas la diriger. On veut un régime qui réponde aux besoins des deux communautés. Le projet de loi s’écrit en ce moment », a indiqué le premier ministre, ajoutant qu’il serait « probablement » déposé cet automne.

« Les Québécois de langue anglaise, à juste titre, considèrent comme très importantes les institutions scolaires parce que pour eux, c’est un facteur d’identité. Et bien sûr, on prend ça en considération. Mais ils veulent également comme tous les autres Québécois qu’on recentre le système d’éducation sur l’école, l’enseignant, les parents », a-t-il précisé en réaction aux propositions du comité.

Créé par l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, l’Association des comités de parents anglophones et le Quebec Community Groups Network, notamment, le comité affirme que le gouvernement doit respecter le droit constitutionnel de la minorité anglophone à gérer ses propres écoles. Il propose aussi dans son rapport d’instaurer le vote électronique ou téléphonique afin d’accroître le taux de participation.

M. Couillard reste toutefois de marbre. Il ira de l’avant. Le premier ministre reproche aussi à l’Association des commissions scolaires anglophones et au comité de n’avoir « ni le soutien politique ni la légitimité juridique pour représenter les citoyens anglophones du Québec ».

Un groupe de citoyens anglophones lui donne raison. Le Comité de pouvoir parental en gouvernance scolaire, quicompte dans ses rangs des éducateurs, d’ex-membres de conseils d’établissement et d’ex-candidats aux élections scolaires, notamment, s’inscrit en faux contre les recommandations du rapport Jennings. « Le suffrage universel ne fonctionne plus, fait valoir la porte-parole Michèle Poupore. Oui, il y a plus de vote que chez les francophones, mais on joue beaucoup avec cette carte identitaire. La Charte canadienne protège l’éducation, la langue de la minorité, pas la tenue d’élections comme le soutient le comité. Il peut y avoir un meilleur modèle. »

Même si plusieurs accordent de l’importance au fait que les commissions scolaires soient la seule instance démocratique « par et pour » les Anglo-Québécois, elle soutient que près de 50 % des commissaires scolaires ont été élus par acclamation en 2011.

À voir en vidéo