Les Franco-Ontariens réclament leur université

Photo: Université d’Ottawa

Ils ont soumis mardi leur demande d’admission, mais n’attendent pas de réponse. Car leur université n’existe pas. Alors que l’année scolaire s’amorce dans les universités de l’Ontario, les étudiants francophones de la province ne cachent plus leur exaspération face aux établissements bilingues et à la pénurie de programmes universitaires en français, et le font sentir au gouvernement de Kathleen Wynne.

Pour traduire cette exaspération, ils ont fait circuler au cours des derniers mois non pas une pétition, mais une demande d’admission à l’Université franco-ontarienne, acheminée mercredi au ministre des Collèges et Universités de la province, Reza Moridi. Près de 1300 personnes ont répondu à l’appel.

Leur message : les sept universités bilingues ont fait leur temps. À l’instar des défuntes écoles secondaires et collèges bilingues, qui ont cédé le pas à des établissements de langue française gérés par et pour les francophones, il est temps que l’Ontario crée une université qui soit la leur.

« L’université est le seul niveau où nous n’avons pas la gestion de nos institutions. Ce sont majoritairement des anglophones qui décident pour les francophones, ce qui est bon pour eux, gérant les budgets, l’administration, les programmes. Pour nous, il est clair qu’il y a urgence d’agir », explique le porte-parole du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), Alain Dupuis, dont l’organisme représente 25 000 membres.

Rapports après rapports ont confirmé la nécessité d’une telle institution, dont le campus principal serait situé à Toronto, où la population francophone a augmenté de 10 % depuis 2006. Mais le gouvernement tarde à agir, se contentant d’injecter des fonds pour accroître l’offre de programmes de langue française dans les secteurs où les besoins sont les plus criants, en partenariat avec les institutions existantes.

Or, le statu quo ne fait qu’accélérer l’assimilation galopante, selon la vice-présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, Cassidy Villeneuve, qui souligne que 50 % des élèves du secondaire franco-ontariens se tournent vers une formation universitaire en anglais, faute d’accès à des programmes de langue française.

Le ministre Moridi a refusé la demande d’entrevue du Devoir. Dans une déclaration, ce dernier affirme « examiner les options visant à améliorer la gouvernance et l’accès de la communauté francophone à une éducation universitaire ».

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