Marie de France: 75 ans d’éducation française

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
De la maternelle au collégial, les élèves ont droit à une programmation culturelle à faire pâlir d’envie plusieurs établissements scolaires.
Photo: Courtoisie collège Marie de France De la maternelle au collégial, les élèves ont droit à une programmation culturelle à faire pâlir d’envie plusieurs établissements scolaires.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation

De la maternelle au lycée, le collège offre un enseignement respectant les exigences du système d’éducation français depuis 1939.

Les enfants qui amorcent leur parcours scolaire au Collège international Marie de France commencent en « moyenne section » et non pas en maternelle. Les jeunes adultes qui en sortent ne décrochent pas un DEC, mais bien un baccalauréat français. C’est qu’ici, on enseigne à la française depuis plus de 75 ans.

Fondé en 1939, sur la rue Sainte-Famille à Montréal, Marie de France comptait au départ dans ses rangs une dizaine de jeunes filles. Depuis longtemps déménagé sur le chemin Queen Mary, le collège privé accueille aujourd’hui plus de 1800 élèves, parmi lesquels on retrouve autant de garçons que de filles. Bien qu’on ait affaire à un véritable lycée français, les élèves qui le fréquentent ne sont pas tous originaires de l’Hexagone. « Quelque 70 nationalités se côtoient chez nous, signale Régis Raufast, proviseur et directeur général du collège. Parmi eux, 50 % sont Canadiens et 30 % sont Français. Notre objectif est de former des citoyens du monde, prêts à travailler dans un monde plurilingue et pluriculturel. Cela commence ici, entre nos murs. »

Ne se dit pas lycée français à l’étranger qui veut. Pour cela, il faut faire partie de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), qui célèbre cette année ses 25 années d’existence. Opérant sous la tutelle du ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, ce réseau scolaire unique au monde est présent dans 136 pays et dénombre 494 établissements homologués par le ministère de l’Éducation nationale. Au Québec, seuls Marie de France et le Collège Stanislas (et son annexe de Québec) en font partie.

Au terme de leur parcours, les élèves de Marie de France reçoivent le diplôme français. « Nous leur proposons aussi des compléments québécois pour qu’ils puissent accéder facilement aux universités québécoises », précise M. Raufast en ajoutant que seuls quelques jeunes poursuivent leurs études supérieures en France, la plupart des diplômés préférant le Québec.

Une formation franco-américaine

 

Selon Régis Raufast, les élèves de Marie de France reçoivent une formation exceptionnelle qui intègre les points forts des cultures française et nord-américaine. « Nous avons le meilleur des deux mondes », observe-t-il.

Le proviseur note que l’éducation française accorde une grande importance à la culture générale et à la réflexion. « En mathématiques, par exemple, il n’y a pas que le résultat qui compte, illustre-t-il. Dans notre pratique d’évaluation, on note aussi la progression, c’est-à-dire comment l’élève est arrivé au résultat. Il doit justifier le choix des formules mathématiques et expliquer ses calculs. »

L’art oratoire occupe également une place de choix à Marie de France. « On souhaite que nos élèves développent une facilité à s’exprimer devant un public, déclare Régis Raufast. Ils participent à plusieurs débats oratoires et à des événements comme la simulation des Nations unies, et ils le font merveilleusement bien. »

L’américanité de la formation à Marie de France s’incarne quant à elle dans la richesse de l’offre culturelle et sportive de l’établissement. « Nous mettons sur pied une panoplie d’activités pour nos élèves afin de leur assurer un épanouissement complet, chose qu’on ne retrouve pas dans tous les lycées en France. Sur ce plan, la mentalité n’y est pas du tout la même », note le proviseur.

De la maternelle au collégial, les élèves ont droit à une programmation culturelle à faire pâlir d’envie plusieurs établissements scolaires. L’année dernière, le collège avait au menu neuf productions musicales, sept pièces de théâtre, un spectacle de cirque et un festival de cinéma en anglais. Certains événements étaient présentés par les élèves, d’autres par des diplômés célèbres. En effet, à l’occasion du 75e anniversaire du collège, les chanteurs Thomas Hellman et Diane Tell, ainsi que la cantatrice Nathalie Choquette et ses filles Ariane et Éléonore ont chacun offert un concert.

Côté sport, les équipes de Marie de France s’illustrent notamment au soccer, au basketball, au handball et à la natation. Chaque année, deux groupes se rendent à des rencontres sportives internationales. En mai dernier, des élèves ont participé aux Jeux internationaux de la jeunesse à Autrans, dans les Alpes françaises. En juin, en marge de la Coupe du monde féminine de soccer, des joueuses de Marie de France ont pris part à la Coupe du monde des établissements français à l’étranger.

Rénovations et iPad

 

Au cours des dernières années, le collège a procédé à de vastes rénovations, laissant dire au proviseur que les lieux sont aujourd’hui « flambant neufs ». Plus de trois millions de dollars ont été investis uniquement dans la modernisation et l’agrandissement des laboratoires de science.

Cette année, Marie de France entame un projet-pilote visant à intégrer l’utilisation des tablettes iPad en classe. Une quinzaine de professeurs et des classes de tous les niveaux seront concernés. « Il n’est pas question de remplacer les stylos et les livres, signale Régis Raufast. Il s’agit plutôt de mettre le numérique au service de la pédagogie. »

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