Front commun contre les coupes

Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec, organisation à l’origine de la coalition. À droite, Josée Scalabrini de la Fédération des syndicats de l’enseignement.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec, organisation à l’origine de la coalition. À droite, Josée Scalabrini de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

Latente au printemps, la colère gronde, plus forte que jamais, dans les écoles du Québec, alors que les jeunes font tout juste leur retour dans les classes. Pour la première fois de leur histoire, les syndicats d’enseignants, les comités de parents et les directions d’établissements scolaires unissent leur voix dès la rentrée pour dénoncer les compressions et pour exiger que le gouvernement recommence au plus vite à investir en éducation.

Réunies dimanche à Montréal, de nombreuses fédérations représentant plusieurs milliers de professionnels de l’éducation ont rappelé à l’ordre le ministre de l’Éducation, François Blais, lui faisant remarquer que son rôle est de « se battre pour l’éducation, et non pas de livrer un message politique ».

Plus encore, les six groupes présents ont exigé que le gouvernement réinvestisse immédiatement et minimalement le milliard enlevé au budget alloué à l’éducation publique au cours des cinq dernières années.

« Il est temps que l’on reconnaisse que l’éducation n’est pas une dépense, mais un investissement, une priorité de société que nous avons choisie collectivement, martèle Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Et l’argent existe. Ce sont des décisions politiques qui font en sorte qu’il n’est pas injecté en éducation. »

Mme Chabot ajoute que le gouvernement actuel aura bien du mal à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, soit de créer des emplois et de relancer l’économie, s’il ne mise pas, d’abord, sur la base qu’est l’éducation. « C’est une équation simple. »

« Vous savez, l’austérité ce n’est pas une fin en soi, ajoute Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), organisation à l’origine de la coalition qui se met tout juste en marche. Mais on peut choisir comment on veut se rendre, et rien ne nous oblige à tout saccager sur notre passage. »

Perte de services

Bien que les compressions soient décriées depuis des mois, c’est la rentrée actuelle qui semble mettre en lumière leurs effets réels. Suppressions de poste, liste d’attente de plus en plus longue pour accéder aux services de soutien, augmentation du nombre d’enfants dans les classes, réduction des heures des secrétaires et des adjoints administratifs ne sont là que quelques-unes des adaptations avec lesquelles doit composer le milieu.

« Il faut arrêter de se dire que ces coupes n’auront pas d’impacts, lance la présidente de la CSQ. On a essayé. Le milieu a fait preuve de beaucoup de créativité au cours des dernières années, mais là ça commence à affecter directement les jeunes, leur développement et leurs conditions d’apprentissage. »

À un point tel que les directions d’établissements scolaires commencent à craindre que les compressions mènent à une augmentation du décrochage scolaire, puisque les compressions remettent en question « le principe d’égalité des chances sur lequel s’est construit le réseau public québécois ».

« Plus que jamais, les directions des écoles sont forcées d’organiser les services de manière à ce qu’ils causent préjudice aux enfants et aux enseignants, dénonce la présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, Lorraine Normand-Charbonneau. Il est odieux qu’une direction d’école ait à déterminer ce qui est le “moins pire” à couper, parce qu’au final, ce sont toujours les jeunes qui en paient le prix. »

« Les acteurs du réseau public ont longtemps réussi à faire des miracles malgré les coupes, renchérit la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini. Mais là, on est allés au bout des miracles, maintenant on a besoin d’aide ! »

En plus des services aux élèves qui se trouvent touchés par les bouleversements budgétaires, de récentes annonces ont fait grimper la facture des parents.

« Les familles payent maintenant une double facture, déplore Corinne Payne de la FCPQ. Elles paient plus cher pour le transport scolaire, le service de garde et l’ouverture des dossiers, par exemple. Mais elles doivent aussi payer pour des services qui ne sont pratiquement plus disponibles dans nos écoles [publiques], comme les psychologues. Payer plus pour en avoir moins, ça n’a aucun sens ! »

À l’heure actuelle, le mouvement regroupe principalement des gens qui sont présents dans le quotidien des écoles, mais rien ne dit que les autres acteurs du milieu, comme les commissions scolaires, ne pourraient pas se joindre au mouvement.

« Nous sommes un mouvement inclusif, affirme la présidente de la FCPQ. Mais devant l’urgence de la situation, il fallait bien commencer quelque part. » Dans cette optique, celle qui occupe son poste depuis janvier est convaincue que ce n’est que le début et que l’ensemble des professionnels de l’éducation se joindront au mouvement.

À titre d’exemple, en 2013, alors que les réductions budgétaires s’accumulaient déjà, une première coalition avait réussi à réunir plus d’une cinquantaine de regroupements.

Mobilisation à venir

L’année scolaire est à peine amorcée que, déjà, des actions revendicatrices sont à prévoir au cours des prochains jours.

Parmi les actions qui mobiliseront les parents et les enseignants d’un peu partout au Québec cette semaine, notons le retour des chaînes humaines formées autour des écoles publiques et qui avaient déjà fait couler beaucoup d’encre au printemps.

Au cours de la saison estivale, le mouvement « Je protège mon école publique » a d’ailleurs pris de l’ampleur et, alors que 26 écoles montréalaises avaient pris part à l’action la première fois le 1er mai dernier, ce sont plus de 150 établissements qui devraient être de la partie cette fois-ci.

La conférence de presse de dimanche a également permis aux fédérations présentes de dévoiler le macaron orné du slogan « Unis pour l’éducation publique » qui deviendra, elles l’espèrent bien, le symbole de la lutte actuelle.

Et bien qu’il soit encore trop tôt pour indiquer si les parents appuieront les enseignants dans leurs propres revendications dans le cadre des négociations de leur convention collective, la porte-parole de la Coalition des parents pour l’école publique, Ève Kirlin, estime qu’une importante réflexion devra avoir lieu le moment venu.

« C’est certain que ces actions auront sans doute un impact sur nos enfants, sur notre quotidien, laisse-t-elle entendre. Et je ne peux pas parler pour les autres parents, mais personnellement, c’est un prix que je suis prête à payer si ça peut faire bouger les choses. »

«Les familles payent maintenant une double facture. Elles paient plus cher pour le transport scolaire, le service de garde et l’ouverture des dossiers, par exemple. Mais elles doivent aussi payer pour des services qui ne sont pratiquement plus disponibles dans nos écoles [publiques], comme les psychologues. Payer plus pour en avoir moins, ça n’a aucun sens!»

Corinne Payne de la FCPQ

Rentrée agitée en Ontario

À quelques jours de la rentrée scolaire ontarienne, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui représente une grande partie du milieu scolaires en Ontario, a voté à très forte majorité pour l’intensification des moyens de pression. Un premier jour de grève est d’ailleurs prévu le 10 septembre et la possibilité d’enclencher une grève générale à l’échelle de la province est envisagée par le syndicat. Les quelque 55 000 travailleurs du secteur de l'éducation représentés par le SCFP sont sans contrat de travail depuis près d’un an.
32 commentaires
  • Robert Morin - Abonné 31 août 2015 05 h 07

    Bravo!

    Il faut que se multiplient ainsi les voix discordantes pour dénoncer ce gouvernement sans vision et ultra mesquin, mais toujours servile à l'égard du fédéral et ... de ses proches (ou lire au choix «de ses poches»)!

    Ces coupes dans l'éducation sont un véritable scandale, une inquiétante hypothèque sur l'avenir du Québec.

    • Chantale Desjardins - Abonnée 31 août 2015 07 h 32

      D'accord avec vous M. Morin.

    • Francois Cossette - Inscrit 31 août 2015 14 h 16

      On ne doit jamais oublié que ce ne sont pas les martiens qui ont remis ce gouvernement en place malgré toutes les suspicions de corruptions, de malversations, de népotismes et autres qui pesaient sur lui. Alors de quoi peut-on se plaindre aujourd'hui.

  • Richard Bérubé - Inscrit 31 août 2015 06 h 25

    L'instruction est essentielle!

    En coupant dans les budgets alloués, le gouvernement aurait dû indiquer à quel endroit il voulait que ces coupes se fassent....ne connaissant pas les chiffres, il est difficile de pouvoir analyser les raisons, les conséquences-elles nous sont décriées par les parties impliquées à l'exception de l'employeur le gouvernement. N'ayant pas connu l'école publique comme parent, je ne m'aventurai pas dans ce domaine, mais au primaire les coûts (sans subventions du gouvernement) étaient assez dispendieux, et au secondaire même avec une subvention ça frôlait les 6-7'000.00$ par année (frais scolaire, transport, et repas) plus les livres, uniformes, et fournitures....j'imagine que les parents devront débourser plus pour pouvoir garder ce que l'école offrait avant, si le gouvernement octroie 3,500.00$-4,000.00$ par année par enfant (comme au privé) alors si les ressources finançières ne sont pas là il faudra piger dans les poches des parents, si des solutions viables ne sont pas identifiées. Le gouvernement aussi se doit de répondre aux citoyens contribuables qui demandent un équilibre budgètaire....

    • François Dugal - Inscrit 31 août 2015 08 h 58

      Pour la logique comptable, monsieur Bérubé, l'éducation n'est pas essentielle. Les parents qui veulent donner une éducation de qualité à leurs enfants doivent payer, tout simplement.
      Pourquoi donner une éducation de qualité à tous quand une partie significative de parents s'en foutent totalement?

    • Michel Laberge - Abonné 31 août 2015 21 h 30

      M. Bérubé, moi aussi je fais partie de ceux qui réclament un équilibre budjétaire. Voyons comment y arriver sans mettre en danger la démocratie de l'école publique. 1) Couper les primes de départ des députés en cours de mandats. Je vous entends dire que c'est négligeable et vous avez raison mais il y a là une attitude qui décrit toute une mentalité chez nos parlementaires. Il faut avoir du culot pour partir avec 200 000$ et demander des restrictions au système d'éducation. C'est un gros manque de crédibilité. 2) Augmenter le taux de taxation pour les gains au dessus de 200 000$ et plus. Personne parmis eux ne souffrirait de faim. Là, ce n'est plus négligeable et, ça s'appelle justice distributive ou, si vous préférez, solidarité sociale. 3), Légiférer pour rendre illégal les paradis fiscaux. Je suis convaicu qu'avec ces trois points, on n'a plus besoin de parler de restrictions budjétaires. Au Québec, il y a plus d'argent qu'il y en avait quand on s'est donné un système de santé et d'éducation. Les plus riches faisaient d'avantage leur part qu'aujiurd'hui, toute proportion gardée. Si vous, vous êtes capable de payer entre 6 000$ et 7 000$ par année pour l'éducation de chacun de vos enfants, il faut vous en réjouir mais en même temps, il faut aussi vous dire que les familles moyennes n'y arriveraient pas et devraient sacrifier les hautes études comme dans les années 1950. Ce serait un grave recul.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 31 août 2015 06 h 27

    La fine gestion libéral

    Aujourd'hui, les libéraux nous disent qu'il faut couper dans les dépenses pour ne pas laisser à nos enfants de demain une dette insupportable.
    Alors, aujourd'hui les libéraux coupent dans les dépenses parce que depuis qu'ils sont au pouvoir, de 2003 à 2015 (sauf 15 mois), ils ont endetté les Québécois et mal administré le Québec.

    Alors, les enfants d'aujourd'hui souffrent les coupures des libéraux d'aujourd'hui, et les enfants de demain souffriront pour des programmes d'éducation déficients instaurer par les libéraux de la collusion et de la corruption.

    La mauvaise gestion des libéraux d'hier fait suer les enfants et les parents d'aujourd'hui et la mauvaise gestion des libéraux d'aujourd'hui fera suer les enfants de demain.

    Mais dites-moi quelqu'un, quel est le subterfuge qui fait que les libéraux se maintiennent au pouvoir avec les évidences des commissions Bastarache, Charbonneau et Ménard ?

    Ce sont nos enfants qui en souffrent et qui en souffriront.

    • Chantale Desjardins - Abonnée 31 août 2015 07 h 37

      Il sont au pouvoir parce que on a voté pour eux sans jugement. Les belles paroles des politiciens portent fruit et M. Couillard est un spécialiste non seulement en médecine mais dans les belles paroles qui sortent de sa bouche de beau parleur.

    • Louis Fallu - Abonné 31 août 2015 10 h 00

      Comme vous, je me demande comment ces "pourris" manigancent pour se faire élire et réélire !

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 06 h 39

    Unis par le même sentiment d'urgence


    Rien de tel qu'un ennemi commun (le gouvernement) pour fédérer des intérêts autrement pas si convergents.

    Déjà, concernant les revendications des enseignants : « Ève Kirlin, estime qu’une importante réflexion devra avoir lieu le moment venu. » Le moment venu de choisir de donner priorité à un meilleur accès aux services ou aux demandes salariales des employés de l'État, peut-être? Je ne dis pas que celles-ci ne sont pas raisonnables dans l'absolu, mais disons qu'elles ne relèvent peut-être pas du même niveau d'urgence et de nécessité.

    Le moment venu, tous ces gens authentiquement unis pour l'école publique devront convenir que leurs intérêts particuliers sont souvent divergents, voire concurrents, quelle que soit la face du ministre qu'on brandisse pour ne pas trop le voir. En attendant le moment venu, si longues soient les chaînes humaines qu'ils feront autour des écoles, s'ils arrivent à chanter juste les hymnes relayées par les porte-voix de la CSQ, ils ne convaincront qu'eux-mêmes, et encore...

    • Gilles Delisle - Abonné 31 août 2015 06 h 56

      Ironique à souhait ce commentaire! " S'ils arrivent à chanter juste les hymnes relayés par les porte-voix de la CSQ, ils ne convaincront qu'eux-mêmes. Vous l'habitude de jouer les empêcheurs de tourner en rond, mais quand il y a urgence d'agir, il faut savoir le reconnaître. Quand un jour, vous arriverez à ne plus commenter comme un sous-ministre adjoint, vous aurez fait un grand pas.

    • Richard Bérubé - Inscrit 31 août 2015 08 h 23

      Monsieur Desjardins je ne crois pas que le gouvernement soit notre ennemi commun...mais je vois que Monsieur Delisle connait vos antécèdents alors peut-être que votre discour découle de votre pensée biaisée...disons que le PQ avait été au pouvoir et avait agit de la même façon que le gouvernement Couillard lui aussi autait été votre ennemi...un jour quand tu es élu et identifié comme dirigeant il faut que tu diriges...on voit maintenant ce que nous valent ces retards d'ajustements de coût avec la réalité, des augmentations à ne plus finir...tu ne gouverne pas pour être populaire, mais pour diriger en ce cas-ci une province...un point c'est tout...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 08 h 33

      Je commente comme il me paraît juste de le faire. Le jour où vous arriverez à y répondre autrement que par des arguments ad hominem, vous aurez vous-même fait un grand pas. S'il y a certes une certaine ironie dans mon commentaire, elle est inspirée par cette duplicité avec laquelle les syndicats maquillent constamment leurs justes revendications particulières sous des allures de défense du bien commun. Que les directions d'école, les parents ou des adversaires politiques détournent détournent pudiquement le regard, « pour le moment », histoire de ne pas entamer la belle unanimité qui se fait, soit. Mais « le moment venu », tout ce beau monde n'aura pas besoin d'empêcheurs de tourner en rond (on dirait plutôt de danser en rond, en passant) pour mener cette « importante réflexion ».

      Par ailleurs, je vous dirais bien que la part de la mission éducation est passée de 14,8G$ à 16,7G$ entre 2010 et aujourd'hui et que, si compte tenu de l'inflation, cela représente effectivement une baisse nette qu'il faudrait pourtant tempérer en tenant compte de la fin de la péréquation versée aux commissions scolaires, mais que l'un dans l'autre cela représente toujours 24% des dépenses de programme... mais l'urgence nous commande de donner plutôt toute la place à celui que brandit la CSQ et de ne pas se comporter en sous-ministre adjoint en ayant le mauvais goût d'en demander comptes.

    • Gilles Delisle - Abonné 31 août 2015 09 h 13

      Monsieur,
      Pour moi, vos commentaires laissent transparaître un empêcheur de danser ( ou de tourner) en rond, comme il est écrit dans mon Larousse de la langue francaise! Je maintiens! Vous aimez bien vous moquer de toutes ces personnes qui veulent offrir et maintenir une éducation de qualité dans notre pays. Les chiffres sur les dépenses en éducation semblent être votre seule préoccupation quand on parle d'Education nationale. J' ai fait ma carrière dans ce milieu pendant plus de 35%, et je me sens parfaitement capable d'en parler, sans pour autant jouer les haut-fonctionnaires et sous-ministres de salon!

    • Palardy RACHEL - Inscrite 31 août 2015 09 h 15

      M.Maltais Desjardins,
      Merci de le dire dans de si beaux mots, vous avez tellement raison, nulle part il n'est question dans l'article de la demande d'augmentation de salaire de 13.5 % sur trois ans, comme si cette demande n'existait pas, les syndicats tentent de nous la faire oublier. J'ai confiance que toute cette belle unanimité, sera affaiblie quand les syndicats montreront leur vraie motivation soit de dénigrer le ministère de l'éducation et faire passer une demande salariale totalement farfelue.

      Rachel Taillon

    • Johanne St-Amour - Inscrite 31 août 2015 09 h 15

      M. Maltais Desjardins,

      On commence à être habitués à vos commentaires qui semblent appuyer inconditionnellement les politiques libérales et austère. On ne peut négocier de nouvelles ententes salariales à la baisse. Surtout lorsque des politiques établissent des privilèges à ceux qui n'en ont pas besoin, comme les indemnités de départ aux députés. Ou seulement dans le but d'amasser de l'argent pour distribuer de petits et grands cadeaux lors des élections en 2018 comme plusieurs soupçonnent les Libéraux de le faire.

      La réingénierie (non annoncée), l'austérité (non annoncée) et arrogantes des Libéraux est en train de leur donner une idée de l'opposition à laquelle ils vont être confrontés au cours des prochains mois!

    • Sylvain Rivest - Abonné 31 août 2015 09 h 32

      Richard Maltais, Comme vous dites "leurs intérêts particuliers sont souvent divergents, voire concurrents" et pourquoi croyez-vous?
      C'est simple, le gouvernement manipule les groupes de travailleurs un contre l'autre. Diviser pour régner, vous connaissez. Depuis l'époque Charest ce gouvernement néolibéral détruit les services de l'état en s'attaquant à ses propres revenus. La même doctrine a été utilisée dans le canada de harper.

      On diminue les impôts des grandes entreprises, on donne accès à nos ressources. Puis on dit au peuple on a plus d’argent, arrangez-vous entre vous autre!

      Les professeurs méritent un meilleur salaire et la jeunesse mérite un meilleur environnement d’apprentissage. Les institutions d’enseignement ne sont pas là pour faire de bon petits soldats mais pour former des gens autonomes, capable de penser et de réfléchir.
      Pourquoi? Parce que l’éducation est la source de notre évolution. Sans elle nous nous dirigeons vers le chaos.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 10 h 07

      Monsieur Bérubé, je ne suis pas sûr de bien vous comprendre. Notamment, concernant mes antécédents. Pas que cela ait beaucoup d'importance, je ne suis pas un employé de l'État, ni un symathisant libéral. Mais j'essaie de m'informer et de fonder mes jugements sur d'autres bases que la partisanerie. en l'occurrence, je ne dis pas que le gouvernement ait agi bien ou mal; simplement que de le constituer en ennemi de la cause de l'éducation permet très commodément de ne pas tenir compte des intérêts divergeants de ceux qui revendiqueront autour des écoles... mais aussi de prendre correctement la mesure de ce qui est en cause.

      Le ministre prétend que les CS ont des surplus accumulés de 800M$. Le rapport Lacroix faisait état de gains d'efficience potentiels de 1G$ mais réalisables immédiatement de 147M$. le ministre affirme aussi que les sommes allouées au soutien à l'enseignement sont plus élevées qu'elles n'ont jamais été. Il dit vrai, il dit faux?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 10 h 58

      Monsieur Délisle, vous avez raison : on peut en effet empêcher de tourner en rond. Amende honorable, donc.

      Par ailleurs, si j'étais le seul à évoquer les chiffres, je vous donnerais entièrement raison. Mais celui de 1G$, c'est la CSQ qui l'avance, et ce sont les commissions scolaires qui brandissaient celui de 350M$. On ne peut pas simplement dire qu'elles ont raison au prétexte qu'elles auraient placé l'éducation nationale au-dessus de ces tracasseries bassement matérielles.

      Vous avez bien le droit de choisir l'angle d'approche qui vous convient pour parler d'éducation. Cependant, même si je pourrais vous opposer mes propres trente-cinq ans de carrière, il ne me viendrait pas à l'esprit de m'en autoriser pour vous faire la leçon et vous affubler du titre méprisant de « sous-ministre de salon ».

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 11 h 46

      Madame St-Amour : « on » est aussi familier avec cette manière de disposer des arguments des autres simplement en leur supposant une origine partisane pour s'empresser aussitôt de reprendre en famille le couplet non partisan (bien sûr!) de circonstance.

      Monsieur Rivest : il n'y a pas de doute que le gouvernement tirera partie des divisions objectives existant entre les groupes d'intérêt, symétriquement au grand soin que ces groupes mettent à les occulter. La plus grande faiblesse de tous les fronts communs, c'est de croire qu'il suffit de démoniser l'adversaire pour assurer sa cohésion... et, je regrette de le dire : sa légitimité.

      Anecdote : l'an passé, bien des gens déchiraient leur chemise parce que le ministre avait voulu laisser aux CS le soin de prioriser leurs dépenses, y compris en suspendant leurs budgets d'acquisition de livres. Cette année, la FCSQ se plaint que la décision ait été révisée et que le ministère resserre encore les exigences de reddition de compte. Dira-t-on que Québec avait tort les deux fois ? Bien sûr.

    • Richard Bérubé - Inscrit 31 août 2015 12 h 28

      Monsieur Desjardins moi je ne tiens pas compte des demandes des enseignants en matière salariale. Ce que je dis c'est que le gouvernement aurait dû identifier (s'il ne l'a pas fait) les places ou couper, que l'éducation est très importante et que peut-être que les parents auront à payer plus...sur mon commentaire à votre endroit, je m'excuse mais j'avais mal interprêté vos dires....mais je maintiens que 'importe lequel des partis élus aurait fini par ête obligé de couper, car on vie très au-dessus de nos moyens....

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 août 2015 14 h 40

      Monsieur Bérubé, malentendu levé, donc. Je ne suis pas sûr que vous que nous vivions à ce point au-dessus de nos moyens, mais je crois aussi que les gouvernements doivent être capables de justifier les resserrements qu'ils exigent. Les Commissions scolaires se défendent bec et ongles parce qu'elles sont soumises à une énorme pression, que n'a pas du tout allégé le gouvernement Marois, en passant. Le ministre s'en justifie au vu de l'analyse du rapport Lacroix et de la disparité existant entre les coûts par élève d'une commission scolaire à l'autre. Les défenseurs de l'intégrité du système d'éducation, au lieu de sourciller vertueusement dès qu'on ose avancer quelques chiffres en regard de ceux qu'ils avancent sans les justifier pourraient peut-être y jeter un petit coup d'oeil. La pérennité de l'école québécoise ne passera plus seulement par le coup de baguette magique du « réinvestissement », mais aussi par l'examen minutieux des pratiques.

    • Sylvain Rivest - Abonné 31 août 2015 14 h 42

      M. Richard Bérubé

      Nous ne vivons pas au-dessus de nos moyens. Nous vivons avec les moyens qu'on se donne. Décidons du monde que l'on veut et ensuite construisons-le collectivement. Sortons les entreprises privées de nos services essentielles. Il y assez de richesse pour que tous vivent de façon confortable et sans détruire notre planète.

      Éliminons le 1% et faisons en sorte qu’il ne revienne plus.

  • Josée Duplessis - Abonnée 31 août 2015 06 h 47

    ''se battre pour l’éducation, et non pas de livrer un message politique ».
    Voilà où l'on ne marche pas.
    Message politique gouvernemental pour être réélu.
    Vous avez entièrement raison. C'est l'éducation qui doit être la priorité du ministre et non de livrer le message de son gouvernement.
    Là aussi où vous visez juste c'est l'égalité des chances. Les éléves en difficulté, les petites écoles, les milieux défavorisés sont négligés et laissés pour compte par le ministre.