Les suites de la polémique au sujet de l'École nationale de ballet contemporain - Les écoles professionnelles devront conclure des ententes avec le MCC

Le ministère de la Culture et des Communications (MCC) compte signer des protocoles d'entente avec l'ensemble de ses sept écoles de formation professionnelle à qui il verse chaque année des subventions totalisant quatre millions de dollars.

Cette décision, confirmée hier par l'attachée de presse de la ministre de la Culture Line Beauchamp, est intimement liée à la controverse qui entoure toujours l'École nationale de ballet contemporain (ENBC). L'établissement, qui reçoit une subvention de 1,3 million du MCC chaque année, n'a d'ailleurs pas encore conclu d'entente avec le ministère, celui-ci peaufinant toujours le document à signer.

On se rappellera qu'une tourmente médiatique entourant l'École nationale de ballet contemporain a mené la ministre de la Culture à constater qu'elle ne détenait aucun pouvoir juridique lui permettant de corriger une situation inadéquate ayant cours à l'école. Principal bailleur de fonds de l'école de formation professionnelle — avec une subvention annuelle de 1,3 million par année —, le ministère a rapidement évoqué la nécessité d'un protocole d'entente pour baliser sa relation avec l'établissement. Contre atteinte d'objectifs précis, Québec pourrait alors verser la subvention.

«Comme ministre, de constater qu'on confie plus de un million de dollars à une école et qu'il n'y a pas de protocole campant les attentes de chacun, je peux vous dire que j'ai été très surprise de ça», affirmait d'ailleurs Line Beauchamp dans le vif de la tourmente, au début d'octobre. Des reportages diffusés par Radio-Canada avaient alors fait état de pratiques irrégulières à l'ENBC et mis en lumière le dépôt de plaintes au ministère concernant notamment la pédagogie et les modes de communication de l'école.

Confronté à cette impossibilité d'action, le ministère a prévenu les six autres écoles de formation professionnelle qu'il subventionne qu'il exigerait la signature d'un protocole d'entente avec elles aussi. Ainsi, en plus de l'ENBC, l'École nationale de l'humour, l'École nationale de cirque, l'École nationale de théâtre du Canada, les Ateliers de danse moderne de Montréal, l'École de danse de Québec et l'Institut national de l'image et du son ont appris qu'ils devront s'engager par voie «protocolaire» avec Québec. Le MCC verse actuellement quelque quatre millions par année à ces sept écoles, qui présentent des structures similaires les soumettant à l'autorité d'un conseil d'administration.

Le protocole, intimement lié au versement de la subvention, comme dans tout processus de reddition de comptes, n'a pourtant pas encore été conclu avec la principale intéressée, soit l'École nationale de ballet contemporain. «Nous en sommes encore à finaliser le document», a indiqué hier Isabelle Melançon, attachée de presse de la ministre. Des juristes participent à la rédaction finale du papier, qui pourrait impliquer des évaluations d'ordre pédagogique au sein de l'établissement.

Le ministère évalue aussi la possibilité de conclure l'entente avec l'école en lien direct avec la prochaine année financière — et donc le versement de la prochaine subvention —, au printemps prochain, a aussi indiqué Mme Melançon. Le protocole pourrait s'échelonner sur trois années. Rappelons que la date butoir préalablement fixée par Québec pour conclure ce dossier était le 14 janvier, soit hier.

«Chacun des protocoles sera défini selon la mission et la nature de l'école, ils ne seront pas tous identiques», a ajouté l'attachée de presse, précisant au passage que l'École nationale de cirque avait déjà signé une telle entente auparavant.

Joint hier à l'École nationale de théâtre du Canada, qu'il dirige, Simon Brault a indiqué que des échanges avaient effectivement eu lieu avec des fonctionnaires du MCC autour de tels protocoles. Alors qu'il était hier après-midi en compagnie de certains de ses collègues des écoles de formation visées, M. Brault a affirmé que la réaction préliminaire était tout à fait positive. «Bien sûr, nous sommes tout à fait disposés à ce genre d'exercice, qui est tout à fait normal dans un processus de reddition de comptes», a-t-il expliqué.