La CSQ dénonce le parti pris de Québec

La FIPEQ-CSQ estime que le nombre de places offertes en garderie privée non subventionnée a augmenté de 554 % depuis les modifications apportées en 2008-2009.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La FIPEQ-CSQ estime que le nombre de places offertes en garderie privée non subventionnée a augmenté de 554 % depuis les modifications apportées en 2008-2009.

Au tour de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (FIPEQ-CSQ), de lancer un cri d’alarme pour « sauver » le réseau public de garderies, craignant même un « démantèlement ».

À la veille de la rentrée parlementaire à Québec et alors que commence la Semaine canadienne des services de garde, la centrale syndicale, comme l’a fait dimanche la Confédération des syndicats nationaux (CSN), s’est livrée à une charge à fond de train contre le « parti pris » du gouvernement Couillard envers les garderies privées, au détriment du réseau des Centres de la petite enfance (CPE) et des services de garde en milieu familial.

La présidente de la FIPEQ-CSQ, Kathleen Courville, a invité la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, et son gouvernement à cesser ce qu’elle appelle « l’appauvrissement, voire le démantèlement du réseau », alors qu’on assiste à un glissement de la clientèle du public vers le privé.

Elle soutient que les crédits d’impôt accordés aux garderies privées subventionnées coûtent pas moins de 589 millions à l’État, un montant qui, selon elle, n’est pas investi dans le réseau public, mais plutôt donné au privé. Mme Courville précise que le gouvernement libéral en est responsable après avoir rendu plus avantageuses, sur le plan financier, les places non subventionnées.

Mme Courville note de plus que les modifications apportées par Québec depuis 2008-2009 ont fait en sorte que le nombre de places offertes en garderies privées non subventionnées a augmenté de 554 %, passant de moins de 7000, en 2009, à plus de 46 000 en 2014.

Compensation du fédéral

Par ailleurs, la FIPEQ-CSQ estime que Québec devrait faire pression sur le gouvernement fédéral pour aller chercher les 150 millions qu’il économise par le fait que le Québec s’est doté d’un réseau public de services de garde à la petite enfance. Cet argent pourrait servir, dit la centrale, à réinvestir dans le réseau public qui offre « les meilleurs services à la population ».

Ce montant a été cité dernièrement par la Commission de révision permanente des programmes. On y indiquait que « la conception du réseau de garderies subventionnées fait en sorte de réduire la contribution fédérale au financement du régime ».

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec représente près de 14 000 responsables de service de garde en milieu familial et près de 2000 employées dans les CPE.

Des services de garde en milieu familial craignent de disparaître

Des responsables de service de garde en milieu familial, membres de la CSN, sont revenus à la charge samedi pour dénoncer le gouvernement Couillard qui, à leur avis, fait tout pour affaiblir le réseau. Ils vont même jusqu’à craindre la disparition de certaines garderies familiales.

Lucie Longchamps, la représentante du secteur des responsables en service de garde (RSG) à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), en a contre la décision récente du gouvernement du Québec d’abolir le principe de la tarification unique et d'imposer, à la place, d’une tarification modulée en fonction du revenu familial.

Pour elle, le résultat est inquiétant, car plusieurs RSG sont menacés de disparaître. En effet, des parents quittent de plus en plus les services éducatifs en milieu familial régis pour aller vers les garderies commerciales sans place à contribution réduite, en profitant « largement » des crédits d’impôt octroyés aux familles.
1 commentaire
  • Robert Beauchamp - Abonné 14 septembre 2015 08 h 52

    Le fric

    Il n'y a jamais rien d'innocent derrière les décisions politiques. Ainsi avons-nous constaté que le phénomène des contributions politiques a pris naissance dans le créneau des services de garde par la multiplication des garderies privées. Les avantages colatéraux de la privatisation à tout crin et dans tous les secteurs de l'économi: tourisme, santé, garderies,... ne font que multiplier les acteurs reconnaissants auprès d'un parti qui a vu ses revenus fondre comme neige au soleil depuis la nouvelle loi sur le financement des partis politiques. Les gens qui s'occupent des vraies affaires savent aussi compter. Il serait intéressant de faire une recherche pour en faire ressortir les nouvelles tendances de financement.