Le tiers des 143 élèves délogés retrouveront leurs camarades

Près de 150 parents accompagnés de leurs enfants ont participé ce matin à une manifestation devant l'école Lambert-Closse
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Près de 150 parents accompagnés de leurs enfants ont participé ce matin à une manifestation devant l'école Lambert-Closse

Volte-face à la Commission scolaire de Montréal (CSDM): après avoir annoncé la semaine dernière à 143 élèves qu’ils devraient changer d’école au nom de « l’optimisation » des ressources, l’organisme plie devant le tollé suscité par cette décision. Le tiers des écoliers pourront finalement retourner dans l’établissement dont ils avaient été délogés.

Rentrée scolaire pour le moins rocambolesque pour le jeune Malik, 9 ans. Élève à Lambert-Closse depuis la prématernelle, il a appris, lundi après-midi, quatre jours après avoir été écarté de l’établissement du quartier Mile-End, qu’il pourra finalement le réintégrer. Après des adieux déchirants le jour de la rentrée jeudi et les bouleversements d’une arrivée imprévue dans une nouvelle école vendredi, Malik aura droit, mardi, à de grandes retrouvailles avec ses amis de toujours.

« Il ne comprenait pas pourquoi on lui faisait ça », dit Randall Ascui, néanmoins heureux de la tournure des événements pour son fils.

À l’école Lambert-Closse, où un nombre record de 18 élèves s’étaient fait montrer la porte, 6, tous des élèves de 4e année, pourront retrouver leurs amis. Lundi matin à l’heure du début des cours, près de 150 personnes avaient manifesté bruyamment devant l’école afin de dénoncer cette décision unilatérale de la CSDM, un geste « cruel » selon eux.

Improvisation

Malgré cette demi-victoire, l’aventure laisse un goût amer dans la bouche d’Yves Blanchet, président du conseil d’établissement de Lambert-Closse. « On peut voir toute l’improvisation au niveau de la gestion et de la gouvernance à la CSDM. […] Ils sont là à jouer les pompiers avec des problèmes qu’ils créent eux-mêmes de toutes pièces, sans se soucier des répercussions que cela a sur les enfants. Ça n’a pas de sens. Un ménage doit être fait », tonne-t-il.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, affirme être convaincue qu’il s’agit du meilleur compromis possible, même si plusieurs enseignants sondés par Le Devoir se disent estomaqués par le « niveau d’improvisation » qui caractérise la rentrée 2015-2016.

« On arrive à la rentrée, on participe aux journées pédagogiques, on prépare nos classes, nos affaires. Puis on se retrouve sans contrat et on nous dit de retourner à la suppléance. On a vraiment été prévenus à la toute dernière minute. Pendant ce temps, la CSDM remplit les autres classes à pleine capacité, le plus qu’elle le peut », explique l’une d’elles.

Des classes ouvertes en prévision de l’année 2015 ont été fermées jeudi ou vendredi, et d’autres ont été ouvertes lundi, a admis Mme Harel-Bourdon. « Ça évolue. On a trois jours pour ouvrir des classes », a-t-elle dit. La présidente de la CSDM n’a pas été en mesure de dire combien d’élèves et d’enseignants avaient été affectés par ces ouvertures, fermetures et réouvertures de classe survenues au cours des quatre premiers jours de l’année scolaire.

 

Manifestations à venir

Chose certaine, un peu partout, la colère gronde. Mardi matin, des milliers de parents sont attendus devant l’école de leurs enfants afin d’effectuer une chaîne humaine dans le but de réclamer au gouvernement un réinvestissement massif en éducation. M. Blanchet et Mme Harel-Bourdon seront du lot. Présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin, sur la Rive-Sud, Carole Lavallée sera également de la partie. « On applique les décisions gouvernementales, mais on ne les défend pas. Il faut dénoncer la situation, dire clairement que l’éducation est un investissement, pas une dépense », explique-t-elle.

Plus de 150 écoles réparties dans 15 régions administratives du Québec participeront à l’événement lancé par le mouvement « Je protège mon école publique ».

À l’école Lambert-Closse, où un nombre record de 18 élèves s’étaient fait montrer la porte, 6, tous des élèves de 4e année, pourront retrouver leurs amis, qui, lundi midi, ont manifesté bruyamment pour réclamer leur retour.

On peut voir toute l’improvisation au niveau de la gestion et de la gouvernance à la CSDM. […] Ils sont là à jouer les pompiers avec des problèmes qu’ils créent eux-mêmes de toutes pièces, sans se soucier des répercussions que cela a sur les enfants. Ça n’a pas de sens. Un ménage doit être fait.

1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 2 septembre 2015 02 h 11

    Crapet-soleil...

    Et c'est ainsi qu'une malheureuse et décevante tentative de salto arrière groupé, se termine par un court rétablissement carpé...
    Carpé, comme dans "carpe", espèces halieutique qui ma foi, semble ici passablement proche du très commun crapet-soleil.

    Tourjou !